CHAPITRE X
Les tribus d'Annam. — Le bracelet de la négresse. — Appareils de pêche. — Ogbekin. — Je revois Opnta. — Dëpart des gens d'Onitsha. — Mes projets. — Mort de Go-Fast. ~ La fêle de la Waye. — Sacrifices humains.
Le pays où nous parvînmes le lendemain est habité par les tribus d'Annam, et il m'a para extrêmement fertile- : les palmiers y sont cultivés avec soin, et les plantations d*ignames et de bananiers y dépassent en richesse celles du bas Niger.
Les indigènes d'Annam sont beaux , grands, bien faits, et dans les ornements dont ils se parent, j^ai remarqué une particularité qui n'existe que parmi eux : au lieu d'avoir aux jambes , comme presque tous les nègres du Niger, de lourds bracelets d'ivoire ou de cuivre, ils portent à la cheville une façon de cymbales métalliques, très-fines, mais d'au moins quin^se à dix-huit centimètres de diamètre ; on les prendrait pour des plats à barbe, troués au centre , afin de permettre d'y passer le pied ; une fois en place , pour peu que la jambe engraisse ou gonfle , impossible de se défaire de cet incommode ornement, et, malgré qu'on en ait, on en reste l'esclave
jusqu'au tombeau*