‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 94 sur 145 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

es indigènes qae je rencontrai sur la rive m'aprirent qa*Asaba est à une certaine distance du leuve. Je remontai donc en pirogue jusqu'à une Tique, où je m'engageai.

Cependant la nuit approchait, et il n'eut pas été prudent d'abandonner ma pirogue. Je me décidai à ne descendre à terre que le lendemain au point du joDr. De toute la nuit je ne fermai pas Tceil, harcelé que je fus incessamment par des essaims de moustiques, de cancrelats et de mille-pattes, par des nuées de termites, fourmis blanches qui se logent dans les planches des caisses et le bois des pirogues. Le lendemain je m'en allai à Asaba sous l'escorte de mon guide et de quatre hommes, laissant, comme d'habitude , See-Breeze pour garder le canot.

Asaba est située par 6** 11' i" latitude nord, sur an sol passablement élevé qui se relie à la chaîne des monts Video : c'est un des endroits les plus carieux que j'aie vus. De même qu'à Onitsha, les chemins qui y mènent sont bien entretenus, très- Itrges et plantés de beaux arbres. Au lieu d'être simplement en chaume, les huttes sont entourées de mars faits de sable séché, et comme le sol est Ws-ferrugineux, elles ont toutes l'aspect rougeâtre <IQi le caractérise. Au milieu de la ville s'élève un temple, ouvert d'un côté, où l'on aperçoit trois niches garnies d'idoles. Celle du centre contient

un bloc de pierre, où Ton a tant bien que mal un colosse féminin assis et flanqué de nouveai Logé entre ses jambes, Tun d'eux enfourcl animal fantastique. D'autres idoles, aussi f que celles-là, trahissent le sens de ces grc symboles : c'est Vidée de la génération expriment. Les murs du fond sont couverts besques qui représentent des bêtes étranges, bouillées de jaune et de noir.

Étonné de ce spectacle, je m'étais mis à cray sur mon album les principales figures que j devant moi , lorsque retentirent de violentes clan Toute la tribu accourait en armes. En moi rien, je me vis cerné par les naturels, dont l'at n'était nullement rassurante. Heureusement, perdis pas contenance. Sans paraître m'émoi je remis au plus vite mon album en poche; m'étant découvert, je saluai respectueuseme idoles et jetai à leurs pieds, en manière d' mage, quelques touffes de perles enfilées qui habitude, j'avais toujours sur moi.

Sans doute ce que je venais de faire tranqi les naturels; car aussitôt ils changèrent d'à Mais, pour n'avoir plus d'agression à redouti n'en fus pas moins de leur part l'objet d'un ex des plus fastidieux. Mes vêtements, qu'ils toucl du bout des doigts, tout en les retirant au plu comme s'ils craignaient de se les brûler.

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