‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 82 sur 145 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

douleur que je réussis à Fen débarrasser. Ensuite

]e comprimai fortement le Iras avec un bandage au-dessus et au-dessous de la plaie, que j*humectai d'ammoniaque. Je ne doutais pas que la flèche qui Favait faite ne fût empoisonnée, et je savais, par ouï-dire, qu'en semblable occurence, les indigènes combattent les effets du poison au moyen d'une plante, \eraidore, que mon guide d'Onitsham'assnra se devoir rencontrer dans le voisinage.

a Va vite en cueillir I m'écriai-je.

— Je n'oserais » , me répondit-il tout tremblant. J'insistai :

ft Prends avec toi quatre hommes, prends-en six, prends-les tous, mais va vitement !

— Non, fit-il; j'ai peur. Viens avec moi, alors je serai rassuré.

— Couard I » grommelai-je entre les dents. Maisle temps était trop précieux pour m'attarder en inutiles propos, et je m'en fus au plus tôt à terre, où le guide me suivit, escorté de cinq hommes. See- Breeze gardait les pirogues avec les autres.

Ce ne fut pas sans peine que nous découvrîmes les herbes qu'il nous fallait. Vainement nous les cherchâmes pendant près d'une heure, bien que le guide m'affirmât que généralement le bord des <^riqaes en foisonne. Enfin, j'en pus faire une ample boisson. Cest une petite plante, à feuilles longues ^t minces, et qui donne une fleurette blanche. Des

fleurs et des feuilles on fait une décoction, dont on bassine les plaies envenimées.

De retour dans la pirogue, je constatai que déjà la blessure de Go-Fast gagnait intérieurement de procbe en proche, et que son pouls ne battait plus que faiblement. C'était le cas de déployer de Téner-. gie.' Sans hésiter, je semai d'abord sur la partie malade un brin de poudre bien sèche, et j*y mis le feu. Puis je lavai la chair vive, et y appliquai un cataplasme d'herbes et de fleurs que nous venions de récolter; et comme la grande prostration du patient m'inquiétait, je lui fis boire quelques gorgées d'un excellent cognac que je tenais en réserve pour les circonstances graves. Bref, que je m'y fusse bien ou mal pris, je me convainquis peu après que son état s'améliorait notablement. Je le fis coucher à Farrière de la pirogue, et nous continuâmes notre route en longeant la crique ouest-demi-nord, afin d*être hors de ces périlleux parages quand il ferait nuit.

Dans ces entrefaites, mes hommes semblaient en proie à une vive émotion. Loin de les indisposer contre moi, le danger qu*ensemble nous avions couru et d'où je les avais tirés n'avait fait qu'accroître à leurs yeux le prestige de l'homme blanc. Néanmoins ils ne se pouvaient défendre d*une vague terreur, et, en conscience, je ne leur en voulais pas. Ces noirs enfants de la côte, qui n'ont ici-bas qu'un^

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