CHAPITRE II
?al : a Je vous accompagne, me dit-il; je retourne àKounoun, et c*est votre chemin. Vous me feriez de plus un vif plaisir en vous arrêtant quelques heures à ma plantation. »
J'y consentis d'autant plus volontiers que je tenais i constater les résultats des essais agricoles dont il m'avait entretenu, et à me rendre compte de ce que le sol de cette belle contrée peut produire entre des mains actives et intelligentes.
Si notre départ n'avait pas été tardif, rien n'eût manqué au charme de cette course. Quel contraste avec mon étape de la veille , où j'avais eu les yeux brûlés par la réverbération du soleil sur le sable de la plage, sans autre perspective qu'un horizon infini , sans voir un brin d'herbe , sans jouir d'un peu d'ombre I Aujourd'hui le décor est tout autre : nous parcourons des plaines fertiles et des bois de palmiers; partout la végétation est plantureuse; cà et là elle se dessèche; mais la nature est si bonne mère que la nuit elle répare les dommages qu'elle cause le jour; et d'ailleurs cette flore splendide se revivifiera au retour de l'hivernage qui, d'ici i deux mois, lui apportera ses pluies bienfaisantes. Je chevauchais, aspir nt l'air à pleins poumons, tout entier au charme de cette terre africaine qui, pour la première fois, me dévoilait ses trésors, et, lans mon émerveillement, j'oubliais le soleil. J'avais iort, car l'action en est fatale, et tout doucement
elle VOUS ferait passer àm vertige à Tinsolation , c Tinsolation à la mort. Aussi , sur Tavis de M. Lauc nous pressâmes le pas de nos montures, en abao donnant les bagages à la garde de Biram.
Avant d'arriver à Kounoun, je contemplai ave surprise un arbre gigantesque dont le feuillage fa tant d'ombre que tout en chevauchant, nous pûm( nous eu abriter quelques instants. C'était un arbr à caoutchouc. Le village de Kounoun est tout près Après l'avoir dépassé , nous arrivons à la propriél de M. Laud , où le soir nous ferons un tour, car e ce moment le soleil nous force à gagner au galop 1 rustique habitation que j'aperçois à notre droite sur une faible éminence. Nos chevaux dessellés soi attachés sous uii arbre de haute futaie, au milieu d'u pré où ils disparaissent presque entièrement paru les herbes; lorsqu'ils auront un peu soufflé, : nègre les mènera se désaltérer à une source voisini
La demeure de M. Laud est située en face de partie la mieux cultivée de sa plantation; elle regan le nord. Faite de planchettes de bois superposée: d'aissantes, la toiture est soutenue par des troncs ( jeunes palmiers. Sur le devant court une vérandal les cloisons qui la séparent du logement, et cell qui isolent les pièces dont il se compose, n'éta faites que de nattes doubles, permettent à l'air ( circuler librement.
Comme nous avions grand besoin de nous rafra