CHAPITRE IV
ijours longues, que ses femmes à lui n*en oui plus voulu porter qu^une seule, à Toreille gauche.
— Par ma foi, c*est là un genre de patriotisme dont ne s*accommoderait peut-être pas la coquetterie de nos élégantes d^Europe. »
Il y aurait tout un livre à écrire sur Sierra-Leone, sar sa bizarre population, vraie mosaïque, où se heurtent les mœurs, les religions, les pratiques» les types les plus divers; sur les travaux que les blancs y ont entrepris ; sur les missions , sur les écoles qu'ils y ont établies, qui y prospèrent, et dont Taction se fait déjà sentir au loin. Si une grande partie des affranchis ne profite que peu ou point des bienfaits de la civilisation, il en est qui font exception à la règle, et comme généralement ils parviennent à se faire une position justement enviée, il y a lieu d'espérer que tôt ou tard leur exemple sera suivi par la majorité de leurs compatriotes. C*est de Sierra-Leone que partent les missionnaires africains qui s*en vont évangéliser les peuplades barbares des régions centrales; c*est à Sierra-Leone aussi qu^on trouve des indigènes connaissant, en même temps que Tanglais, le trafic européen, la comptabilité, et qui sont aptes à diriger les comptoirs commerciaux de l'intérieur.
Si Ton avait à organiser une ligne de factoreries au centré de l'Afrique, sur les rives du Niger ou en tout autre lieu dont le climat insalubre ne permettrait
pas Tinstallation de blancs, c^est à Sierra-Leone qu'il faudrait recruter les hommes capables de les diriger. A condition de les faire surveiller par des agents généraux qui feraient la navelte entre l'Europe et TAfrique, à condition aussi d'organiser un système de comptabilité ne laissant point de prise à la fraude, en peu de temps on trouverait en eux les plus utiles auxiliaires. C'est là, au reste, le but où tendent les institutions fondées à Sierra-Leone, et auxquelles l'Afrique sera redevable de sa régénération, tandis que l'Europe leur devra les moyens d'y implanter son commerce, sans compromettre l'existence de ses enfants.
Cependant le Corisco vient de tirer un coup de canon : dans une heure il lèvera Tancre. J'y retourne au plus vite, accompagné de mon amiBicaise, quia tenu à me conduire lui-même à bord, et de qui je me sépare à regret. Que n'avons-nous sur la terre africaine beaucoup d'hommes comme lui!
Bientôt nous quittons cette baie si profonde, ou peuvent mouiller sans crainte les navires du plus fort tonnage, «t nous voilà voguant, tandis que, mon carnet devant moi, je résume mes impressions sur ce que je viens de voir.
Nous dépassons d'abord l'ile de Sherbro, puis Gallinas, ancien repaire de négriers, où si longtemps le Mahgais don Pedro Blanco exerça sa lucrative et abominable industrie. L'histoire de ce vendeur