Œuvres de Mme Deshoulières
grâce, Mme Deshoulières s’en vengeait quelquefois par des épigrammes contre les poètes favoris de la nouvelle génération, les mendiants versificateurs de Versailles, heureux et fiers de la protection de Louis XIV; et rien n’est plus spirituel que le jugement en jolis vers qu’elle lançait contre la monotone Phèdre de Racine, ses dialogues, ses récits langoureux, ses situations fastidieuses ou ridicules.
Dans un fauteuil doré, Phèdre, tremblante et blême, Dit des vers où d’abord personne n’entend rien;
Sa nourrice lui fait un sermon fort chrétien Contre l’affreux dessein d’attenter à soi-même.
Hippolyte la hait presque autant qu’elle l’aime :
Rien ne change son cœur, ni son chaste maintien;
La nourrice l’accuse, elle s’en punit bien ;
Thésée a pour son fils une rigueur extrême.
Une grosse Aricie au cuir rouge, aux crins blonds, N’est là que pour montrer deux énormes tétons,
Que malgré sa froideur Hippolyte idolâtre.
Il meurt enfin, traîné par des coursiers ingrats;
Et Phèdre, après avoir pris de la mort-aux-rats,
Vient en se confessant mourir sur le théâtre '.
Qu’on s’imagine, maintenant, l’effet d’indignation que devait produire sur cette société de