CHAPITRE XV
élé, qui, tout naturellement, a la prétention de
^«uvegarder son pouvoir, et y est d^autant plus
autorisé que jamais les maisons françaises, les Régis ,
^cs Cyprien Fabre, n'ont eu à se plaindre de lui, et
Surtout n*ont jamais émis le vœu de voir dos
européens substituer leur administration à la
sienne.
Pour grand et sincère admirateur que je sois du génie colonisateur de TAngleterre, si salutaire que soit à mes yeux son intervention dans les affaires de l'Afrique, intervention dont j'ai moi-même ressenti Theureuse influence, je dois à la vérité de dire que sa ligne de conduite envers le roi de Dahomey me semble imprudente, et qu'elle pourrait compromettre l'avenir dés relations que depuis longtemps les Européens, et particulièrement la maison Régis , entretiennent avec lui.
Lors de mon passage, on parlait beaucoup d'un outrage fait par les représentants de Gélé à un sujet britannique, d'une amende de deux cents tonnes d'huile de palme exigée de lui à titre de réparation, de son refus de la payer eP, comme conséquence, de la possibilité d'une guerre, dont la perspective effrayait vivement les imaginations, et à bon droit; car le roi avait déclaré que le jour où un soldat anglais mettrait le pied sur son territoire, il ordonnerait le massacre de tous les blancs qui s'y trouvaient. Or, les comptoirs de l'intérieur sont presque tous
28S NIGER ET BÉXUÉ.
aux mains de Français, agents des maisons Régis aîné et Cyprîen Fabre, de Marseille.
Renseignements pris, et je les tiens pour exacts, voici ce qui était advenu : Les agents des maisons européennes au Dahomey avaient un commissionnaire indigène qui trafiquait avec rinlérieur; très-solvable d^ailleurs, sa qualité d'intermédiaire les; forçait à lui faire de fortes avances en marchandises; il gérait honorablement son commerce, et jamais nul n'avait eu de grief à articuler contre lui. Or, un jour, il eut maille à partir avec le Vavogan, vice-roi de Wyddah, qui le fit arrêter et confisqua ses bienS: De là vif émoi parmi les maisons européennes envers qui il était redevable de grrosses sommes. Leurs gérants prièrent le Cahéçaire * de plaider leur cause près de Gelé. Le Cahéçaire les reçut avec aménité, et, comme la suite Ta montré, il fut fait droit à leur demande. Mais tandis que les représentants des maisons Régis aîné et Cyprien Fabre y mettaient des formes, celui de la maison anglaise S... s'était répandu en invectives contre le roi, contre ses agents, et s'était servi de termes désobligeants envers le Cahéçaire qui Técoutait. Irrité, celui-ci le fit appréhender au corps et bâtonner, en menaçant de l'expédier le lendemain à Abomey, ce qui eût été son arrêt de mort. Heureusement les gérants des raai-
' Sorte de dëlëguë da roi Gëlë aux divers points de la côte.