‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 34 sur 145 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

quif sur la rive droile du fleuve, à trente lieues dA k mer» ont construit le fort de Sedhiou pour protéger leurs établissements.

Puis viennent les rivières Cachéo, Géba et Rio- Grande, qui toutes trois relèvent du Portugal; cette dernière traverse le Fouta-Dialon, où elle se bifurque et donne naissance à la Couniba et à la Tominé, lesquelles prennent leurs sources dans les monts Kong.

A l'embouchure de la rivière Géba se trouve Tarchipel des Bissagos. Toute cette contrée est fortriche, très-fertile, surtout la Casamance, qui produit de splendides bois de construction. Elle est habitée par les Féloups, les Bâtantes, les Papels, les Biafares qui sont fétichistes, et adorent sous toute espèce do formes un dieu inconnu qu'ils appellent Emit; enfin par les Mandingues, véritables athlètes, remuants, pleins d'ardeur guerrière , musulmans fanatiques, qui jamais ne touchent à aucune boisson fermentée.

Nous dépassons ensuite le Rio-IVunez ou plutôt la Siquilenta, qui vient de la partie occidentale du Fouta-Dialon , et où Ton a fait des essais de plantation de café qui ont été couronnés de succès. Les habitants de cette contrée, les Landoumas, sont idolâtres, et l'esclavage fleurit parmi eux. Devenus nusulmans, les Nalous habitent surtout la côte. Sur la rive gauche du Rio-Nunez, les Français ont élevé un fort à Kakandy.

Le Rio-Pongo, qui succède au Rio-Nunez, appar-

les comptoirs européens sont situés au bas de la ville, à proximité du quai de débarquement; les habitations des affranchis, faites en pierre et couvertes de chaume, forment les faubourgs ; sur les flancs de la montagne , éparses dans la verdure , se dressent des villas dont la gaieté champêtre complète la -^ beauté du panorama. Partout des jardins pleins de ^ fleurs» et entretenus avec soin, où Ton remarque ^ avec surprise des rosiers, des lentanias, de superbes 'l lauriers-roses, et de grands arbres%à pain qui por- ^ tent fièrement leurs fruits d*or : autant d'importations européennes qui ont parfaitement réussi à Sierra-Leone. ^

J'avais des lettres pour le consul français et poar M. Dalmas, qui cumule les fonctions de consnl ^ d'Italie, d'Espagne et des Pays-Bas. Quel ne fut pas , mon étonnement de retrouver dans la personne dé son associé un de mes anciens amis, que j'avais ^ perdu de vue depuis bien des années, et que certes je ne m'attendais point à trouver là! C'était Louis ^ Bicaise, dont le nom n'est pas ignoré à Gand, où il a passé vingt ans de sa jeunesse. Né sur la côte d'Afrique, son père, commandant au Rio-Pongo, l'envoya en Belgique où il fit ses études; le jour où il la quitta, il emporta avec lui les sympathies de tous ceux qui avaient pu apprécier son caractère. Pour moi , je fus heureux de le revoir, et longtemps je devisai avec lui , surpris et charmé à la fois d'en-

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