‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 16 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

chîr, nous vidons un verre de vin de palme. Je n*en avais pas encore goûlé. Il me parut sur. Ce qui est pis y il y nage des mouches» des larves, tout un monde d*insectes, quMnvolontairement on avale. Hais patience, je m*y habituerai, et le jour n'est pas loin où ce breuvage sera pour moi du nectar.

Dans ces entrefaites, les bagages arrivent. Mon vieux More fait un signe à son chameau et lui donne une petite tape sur les genoux. A Tinstant, Tanimal ploie les jarrets de devant, et s'agenouille en ramassant sous lui ses jambes de derrière. A le voir ainsi, avec son long cou maigre et sa tête stupide levée vers le ciel, on le croirait en oraison. Pour joindre la Toix àTattitnde, tandis qu'on le décharge, il meugle d'une façon étourdissante, et les échos d'alentour, troublés par cette désagréable harmonie, la renvoient en beuglements insensés. Les Mores appellent le chameau gueulem : pour une oreille française, ce nom est caractéristique, et que de fois, en Tentendant se livrer à pareilles clameurs, ne m'esl-il pas arrivé de le qualifier plus énergiquement encore! An demeurant, c'est une bonne et courageuse bête, dore à la fatigue, mangeant peu, supportant la soif lûieux que toute autre, bref, un vrai type de résignation.

M. Henri Duveyrier ' , ce savant et intrépide

* Anjonrd'bni vice-prësident de la Société de géographie de Paris*

voyageur, à qui Ton est redevable de tant de pr cieux renseignements sur les tribus les plus bostii et les plus barbares du Sahara, sur les Touarci entre autres, M. Duveyrier émet Tavis que du tem{ des guerres puniques, les principaux agents ( locomotion et de transport, c'étaient les bœufs po teurs et les jchariots auxquels on les attelait. Pli tard les Arabes s'efforcèrent d'acclimater en Afriqi les chameaux qui suivaient leurs armées : ils y réu sirent, et dès lors ce furent dans ces régions torr des, si souvent privées d'eau, les plus utiles se viteurs de l'homme.

Pendant que mon chameau désaltéré et repu, 1 yeux tout grands ouverts, reste agenouillé, aus immobile qu'un sphinx , je me dispose à faire tour de la plantation de M. Laud. Il est quati heures, et le soleil n^est plus si redoutable. Tout fois je m'abrite sous mon grand chapeau indien double visière, avec coiffe retombant sur la nuqm et, mon fusil sur l'épaule, j'accompagne mon hôt

Devant sa demeure s'étale un jardin anglais, c je remarque des essais de plantations européenne des semis de sésame, des citronniers, des oranger des pommes-cannelles, des vignes, des framboisier des avocatiers; tout cela promet beaucoup, ma exige de grands soins, un arrosage constant et ur surveillance attentive, afin de protéger les bouturi contre la dent des biches et des sioges qui en foi

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