CHAPITRE VII
et Oko. — Onitsha. — Encore denx désertions. — Marché nègre. — Types de naturels. — La race cuivrée^ — Les cannibales. — Le roi Obi-Akazua et sa cour. ~- L'agriculture à Onitsha. — La femme an pajs des nègres. — Départ en pirogues. — Chasse à 1 hippopotame.
Cependant nous quittons bientôt Ossomare pour
nous rendre à Alenso , situé sur la rive opposée du
deuve, mais un peu plus haut. Cest là un point
important , à cause des factoreries que les blancs y
ont fondées, et de la ville nègre qui s*y élève à un
mille environ du Niger, et qui compte douze à
quinze cents âmes. Le trafic de la contrée d'Ijésù,
qui s'étend d'Aboh à la rivière Edô, donne à Alenso
une valeur réelle. Ses habitants ont fait alliance
avec les gens d*Aboh, afin de pouvoir tenir tête aux
tribus de Bouzo dont ils avaient eu à souffrir; de
là un violent antagonisme entre eux et Ossomare,
leur voisin d*en face, grand ennemi d'Aboh.
Dès Alenso, le sel hausse de prix : il s*y paye huit schellings (10 francs) les cent douze livres anglaises. Il y est apporté par de petits steamers, soit dans des tonneaux, soit dans des sacs. Les nègres de Tintérieur l'achètent aux factoreries en
échange d* ivoire et d'buile de palme. Ils s'y pour- *. voient également de baguettes de cuivre qu*on; importe par petites caisses de deux cents , dont la valeur à Alenso varie de quatre à cinq livres sterling : ce sont tout uniment des tiges de cuivre , rondes, de la longueur et de la grosseur de tringles ^ de rideaux. Les naturels les fondent et en confec- ^ tionnent de petits ornements, des bagues, des bra- celets, des anneaux, des pointes de lances, et lorsque f Ton songe à la pauvreté des outils dont ils disposent, s on est surpris du goût et de Thabileté qu'ils y \l déploient. ^
En nous dirigeant d' Alenso vers Oko, nous lais- ^ sons à notre droite File de Lynx, ainsi nommée ^ peut-être parce qu'au moment où Ton franchit ce -i passage, il faut sans cesse avoir Tœil ouvert pour ne se point jeter sur Tun ou l'autre banc de sable. L'an dernier, un petit steamer anglais , le King Massàba, y a été retenu dix mois durant.
Le village d'Oko se divise en deux : TOko supérieur et rOko inférieur, et chacun a son roi. Primitivement, c'est à rOko supérieur que les Européens avaient leurs comptoirs. Mais, cupide et traître , son roi Borna prélevait un lourd tribut sur leur trafic et les exploitait sans vergogne. Aussi, Fan dernier, les Anglais ont-ils résolu de s'installer à rOko inférieur, où ils ont été reçus à bras ouverts. Sur ces entrefaites, Borna est mort : d'aucuns racon-