CHAPITRE II
leurs délices. L'arrosage à eaa courante est d'ailleors facile : une source coule au beau milieu de la rjl propriété, et le terrain est en pente. Au surplus. les instruments aratoires n'y manquent pas.
Plus loin viennent de longs carrés plantés d*tfrtica utilis, dont on tente depuis peu de faire servir les fibres à la fabrication de tissus; par malheur» les hiches y prennent de trop joyeux ébats, et les jr nombreuses pousses à demi rongées qui jonchent lesol arrachent à mon hôte un cri irrité à l'adresse de ces impudents convives. De tous côtés croissent des nèbre-doils j sorte d'acacias d'où l'on lire une liaile fine, très-propre aux travaux d'horlogerie. •Vous traversons des bouquets de palmiers, de cocotiers, de dattiers, auxquels succèdent des baobabs, des kéwés (arbres à poivre) , des caïl-cédrats , des lianes à caoutchouc très-productives, le tout bien taillé et parfaitement entretenu. Parfois la végétation se croise, s'entre-croise et forme des tonnelles, où l'on rencontre à toutes les heures de la journée une douce fraîcheur et un ravissant abri.
Le gibier abonde, et c'est de grand cœur que
l'agrée l'ofire que me fait M. Laud de nous mettre
en chasse. L'instant est propice : jusqu'à la tombée
delà nuit, il nous reste tout au moins une heure.
Kous n'avons pas de chiens; mais une douzaine
4e négrillons, conduits par Biram, s'en vont battre
taillis et broussailles, et en expulsent les hôte efirayés.
Déjà les pintades craintives gagnent au plus v'iU Tépaisseur du fourré; des biches bondissent dan les hautes herbes; de la futaie s'échappent des faisans quM] nous est impossible d^approcher. Uni compagnie de perdrix se lève; nous en abatton; quelques-unes : ce sont des perdrix rouges. Au dessus de nos tètes, des nuées de tourterelles d< Barbarie s'envolent effarouchées. J'entends un cr strident poussé par un gros volatile que d*abord y prends pour un faisan. Je le tire. C'est un calao Les naturels le nomment éhhiné; il a la grosseu d^un coq, et son double bec m'explique l'étranget de son cri. Nous ne faisons feu ni sur les perruche vertes, ni sur les perroquets gris et rouges, ni su les colibris aux chatoyantes couleurs : ce sont le ieurs de cette vaste plantation de soixante-douas hectares, et si, comme les oiseaux d'Europe, ceux-a sont pillards, tout bien pesé, comme eux ils foc plus de bien que de mal, car ils détruisent d'ir nombrables insectes. C'est le cas aussi pour l'ev goulevent, petit oiseau brun tacheté de blanc, qui pourchassant mouches et vers, ne volette qu'à \M mètre de haut , comme s'il était retenu au sol p^ une ficelle. Très-utile au colon, nous lui faiso^ grâce.
Cependant le jour baisse; le soleil, sans cri^
fa-