‹ Ninon de Lenclos et les précieuses de la place RoyaleChapitre 32 sur 48 · Recueil de Mazarinades · texte numérisé non relu

Recueil de Mazarinades

chées ni payées à leur taux ; la maison de Ninon de Lenclos était réduite à n’être plus qu’un lieu de rendez-vous, un hôtel garni des amours; elle prêtait sa chambre bleue au marquis de Villarceau, à Meré, pour voir à la dérobée la jeune fille plus tard célèbre, Mlle d’Aubigné, pauvre et solliciteuse, devenue depuis Mme Scarron et marquise de Maintenon 1 . Le poète Scarron, si mêlé depuis à la Fronde du Marais, active, remuante, était resté opposant au Mazarin, à ce point que lorsque la première paix avec la reine fut signée, il n’hésita pas à écrire que les frondeurs s’étaient mis la corde au cou.

Il faut désormais filer doux,

11 faut crier miséricorde.

Frondeurs, vous n'êtes que des fous :

Il faut désormais filer doux ;

C'est mauvais présage pour vous Qu’une fronde n’est qu’une corde.

Il faut désormais filer doux,

Il faut crier miséricorde*.

Parmi les femmes littéraires les plus modérées de la place Royale, on pouvait compter Mlle de Scudéry, toujours passionnée pour les héros et

1. Ninon de Lenclos, fort discrète, avait bien des secrets de Mme de Maintenon, et c’est pour cela qu’elle fut tant ménagée sous Louis XIV.

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