‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 59 sur 145 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ient qu'il a été empoisonné par ses sujets pour avoir forcé le commerce européen à abandonner leur village. Son fils est d*humeur plus accorte, et à plusieurs reprises il a tenté, mais en vain, de ramener les blancs chez lui. Cependant TOko supérieur a Tavantage d'être à cheval sur une crique fort large, qui offre au trafic avec Tintérieur une voie très-commode. En y passant, je pris plaisir à observer la manière de pécher des naturels : postés dans leurs pirogues à Tembouchure de la crique , ils sWment d'un javelot ou d*un harpon qu'ils lancent avec beaucoup d'adresse , et je les ai vus capturer ainsi de beaux et gros poissons, qui pullulent en ces parages.

Enfin , après avoir dépassé Aiane et la crique d'Amambara qui rejoint la N'Subé Inam, nous arrivons en vue d'Onitsha. Le panorama y est merveilleux : à rhorizon, des monts boisés, et partout des huttes nègres encadrées de verdure.

Onitsha est située sur la rive gaucho du Niger, par 6* y 15'' latitude nord et 4* 20' 30" longitude est de Paris. J'y fais mes adieux à M, Hook et au capitaine du Victoria qui repart directement pour la côte , et je descends à terre avec mes hommes et mes bagages.

Il était trop tard pour songer ce soir-là à commencer l'exploration du pays; je ne m'occupai que de notre campement, et des exigences qui

allaient sMmposer à moi, maintenant qae allions vivre en plein pays saavage.

Le lendemain matin, àTappel de mes homm constatai deux nouvelles désertions : Bottle-B Eat-Well avaient disparu. Je cours au rivag steamer n'y était plus. Ont-ils fui àTintérieur, rantparlàrejoindrelacôte? J'en doute, car ils( supposer qu'infailliblement ils seraient massaci route par les tribus hostiles du bas Niger. D( nivence avec quelques matelots du bord , se se cachés nuitamment dans la cale du Victoria?

cline à le penser. Dans tous les cas, ils avaiei sans toutefois rien emporter de ce qui m'apparl J'en étais donc réduit à huit hommes d'escort

Sur le rivage d^Onitsha, un spectacle ci s*offrit à mes regards : le fleuve était silloo canots indigènes, et sur la rive, une grande étrange, bariolée, aflairée, allait, venait, pj gesticulait, et à certains moments paraissait en à une vive irritation. Je craignis d'abord d'i prétexte de ce tumulte, car tout ce monde me dait d'un œil qui, sans être ouvertement hi n'avait rien de bien avenant. Je m'approchai moins, et bientôt je compris. C'était jour de m et les canots que je voyais avaient amené à les gens des tribus voisines qui venaient y écl leurs produits contre ceux des Européens, d< traitants noirs trafiquent, soit pour leur |

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