CHAPITRE X. Igl
indigènes du bas Niger et des rivières du delta.
Oputa me mena alors à ses cases, et après m*avoir fait servir du vin de palme, des bananes et des kolas, il m*invîta à lui raconter mon -voyage. A son exemple, les chefs groupés autour de lui suivirent attentivement le récit de mon séjour dans Vlhh. Lorsque j*en vins au combat qu'il m*avaitfallu livrer dans les criques de Kf'Subé, rassemblée fut comme pendue à mes lèvres. Pour peu que je Ty eusse excité, le roi s*en serait immédiatement allé en guerre, pour venger l'injure qui m'avait élé faite. Je profitai de ses bonnes dispositions pour lui recommander mon blessé. Aussitôt il le fit transporter dans l'une de ses cases , et enjoignit à son Libia de le soigner. Quant à moi, il m'offrit pour demeure un petit corps de logis entouré d'une galerie, où je suspendis mon hamac.
Avant de songer à prendre du repos , j'avais à régler le compte des gens d'Onitsha ,dont tout juste l'engagement expirait. Je remis à ohacun une attestation écrite en anglais^ et certiflant qu'ils m'avaient bravement et fidèlement servi. Très-sensibles à cette marque de contentement de ma part, pour être sûr^ de ne la point perdre, ils l'attachèrent, en guise de fétiche, à l'un de leurs gri-gris. Ensuite je leur payai le salaire convenu., qui, pour n'être pas bien lourd, si je le compare aux dangers qu'ils avaient <îourus, ne laissa pas néanmoins que de faire à mon
petit âToir une forte brèche. Aussi ce fut le cœur gros que, rentré dans ma hutte , j*en supputai le restant.
Seul , parmi les hommes d'Onitsha , mon guide , tout en protestant qu*à aucun prix il ne me suivrait jusqu*au Bénué, consentit à m*accompagner quelque temps encore. Je me proposais de demander une pirogue à Oputa, et de continuer ma route avec mes sept hommes, dont six rameraient, tandis que, à tour de rôle, See-Breeze et le guide gouverneraient le timon. Quant à Go-Fast, sa blessure, quoique en voie deguérison, ne me permettant pas de l'emmener, j'étais décidé à le laisser sous la garde d'Oputa jusqu'à son rétablissement. De cette manière, à condition de n'être point obligé de forcer la marche, je pouvais compter, quoi qu'il advînt, me tirer d'affaire.
Quand le roi eut vent de mon dessein , il m'offrit autant de pirogues et de rameurs que je le jugerais bon. Je refursai ses brillantes propositions,, parce qu'il le fallait bien, vu l'exiguïté de mes ressources. Toutefois] je m'abstins de trahir le véritable motif de mon refus. A le trahir, je courais risque de baisser de 'plusieurs crans dans son estime , et à ^ aucun prix je ne voulais compromettre à ses yeux j= e prestige dont j'avais besoin. A l'appui de mon^ refus , j'alléguai que, pour le moment, je ne visai pas à pousser bien avant mes explorations , et qu(