‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 125 sur 145 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Dasaba implora aussi Tassistance. Le sultan réconcilia les deux frères, et leur conseilla d*unir leurs forces contre Umoru, ce qu'ils firent. Secondés par les armes du sultan lui-même, trois fois leurs efforts échouèrent; néanmoins ils finirent par vaincre le rebelle, qui se réfugia à Gbako, dans le Lafiin. L'ancien roi, Zumo-Zaki, remonta alors sur le trône des Filanis, et Dasaba prit le titre de roi de Nupé, mais en laissant à son frère le soin de gouverner. C'est en 1873 que le roi actuel, Umoru, succéda à Massaba.

La capitale de Nupé, Rabbah, compte soixantedix mille habitants, Filanis, Nupéens, Haussas, Voribbiens et Egbus. Elle a un mille de long. Les caravanes qui s'y arrêtent en font l'un des points les plus importants du Niger. A l'endroit où Ton aborde, se remarquent de nombreuses ruines : ce sont les débris de l'ancien Rabbah.

Quant au roi de Bida, nègre musulman, vassal du sultan de Sokoto, c'est un ami des Européens. Depuis nombre d'années les steamers anglais visitent son pays, qu'arrose la rivière Lafùn ou Kundunia*, ils y sont accueillis avec beaucoup de faveur, et en tirent de grandes quantités d'ivoires.

A la fin de Tannée 1871, le steamer Formoso, capitaine Chaplan, échoua sur un banc de sable, entre Lokojà et Eggan ; en vain l'on essaya de le renflouer, il fut bientôt évident que seule la crue

des eaux le pourrait dégager. Or, on était en septembre : c*était une perspective de huit à neuf mois d'attente! On en confia la garde à des indigènes de Sierra-Leone employés à bord, et le reste de l'équipage se rendit à Bida pour y invoquer le secours du roi. C'étaient : le capitaine, un ingénieur et an charpentier anglais, trois membres de la famille Crowther, Tévéque entre autres, MM. R. Renner, J. C. Bishop, J. B. Macaulay et R. Campbell. Le roi les accueillit cordialement, fit à chacun don d'un cheval, et afin de leur permettre de rejoindre la côte, leur fournit un guide. Ils passèrent par Mùregi, Elà, Lade, Kpoto, traversèrent rilorîn, et au bout de trois mois arrivèrent à Lagos. A les entendre, leur voyage fut aussi aisé qu^a|[réable, et il ne leur en mésavint nulle part.

Depuis lors, nombre de trafiquants s'en vont de Lagos et Bida par TUorin, et ramènent à la côte des ivoires et de petits chevaux de race arabe, provenant des contrées que baigne le haut Niger. On peut aujourd'hui considérer Bida et Eggan comme acquises à la civilisation européenne : des comptoirs y sont installés, des trafiquants établis, et chaque année huit ou dix steamers s'en vont par là. Il y a des factoreries anglaises à Wonangi, à huit milles de Bida.

Mais, je le répète, il s'en faut bien que Tinfluence de l'islamisme soit généralement aussi heureuse :

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