CHAPITRE VII
d*uD chapeau grossier en feuilles de maïs, agrémenté d'une touffe de plumes blanches.
Autour de lui se tenaient les dignitaires de sa cour. Voici tout d*abord les hauts et puissants seigneurs, les N'didzi-m'horibas ; le signe de leur grandesse est une clochette, la m'horiha^ fixée à la poignée de leur arme comme une dragonne. Leur charge se paye fort cher, et présentement il n'y a que huit privilégiés qui en soient revêtus. Après eux vien* nent les N'di-n'zés ou N'dO'fi'zés qui se reconnaissent à une corne d'ivoire, \ofan, longue d'environ un mètre, perforée comme un olifant, et dont ils tirent des sons aigus. Ceux-là sont beaucoup plus nombreux : on en compte dans Onitsha deux cent cinquante à trois cents. Leur charge coûte cent mille cauris *, grand nombre d'ignames et de volailles, plus quinze têtes de bétail. Elle se paye aussi en produits européens, étoffes, fusils, poudre, gin, etc. C'est le roi qui touche le montant de toutes les charges de la cour; aussi le pense-t-on à juste titre fort riche.
J'aperçois encore à ses côtés les médecins, les soi-disant Lihias, qui sont en même temps les ministres du culte fétichiste de la contrée, et le grand chef de la guerre, qu'on salue du titre d'Odogo,
' La valear da cauris i Onittha correspond en marchandise à I fr« 25 c. le mille.
de leurs privilèges. Ainsi, par exemple, si long que soit le banc ou le siège où s*assied un NMidzi-m'boriba ou un NMi-n'zè , nul ne le peut partager avec lui ; et sMl n'est pas libre au moment où Tun d*eux y veut prendre place, aussitôt les premiers occupants se lèvent et le lui cèdent tout entier. Toujours ils sont accompagnés de gens qui portent leurs armes et leurs grands éventails de peau, et qui s'accroupissent par terre autour d'eux. D'autres se font escorter par des esclaves munis soit d'une natte, soit d'un siège rustique en bois, et ils s'y asseyent séparément.
Pour le roi, jamais il ne peut sortir, si ce n'est aux jours de réjouissances ou de fêtes publiques, et alors, pour lui rendre propices les divinités, s'accomplit un sacriGce bumain. Le peuple le vénère comme le médiateur entre elles et lui , et le salue du titre de Igue qui, en ib6, signifie être suprême.
Comme marque de dignité, certains représentants du roi portent une longue tige de cuivre, qui, à son extrémité, se bifurque comme une fourche. Us sont curieux à considérer lorsque, debout, les mains appuyées entre les dents de la fourche fichée en tçrre, et le menton à la hauteur des yeux» ils semblent plongés dans une profonde méditation, et suivent d'un regard perdu dans le vide les objets qui les entourent, sans qu'un muscle de leur visage trahisse la moindre émotion.