CHAPITRE IX
*ose toucher la main de qui que ce soit. Grand lédecin , très-versé dans la connaissance des sim- •les, son savoir, en le mettant sur la trace des poionsles plus subtils, n'a fait qu'accroître ses tereurs.
a Beké S me dit-il, que viens-tu chercher ici?
— Grand roi , répondis-je, je viens voir si le so le ton pays est fertile, si les produits en sont bons, %"il est des moyens faciles d'arriver jusqu'à toi, afin de pouvoir troquer les huiles de tes palmiers et les ivoires de tes éléphants contre les étoffes, les armes, les colliers de perles, et cent autres belles choses que nous autres, hommes blancs, nous fabriquons, là-bas, là-bas, et que nous t'apporterons, si tu nous accordes une franche hospitalité.
— Ecoute , Béké , reprit-il : je ne te veux pas de mal, car Tshukù punirait celui qui toucherait à l'homme blanc; mais je t'interdis de pénétrer plus ivant dans mon pays ! Tu vois tout mon peuple en irmes : c'est que j'ai déclaré la guerre aux Ogidis, nés voisins, qui sont des mangeurs d'hommes. Si u essayes de t' avancer du côté où. le soleil se lève , e donnerai Tordre de te tuer, toi et les tiens, et Fshukù n'en sera pas courroucé , car ce sera pour e bien de mes sujets. Rebrousse chemin vers le (rand Osimirin... Plus tard, quand les Ogidis seront
1 Eiprit blanc.
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exterminés , tu reviendras ici avec les belles chose dont tu parles, et je te fournirai en échange de huiles de palme et des ivoires, n
Comme je risquais quelques observations, bien décidé que j'étais à ne retourner point au Niger par le même chemin , il me promit de m'indiquer une route qui se bifurque à Touest et rejoint la rivière Inam et le Niger, en ajoutant que si je persistais à me diriger vers Test, vers les Ogidis, jamais il ne me le permettrait !
Notre entretien en resta là. II se leva, et m'invita à la cérémonie préparatoire de Tentrée de ses troupes en campagne :
tt Tu me porteras bonheur, Béké, reprit-il; viens voir comment Ogené appelle les faveurs de Tshukù sur la tête de ses guerriers. »
Il dit, et quittant le hangar qui lui servait de salle du trône, il s'en alla, escorté de tous ses dignitaires, vers la crique par où fêtais arrivé, tandis qu*à ses côtés un des chefs sonnait frénétiquement d'une sorte de trompette, du konkoj au son duquel accoururent aussitôt tous les guerriers de la tribu.
Parvenus à un bouquet d*arbres , planté non loin de la rive , nous y fîmes halte » et c^est là , sous un large bombax, que la cérémonie s^accomplit. Sur une espèce de tréteau reposait une énorme calebasse, près de laquelle se tenait le Libia (le docteur) qui,