‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 31 sur 145 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

des Sarrakolais et des Kassonkais, des Peahis qui font le métier de bergers, des Toucouleurs» inabo« métans farouches, des Bracknas, des Douaîchs, des Trarzas qui habitent les plaines d'Aftouth, limitrophes du Sahara, et qui ont longtemps dévasté la rive gauche du fleuve Sénégal; des postes et des forts établis en vue de protéger à la fois le commerce européen et les tribus soumises; de ceux de Mérinagben et de Dagana qui commandent, le premier le lac de Guier, le second la province d*Oualo; de ceux de Podor et de Saldé établis, celui-ci à Textrémité orientale, celui-là à l'extrémité occidentale de Tile Morfil, centre des populations fouhlanes; de celui de Matam qui commande le Damga; de ceux de Bakel, de Sénoudébou, d*Aéré, et surtout du fort de Médine, que le gouverneur Faidherbe délivra en 1857, alors que depuis trois mois son héroïque défenseur, Paul Holl, y tenait avec une poignée de braves contre

les hordes d*El-Hadji Mais le temps me presse,

et j*aî hâte de gagner Gorée, où je m'embarquerai pour le golfe de Guinée.

A Gorée, en attendant le paquebot anglais qui doit me transporter au delta du Niger, je deviens rhôte de M. Guiraud, gérant et associé de la maison Maurel et Prom de Bordeaux, et qui aux qualités d'excellent administrateur et de commerçant plein d'intelligence joint le charme de l'homme du monde le plus sympathique.

6« MC£R ET BENVE.

Hardiment perchée sur un ]t»c solitaire ^î émergée des flots à une très-TaiUe distanee de la côte, hi vHIe de Gorëe est riche, hM un eommeroe nctîf, possède de beaux comptoirs et une population earopéenoe qo\ brave oouraigevsefment les chances trop souvent èésastreuses de son climat. Quand je la visitai, die était florissante tA paraissait heureuse; hélas f quelques mois pkis tard, à mon retour en Europe, j^appris que la fièvre jaune s*y était abattue, que terrible et inexorable, elle y avait emportéles uns après les autres tous les blancs, et,, comme s^exprimait une lettre de Dakar, qu'elle n'avait cessé d'y sévir que le jour où elle n'y avait plus trouvé d'aliment. Des amis qui, le 7 juin 1878, m'y avaient serré la unaiD lors de mon embarquement à bord du Carisco pour le golfe de Guinée, un senl, M. Guiraud , avait survécu au fléau, et encore n'avait-il du son salut qu'à un voyage qu'il fit en France à l'époque oà régnait cette aflreuse épidémie.

Page 1