CHAPITRE XIV
elles d^esclaves, des razzias , des villages incendiés ^ des tueries de femmes, d*enfants, comment admettre que jamais ces noirs sectateurs de Mahomet puissent, le fer et le feu à la main , contribuer en quoi que ce soit au progrès de la civilisation? Comme Attila qui répétait que Therbe ne pouvait plus croître où son cheval avait passé, Tinvasion musulmane ne laisse derrière elle que ruines et iniquités. Et pour endiguer ce flot , où sont les champs catalanniques ?
Il s'en faut pourtant que les nègres musulmans soient hostiles aux Européens. Au contraire, ils prisent très-haut leurs mérites, et, le cas avenant, ils ' savent très-bien les apprécier. Mais c'est vainement qu'on leur proposerait d'abolir la traite des noirs : outre qu'elle est pour eux une source de richesses, ils regardent Tesclavage comme d'institution sacrée, et sur ce point ils sont absolument intraitables. Ils ont d'ailleurs la rage de faire des prosélytes, sont profondément rapaces, et si d'abord ils épargnent ceux qui embrassent la loi du Prophète, c'est sous la réserve de les sucer ensuite jusqu'au sang.
C'est le sultan de Sokoto, Ali-Hù-Sariki-N'Musnlmî, qui est dans les contrées dont je parle le chef de l'Islam, et, sans contredit, l'homme le plus puissant de l'Afrique centrale. Sa capitale, Sokoto, a été bâtie sur l'emplacement du pauvre hameau où Fodie eut sa vision; c'est maintenant une belle ville,
riche de toutes les splendeurs du luie oriental. Les troupes d'Ali-Hù sont nombreuses, bien armées, voire même disciplinées. Il jouit d'immenses revenus. Il n'a pas de haine contre les blancs , mais il tient à Fesclavage comme à la prunelle de ses yeux. Son appui serait d'un ^grand secours aux explorateurs de FAfrique, et à Faide d*un fîrman du sultan de Constantinople, il leur serait facile de l'obtenir.
L'empire de Nupé ou Nufî, qui longe le haut Niger, ainsi que le royaume de Bida, qu'arrose la rivière Lafiin ou Kundunia, dépendent tous deux de Sokoto.
Nupé a pour roi Umoru, neveu du rebelle de ce nom qui longtemps troubla les pays du haut Niger, et contre qui le souverain actuel a combattu en faveur des rois Zumo-Zaki et Massaba \ ses prédécesseurs. Ce chef rebelle était un ancien négrier, devenu général en chef de Zumo-Zaki, roi de Nupé et des Filanis, vassal du sultan de Sokoto.
Zumo-Zaki avait un frère, Dasaba, que le général Umoru instigua à s'emparer du pouvoir, et l'y aida. Après quoi le traître ourdit une conspiration contre son propre complice, Dasaba, souleva contre lui les Filanis, parvint à le détrôner, et prit en main l'autorité.
Sur ces entrefaites, Zumo-Zaki avait intéressé à son sort le sultan de Sokoto, dont après sa chute
' Massaba, contraction de Afakomet-Saba,