‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 18 sur 145 · CHAPITRE II. 3f · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 3f

gare, disparait subitement de Thorizon : il est temps de rentrer au logis. Biram, qui s'est chargé de notre carnassière, rapporte cinq perdrix rouges et huit loarterelles de Barbarie, plus mon calao. Ce sera ^^1 pour ce soir tout un festin !

Autour de l'habitation de M. Laud , il y a quatre

petites buttes occupées par ses travailleurs; dans

lune on cuisine. Je sors de mes bagages un paquet

de nutritine dont on nous fait une excellente soupe,

et nous croquons à belles dents notre gibier, en

l'arrosant du vin contenu dans le tonnelet que Ton

sait. Xous buvons à la patrie absente, à nos familles,

à nos amis, au succès de nos espérances, et le repas

s'achève sous le charme d'aimables souvenirs et de

t'iants projets.

J'avais enjoint à Biram de veiller à ce que le lendemain , avant Faube, le chan>eau fût chargé, mon clieval sellé, et tout le monde prêt à partir. Cette fois je fus ponctuellement obéi, et le jour naissait à peine, que déjà nous étions en roôte pour M'Bidjem. J'avais acheté à M. Laud un mulet, que Biram montait à cru, avec des airs de matador. Il le fallait voir quand je pressais mon cheval, et qu'entraînée par Vexemple, sa monture me suivait au triple galop! U s'y cramponnait des talons et des mains, poussait des cris désespérés, oubliait toute dignité, ne son geail qu'à se maintenir en équilibre, et n'y réussissait pas toujours. Véritable Sancho Pança, il était à

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la fois courageux en face du danger et effrayé d'un rien, infatigable et paresseux comme le sont généralement les nègres, parlait sans cesse, gesticulait beaucoup et souriait toujours.

Mon hôte avait tenu à m'accompagner jusqu'au village voisin , parce qu'il voulait me montrer une rivière qui coule non loin de sa plantation, et qui, jusqu'à présent, n'a pas été relevée. Nous la rencontrons à trois kilomètres à l'est. A certaines places elle a de six à huit mètres de largeur, et plus d deux mètres de profondeur; elle me parut très^ — poissonneuse, et je fus surpris de la rapidité de soi cours en pleine saison sèche et de la hauteur de se^ berges. A peu de distance de l'endroit où noussétions , elle se bifurque , et contourne une île couverte de baobabs; puis elle fuit sous des palmier ^ dans une direction nord-nord-est. Je présume qu'elle tire sa source des ondulations du Diander, pour s^jeter, selon toute probabilité, dans un lac situé a^ nord-nord-est, et qui, m'a-t-on dit, communique ^^ la mer.

Celle promenade nous avait légèrement écartés d-

notre route; nous revînmes sur nos pas pour rega

gner le village de Bétiot, d'où, après avoir cordia — lement remercié mon hôte, je partis pour M'Bid jem, tandis qu'il s'en retournait à son Eden.

Le chemin que nous prîmes pour arriver à M'Bîdl " jem est fort agréable : la contrée est fertile et l'hc^^

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