‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 140 sur 145 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

nTadmire, et, à Toccasion, on lui demande aide t conseil. Que si, au contraire, il ne fait ni Tun K^iTautre, on lui coupe la main gauche; le pied ^roit, s'il y a récidive, et la main droite, s'il en est ^ son troisième larcin. Par là même incapable de pourvoir à ses besoins, il devient Tbôte et le commensal du roi, qui est obligé de le nourrir et de le loger à rentrée de sa demeure. Étrange code pénal !

Toujours est-il que les voleurs furent livrés à Bida, et qu'en réparation de Toutrage fait à V Edgar ^ leur tribu fut condamnée à payer à la Compagnie cinq cents sacs de cauris, soit une valeur d'à peu près cinq cents livres sterling (12,500 francs). Sera-t-elle en état de s'exécuter? Miiye en doutait. Dans la négative, le roi de Bida, selon toute apparence , se jettera sur elle , el la réduira tout entière en esclavage.

L'incident vidé, nous levâmes l'ancre. A notre arrivée à Akassa, j'y trouvai le consul anglais, M. David Hopkins. Gentleman accompli , il me fit le plus aimable accueil , et c'est grâce à lui que je pus gagner Lagos, sur la côte du Dahomey.

Maintes fois on s'est entretenu en Europe du roi de Dahomey, Gelé , et personne n'ignore qu'on lui a fait une réputation détestable. La mérije-t-il? Dieu me garde d'atténuer l'horreur des hécatombes humaines dont trop souvent son pays est le théâtre! Mais en est-il seul responsable? Les pourrait-il abolir

sans courir le basard de perdre lui-même la vie? Les vrais , les grands coupables , ne sont-ce pas les stupides et féroces ministres du culte en usage dans cette contrée? Pour qui connaît TAfrique, poser ces questions, c'est les résoudre.

Quant à sa prétendue baine contre les blancs, je crois pouvoir affirmer qu'on Texagère à plaisir. Outre que toujours il a manifesté le désir de nouer avec eux des relations commerciales, plus d'une fois, notamment dans ses rapports avec la maison Régis aine de Marseille, il leur a marqué une véritable amitié. J'ajoute qu'envers moi il s'est conduit très-galamment. Instruit de ma présence dans ses Etats, non-seulement il m'invita à Taller voir à Abomey, mais il me fit offrir une escorte. L'oflre était séduisante, et je n'avais nul motif de m'en défier : en eJQTet, quand il arrive malencontre à l'Européen en route pour Abomey , l'escorte qui avait mission de veiller sur lui , en châtiment de sa négligence ou de sa complicité, est incontinent »mise à mort. Mais j'avais beau être rassuré sur les suites de cette nouvelle excursion , le dénument où j'étais réduit alors me défendait de l'entreprendre.

Peut-être les Anglais ont -ils eu tort de laisser percer le dessein d'imposer leur protectorat sur divers points de la côte, sur Wyddah, sur les Popos entre autres, qui relèvent directement du Dahomey. Ils se sont de la sorte aliéné les bonnes grâces de

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