‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 90 sur 145 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

bommes, femmes, enfants la menacent du poing, en la chargeant d*imprécations, poussent d*atroces hurlements, se livrent à de violentes contorsions» et crient à tue-téte : Arroyé! Arroyé! (Maudite! Maudite!) s*imaginant de la sorte rejeter toutes leurs fautes sur l'infortunée, et Ten rendre responsable. La victime est alors mise à mort par les prêtres. Chez les peuplades dont le Niger arrose le territoire, ils la conduisent en pirogue jusqu'au milieu du fleuve, et là, après lui avoir attaché un poids au cou, ils la précipitent au fond des eaux, tandis que sur larive la foule continue à hurler : Arroyé! Arroyé! Il sera bien difficile, ai-je dit, d'extirper cette affreuse pratique. Outre qu'elle date de loin, de très-loin, — car on la retrouve chez les peuples les plus policés du monde ancien, — elle se fonde sur une idée qui est de nature à exercer un puissant ascendant sur l'esprit des barbares. Cette idée, c'est que le sang, et le sang humain par-dessus tout, a la vertu de racheter les fautes commises par l'homme envers l'homme , ou envers les êtres objets de ses adorations.

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