‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 95 sur 145 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

lorgnettes, mon chapeau, mes bottes , tout les

hitriguait. Grâce à leurs dispositions pacifiques,

}*espérais me débarrasser d'eux sans plus tarder;

mais je me trompais. Ils me montrèrent de la main

une hutte située de Tautre côté de la place et me

donnèrent à entendre que j'avais à m'y rendre.

C'était la demeure du roi. Plusieurs chefs m'y

escortèrent.

Au fond de la salle d'audience, je remarquai nne espèce d*autel auquel était accrochée toute nne pacotille de marchand de bric-à-brac : des fragments d'ivoire, des grî-gris en cuir, des clo- <^Itettes en cuivre, les fameuses m'borïbas d'Onilsha, (les flèches, des javelines, des vases en poterie 'loire, mais surtout des chevelures, sinistres trophées 9ui redisent les hauts faits d'Obi-Igwéri, le puissant ^oi d'Asaba. Lui-même parut bientôt, et alors que ^on entourage restait debout, il s'assit derrière I^autel, sur un gradin fait de sable durci. Comme ^o ne m'oQrait point de siège, j'en demandai un, ^ue , sur un signe du roi , on m'apporta incontinent.

Obi-Igwéri a l'air vieux : il accuse au minimum cinquante ans, mais peut-être en a-t-il beaucoup tuolns : les nègres vieillissent vite. Sa tête et le peu de barbe qu'il a blanchissent. Il appartient à une uce tout autre que celle de l'ibb, et chez lui déjà l'on observe des traces de croisement avec les Moresjj

Ses traits ont, en effet, de la finesse, et son maintien, le jeu de sa physionomie reflètent certaine dignité qui rappelle le Foulah.

Appuyé sur une longue trompe en ivoire , sorte d'olifant, le roi était vêtu d'une robe blanche; il avait aux doigts de nombreuses bagues, et sur la tête un bonnet rouge de forme persane, surmonté d'une touffe de plumes.

Il me toucha la main, et s'enquit d'où je venais. Je lui racontai très-succinctement mon voyage, et lui fis part de mes projets, auxquels il me parut ne rien entendre. Contrairement aux autres rois indigènes que j'avais visités, il ne communiquait pas ses impressions aux chefs rangés en cercle autour de lui; nous ne semblions être que deux : lui et moi.

Ce qui le surprit le plus, c'est la blancheur de mon teint :

a Comment, me demandait-il, le soleil ne noircitil pas ta figure comme la nôtre? »

Et, le sourire sur les lèvres, il me tâtait les mains tout en répétant :

tt Comment le soleil ne les brûle-t-il pas? »

Mes réponses ne le satisfaisant point, sans cesse il s'exclamait :

. u Mais comment donc ta peau peut-elle rester blanche ? »

Par bonheur, cet entretien peu intéressant se ter*

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