‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 76 sur 145 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ivec la pratique de son art, cumule TofCce de grand prêtre du culte fétichiste. Le roi et les principaux cbe& se rangèrent près de lui , les guerriers firent cercle autour d*eux ; enfin , derrière ceux-ci se tenaient pêle-mêle les femmes, les vieillards, les enfants, tous égaleiïient avides de voir.

Le Libia commença par remplir la calebasse de pierrailles, de morceaux d'os, de fragments d*ivoire, de vertèbres de serpents, et à cet étrange amalgame il joignit quelques berbes sacrées qu'il portait avec lui. Dans Tentre-temps les konkos faisaient rage.

Là-dessus il commanda le silence, et cria :

tt Tshukù va parler, Tsbukù va proclamer son arrêt suprême ! Que les bons se rassurent, que les méchants tremblent I n

A cet endroit de son discours, il saisit une poule quMl égorgea au-dessus de la calebasse. Le calme le plus profond régnait dans la foule, tandis que, les yeux fixés sur sa diabolique olla-podrida, le féticheur semblait évoquer des esprits et communiquer mystérieusement avec eux.

Tout à coup il releva la tête :

a L'oracle a parlé I fit-il. Les fils maudits d'Ogidi seront exterminés par vos bras, soldats d*Ogené; vos huttes seront tapissées de leurs chevelures ; leurs troupeaux, leurs femmes seront à vous! Soldats d'Ogené , vous serez vainqueurs I »

Et, en proie a son extase, il saisit la calebasse, la

présenta au roi , puis aux chefs , qui tous y puisèrent une pierre ou un fragment d*os ; après quoi il parcourut le groupe des guerriers , qui tous , eux aussi , se nantirent d*un fétiche dont la vertu les devait rendre invincibles.

La distribution faite , il revint au tréteau , et y découvrit une grosse pierre noircie par le temps, et qu^une feuille de bananier avait jusque-là dérobée à nos regards. C*était VIzi, la pierre sacrée , qui sert à la prédation du serment de courage et de fidélité.

Le roi s^approcha le premier, souleva légèrement la pierre , et dit :

a Par rizi, je jure d'exterminer les Ogidis!...»

Après lui, les principaux chefs s'avancèrent tour à tour, et répétèrent ce serment en y ajoutant la promesse de fidélité à leur roi.

Alors le chef des guerriers, reconnaissable aux sept plumes qui ornaient sa coîfi*ure , mit la main sur rizi , et s'adressant au peuple en armes :

tt Soldats , dit-il , par Tlzi sacrée qui a reçu les serments de vos ancêtres, jurez tous d'être braves comme eux, d'obéir comme ils ont obéi, d'être fidèles comme ils le furent , de vaincre comme eux des ennemis exécrés, et comme eux de suivre votre roi toujours et de ne reculer jamais! n

A ce moment un enthousiasme indescriptible s'empara de toute l'assemblée : mille bras armés se

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