CHAPITRE IX
d'un même homme, plus la somme de travail qui incombe à chacune est légère. Il faut Tavouer, c'est là une conséquence originale de la polygamie entendue comme Tentendeut les noirs.
£n général les nègres de Vlhb sont arrogants» emportés, et aiment la guerre pour la guerre. D'habitude ils ne font ni prisonniers ni esclaves; ils se combattent sans pitié ni merci, fiévreusement et avec un complet dédain de la mort, tranchent la tète de leurs ennemis, s'en font un trophée, et pendent les cadavres aux arbres voisins du champ de carnage. Mais pour ceux d'entre eux qui sont cannibales, c'est tout ensemble un devoir et unefôte de manger leurs adversaires, et ils ne doutent pas qu'en les mangeant, ils ne s'inctculent ipso facto la bravoure et les autres qualités par où, de son vivant, chacun se distinguait.
Les femmes suivent les combattants à la guerre , et y pourvoient à leur subsistance. Outre cela , elles ramassent et soignent les blessés, et s'efforcent d'emporter les morts , afin d'empêcher l'ennemi , soit de se repaître de leur chair , soit de se faire de leur tête un trophée.
Encore qu'à la guerre ils soient féroces, les noirs de ribè connaissent une sorte de trêve de I)ieu, Yanaya, à la faveur de laquelle, même au plus fort de la lutte, ils rendent impunément visite aux parents qu'ils comptent au sein de la tribu ennemie.
Cest là un privilège dont ils s'enorgueillissent et quMls ont à cœur de faire sévèrement respecter. Malheur à quiconque, au mépris de Vanaya, porterait la main sur un ennemi en visite chez Tun des siens !
Sans avoir accoutumé de capturer en temps de guerre d es esclaves mâles, toujours ils ramassent pourtant quelques prisonniers quMls destinent à faire les frais de sacrifices humains, accompagnement obligé de certaines de leurs fêtes. En^attendaut qu*on les immole, ces infortunés sont détenus dans le voisinage du temple, sous la garde des Libias : comme ils nMgnorent point le sort qui leur est réservé, on juge de ce que doit être leur longue agonie! Si, d'aventure, à Tépoque où ont lieu des réjouissances publiques, il n'y a point de stock de prisonniers, pour s'en procurer on déclare aussitôt la guerre à quelque voisin ; car à tout prix il en faut. Sur ce chapitre les féticheurs ne transigent point, et, bon gré, mal gré, quelque répugnance qu'il éprouve personnellement, pour atroce que soit la loi, le chef de la tribu s'y doit soumettre, et fournir au bourreau le nombre de victimes exigé.
Dans tout Tlbô la loi du talion est en usage. Quiconque y tue, tant que le meurtre n'est pas expié par sa mort, demeure exposé à la vengeance des proches de la victime. Dent pour dent, œil pour œil, vie pour vie, voilà tout le code pénal du pays.