‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 52 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

la côte et les indigènes; seuls, ils se rendaient, par des criques connues de leurs seules pirogues, aux comptoirs des blancs, à Brass, à Akassa, au Nouveau- Calabar, au Bénin, où ils achetaient des armes, des cotonnades, des verroteries qu'ils revendaient à Fintérieur, et sur lesquelles ils faisaient de gros bénéfices. Or, lorsque les Européens entreprirent de tra* fiquer directement, jugeant leur avenir compromis, les chefs et les prêtres fanatisèrent leurs fidèles au point d'en faire autant d'ennemis des blancs, mar chands ou missionnaires. Au surplus, tant que des criques navigables relient le Niger aux rivières du delta, les naturels sont hostiles à l'Européen; à compter de N'Doni, plus de communication intérieure du fleuve à la côte; dès là également l'étranger est accueilli avec bienveillance, et le fait est qu'aux points les plus importants, il s'est fondé maintes factoreries.

La région plus ou moins hostile aux Européens s*appellerOrii; elle commence au delta, par4*'I0'12'' latitude nord, et s'étend jusqu'aux environs d'Aboh, par S"" 20' 10'' même latitud|E^.;li9 principale bourgade nègre qu'on y observe ^urjafrive gauche, c'est Alite, qui est aujourd'hui le centre du commerce de Brass, et l'entrepôt du négoce indigène du bas Niger; canonnée et brûlée en 1876, elle fut reconstruite peu de temps après. Lorsque j'y passai, le roi, entouré de chefs, était assis sous un hangar, et

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tous me lançaient des regards pleins de colère. Mais la rude leçon qu'ils ont reçue des Anglais les empécbe de céder à leur instinct pillard et belliqueux; toutefois, point de trafic possible avec eux, du moins présentement.

Plus baut et sur la même nve viennent les villages d'Approprania et d'Angiama. Celui-ci était jadis le centre de l'important commerce de Brass; mais le naturel querelleur de ses babitants a si bien intimidé les traitants noirs, qu'ils ont transféré le siège de leurs affaires à Akito.

Plus baut encore, mais sur la rive droite, se trouvent Temboucbure de la rivière Ogubari, qui coule au sud-ouest, et près de là, au milieu du fleuve» nie du Mardi, ainsi baptisée par Baikie et qui, arrondie et étagée en bouquet, est d'un grand pittoresque.

Pour la plupart, les bancs de sable et les îles de verdure dont le Niger est parsemé, à cause de la violence des eaux, se déplacent suivant les saisons et y rendent la navigation périlleuse; car les uns et les autres se forment et disparaissent selon le caprice du courant, et il est de toute impossibilité de les consigner exactement sur les cartes. Il est aussi à remarquer que, de novembre à juillet, c'est-à-dire durant la période d'été, le Niger baisse de trentecinq pieds, et l'on n'ignore pas qu'en Egypte il en est de même du Nil, à pareille époque de l'année.

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