CHAPITRE XIV. 2al
n'existerait pas une série de lacs, comme c'est le
cas pour les sources du Nil? Le Châri, le Serbewel,
qai se rendent au lac Tchadd, ou qui en viennent,
iiWaient-ils pas quelque part un point de jonction,
aalacTombouri, par exemple? Bref, est-ce que le
fiénué ne donnerait pas la clef de plus d'un problème
qui s'offre encore aux investigations des explorateurs
des grands lacs de l'Afrique orientale?
Dans son admirable voyage à travers le continent mystérieux, Stanley nous révèle l'existence d'une voie fluviale qui relie le N'Vangwé à l'océan Atlantide; mais pourrait^on affirmer que la voie qu'il a suivie est bien la seule branche du Loualaba? — Ne se pourrait-il pas que ce n'en fût qu'un affluent, grossi par l'énorme masse d'eau que fournit le versant occidental des monts Bleus? et le bras principal du Loualaba ne se dirigerait-il pas vers l'ouest? — En effet, depuis le point de jonction du Loukouga avec la Lououa jusqu'au lac Kanoiolondo, il y a environ soixante-douze kilomètres; or, malgré cette faible distance, on constate au lac Kamolondo une différence de niveau de trois cent quatre-vingts mètres, que la dérivation d'un bras du Loualaba peut seule expliquer.
J'ajoute qu'au momentoùil a franchi cet intervalle, Stanley, afin de se soustraire aux attaques des naturels, a dû presque constamment se tenir au milieu du fleuve, s'abritant derrière les îles dont
il est parsemé, et qu'ainsi il lui a éfé impossible d'étudier, comme il l'aurait voulu, cette partie de la rive.
Quoi qu'il en puisse être, la contrée qui confine avec le Niger et le Bénué, sur la rive droite de celui-ci , c'est , ai-je dit , rigbirra- Panda , qui s'étend jusqu'à Okéta; viennent ensuite, sur la même rive, le Bassa, qui se termine à Egy; le Doma, qui a pour frontière les monts Adams, et le Bautshi, qui se prolonge jusqu'à la chaîne des monts Murchison. En face, sur la rive gauche, sont : l'Akpoto, qui comprend la région mtermédiaire entre le confluent et Agadumo; le Mitshi, qui s'étend depuis Agadumo jusqu'à Anufo, et le Kororofan, dont l'extrême frontière est la rivière Akam. Là commence le pays d'Hamaruwa, qui occupe les deux rives, et va jusqu'à l'Admawa, dont Yola est la capitale.
Toute la rive droite du Bénué est au pouvoir des Filanis, c'est-à-dire dé mahométans. L'islamisme a même fait invasion sur la rive gauche, dans le Kororofan, qui a pour capitale Wukari, et ne s'est arrêté qu'à Hunuë, qui touche au Mitshi.
Refoulées par lui dans leurs derniers retranchements, dans le Mitshi, dans TAkpoto, sur le bas Niger et dans la région équatoriale, les populations fétichistes ne tarderont pas à y être subjuguées par les noirs disciples du Prophète»