‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 83 sur 145 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

seul bien, Texistence, qu*an seal bonheur, celui de se sentir vivre , je les avais associés à une entreprise où ils se voyaient menacés de périr. Or, quel profit en retireraient-ils? De Thonneur? C'est pour eux mot et chose inconnus. La fortune, ou tout au moins Faisance? En aucune manière. Quelques mètres de cotonnade, un fusil, de la poudre, voilà tout ce que j'étais à même de leur offrir. Incapables de juger de l'intérêt que j'attachais à mon voyage, comme de juste ils se demandaient si, pour .eux, la récompense équivaudrait à la peine, et si, après tout, ils ne finiraient point par perdre la vie à mon service;» Car enfin il n'y avait que bien peu de temps qu'ils avaient falli être tués. Certes, à s'arraisonner de la sorte, ils ne faisaient preuve ni de grandeur d'âme ni d'abnégation. Mais s'ils pensaient différemment, est-ce qu'il serait nécessaire de les civiliser?

Pendant que dans mon for intérieur je brodais

sur ce thème, nos pirogues marchaient allègrement,

et quand la nuit vint, nous étions loin du théâtre de

notre combat. Nous dormîmes tranquillement, même

notre blessé, pour qui désormais j'étais sans crainte.

Page 1