‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 55 sur 145 · CHAPITRE VI. lis · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. lis

du front , mais elles se pratiquent aux tempes six incisions, pour le moins.

Hommes , femmes et enfants ont aux bras et aux jambes de lourds anneaux d*ivoire ou de cuivre , dont ils sont très-fiers. Ils parlent Tibô ou egbô. C'est là, d'ailleurs, que commence Tintëressante contrée de ce nom, que j'étudierai plus particulièrement à Onitsha, lorsque je m'enfoncerai dans l'intérieur des terres.

Au-dessus de la crique qui mène à Abob, j'aperçois au milieu du fleuve les iles Cbarlotte, et sur les rives une foule de petits villages essaimes dans la verdure; leurs babitants semblent pleins de bon vouloir pour les blancs , car ils nous invitent de la voix et du geste à nous arrêter parmi eux , et ils paraissent très-désireux de trafiquer avec nous. C'est à cet endroit que cesse l'bostilité bien manifeste des tribus du bas Niger.

Enfin, par 5* 37' 30' latitude nord, nous atteignons N'Doni, où la Compagnie africaine possède un comptoir dont le gérant et les employés sont des naturels de Sierra-Leone. Au reste, il en est de même pour tous les établissements européens , factoreries ou missions, fondés sur le Niger : tous sont desservis par des noirs, à cause de l'impossibilité pour l'Européen de vivre dans ces climats meurtriers.

La ville nègre de N'Doni est située à cinq cents mètres environ du Niger, et elle m'a paru assez

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importante. Ville et factoreries sont à cheval sur une crique qui se jette dans le Nouveau-Calabar , dont le nom indigène est Bom. C'est à tort que sur certaines cartes on fait figurer N'Doni au delà de cette crique : elle est bel et bien en deçà ; le petit village campé sur la pointe d'en face est insignifiant.

La population de N'Doni est très -bienveillante pour les Européens, et cela se conçoit : en tout temps il lui serait difficile , et pendant la saison sèche il lui serait impossible de communiquer avec le delta du Niger; elle s'estime donc très-heureuse d'être visitée par les blancs et de trafiquer avec eux.

En quittant N'Doni , nous gagnons Abragada, sur la rive opposée, où il existe également une factorerie ; mais la ville nègre est beaucoup moins considérable que N'Doni. A Abragada , le Niger est réellement majestueux : large de quatorze à quinze cents , mètres, le courant en est très^impétueux, et, aa milieu de son lit , telle en est la violence, qu'arrivé aux courbes, il revient sur lui-même en longeant les rives; les indigènes, qui ont observé ce phénomène, en profitent pour remonter le fleuve, dont ils rasent les bords dans leurs frêles pirogues.

Après Abradaga, nous voyons tour à tour les villages d'Odugiri , établis dans une baie sur la rive gauche , où sont pareillement installées des factoreries; ceux d'Ogù, sur la rive opposée, et au delà d'Odugiri, par S"" 20' 3^ latitude nord, l'échancrure

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