‹ Ninon de Lenclos et sa cour Emile ColombeyChapitre 12 sur 33 · NINON -BE LENCLOS · texte numérisé non relu

NINON -BE LENCLOS

- 7 * Prénez 'garde, mademoiselle, d’empireîr votre %HüatioD î Traiter ainsi ce saint homme î

— Mais je parlais dü Volatile. ' “ '• * -

— Je continue. Le digne curé a' été se plaindre à qui

de droit. Vous êtes accusés du feU que je viens de rapporter et de 'plus du’ crime d^assassinat... ^Les cris dé détresse de deux victimes* que l’on égorgeait ont été entendus... - • ' V

' — Il n’y en a qu’une, fit Ninon avec un ^and sérieux. Regardez plutôt sous la table. ■"' ' ' ,

— Je note l’aveu, repartit le baiHI eu portant' ses yeux

sur d’Ëlbène. Mais j’ométtais. Dieu me le pardonne T mi autre délit... que dis- je ? un autre crime... Vous, avez foulé aux pieds les lois divines et humaines ! Vous n’av^ pas craint de manger gras uo vendredi saint ! '

— Un vendretfi saint ! s’écrièrent Braneas et la Mesnardière consternés.

L’atnour avait fait perdre la mémoire à leur dévotion.

•' Ces deux messiews, ajouta ironiquement l’homme de justice, voudraient prétexter d’un oubli;., impossible. Le vendredi saint ne s’oublie point !

. Monsieur le bailli, dit Ninon, avez-vous fini de remplir votre mission ? Je vous avertis que vous u’étes pas amusant ,

— — Je ne suis pas amusant 1 Âh ! je ne sms pas amiw

sant If.» Vous osez joiodre. l’insulté à l’immioidë et au mépris de la religion ! ... .

Grossissez, tant qu’il vous plaira, votre acte d’accu-

'et SA* COOK* ' il»

sàtim. Mais rien né nr’empéchera de vbns Répéter que vous êtes moins gai que Gros- Guillaume... ’ '

Le bailli était violet dé'rage. * '

Monsieur, dit d^Aubijoüx en s’avançant, je vous éharge de déclarer à ceux qui vous envoient que je prends sur moi la responsabilité de tout ce qui s’est passé ici. i. dansi mon hôtel.

’ — Vous ne pcRivéz pas, monsieur le comte, répliqua le bailli] détourner sur vôüs seul le cours dé la justice. Chacun aura se part, vous comme tes autres. ,

Et il sôrtit en proférant d’épouvantables menaces. '‘ Au même nroment d’Elbène se redressait sur ses jambes encore mal affermies, et entonnait d’une voix enrouée le'dernier couplet de là chanson de Laffemas :

Les recors et les sergenlg ^ \ • . - . ;

Sont des gens . ,

Qui ne sont point obligeants.

Pour gaper pinte oii chopirte, -

Ils vous four ils vous foùrrent aux Feuillantines.

— La victime ressuscite ! fit d’Aubijoux. •

Sa chanson est de circonstance, ajouta Ninon. Le hailli vent gagner quelque bonne pinte... mais- le •défie, lui et les Feuillantines 1 * .

— Tiens, Ninon ! s’écria d’Elbène, s’^procharit et se frappant le front. Ah ! je me rappelle... j’ai mission vous embrasser pour Brçtnoas/ GharLeyal et la Mesnardîère. ‘ . ..

NINei4 DE LEiXCbOS

^ — Mais ne sont*ils pas Ife ? répondit-îdle^^ les m«ptrant de la main. . / , .

— Les sournois ! ils se cachaient.

Charleval s’efforçait dé ramener le calme dans la , conscience troublée de ses deux atnis qui larmoyaieut dans un coin, le vin d’Avenay aidant. Le poète n’était ni un incrédule ni un croyant; il comjH^enait jusqu’à un certain point leurs remords, mais ne les partageait pas.

> — Le mal est fait, di^it-il avec bonhomie ; nqus devons le réparer, sans aucun doute, mais Dieu n’a jamais exigé que le repentir allât jusqu’au désespoir...

D’Ëlbène intervint et demanda le mot de cette lamentable énigme.

. — Bah ! fit-il, lorsqu’on l’eut nus au courant,, ce n’est pas la mort qu’un péché mortel ! Il y a même des gens qui ne vivent que de ça. -

On entendit monter. ■ '

— Voici probablement, dit Ninon à d’Aubijoux, messieurs les recors qui viennent relever le cadavre de d’Elbène...

— Mon cadavre ? s’exclama celui-ci.

‘ — Eh ! oui, mon cher, vous n’êtes plus que feu d’Elbène... et nous sommes tous accusés de vous avoir assassiné. - ■ ’

' — Ah ! ce ne serait pas délieat... si vous aviez abusé du sommeil de l’innocence. - ^ .

" La porte s’ouvrit de nouveau,- livrant passage æu duc de Candale et au marcpiis de Mortemart. ' x

* > ET SA CQëR^ ' IW

-^ 7 . Vousc l’avez belle ! s’écria le premier. .

-*■ On préparait déjà les instruments de torture^ ajotita -le second*, • - ;i. ^

— Et qu^neusa sa^vé3?d6Inanda^NiBon.»*. - — <vest <landale, dit Mortemart en e'incKnant. *

■— Non, c’est HfeYténiart), répartit Candale en s’in^ttntml î^ son tour. ■ • ' ‘ — ■ . ’ .r^' r

— Contez-nous le cas et nous jugèroAs. ' " ' ■'

— Nous cheminions tranquillement, reprit le duc, 'dévênt Vahbaÿe de Saittt-Germain des Prés, lorsque nous apé'rçùnies sous le porche une masse de populaire, au milieu de laquelle s’agitait un bailli. Nous rtous avançons... L’oratêur racontait ' comme quoi' le curé de Saint-Sulpice avait couru les plus grands dangers par^e fait de la dinde truffée que vous savez. ‘ ~ '

— Ah ! interrompit Ninon, le poulet a pris de l’embonpoint. ^

— Je rapporte fidèlement les choses... Il parlait de sang répandu à flots et jurait avoir vu à l’hôtel cKAubijoux un monceau de cadavres sous une ^ble...

— C’était moi, dit ë’Elb^ne ; je iaisais. comme le poulet.. - .

• . T— Il Hidignaitlo popul^re avec cette diaWe de dinde, mangée un jour de vendredi saint, et se dkp(»aità monter citez l’abbé reproduire s»n récit, en femheUis- «ant encore... SlortMïïart me dit alors >: «Il faut le (te- ' vaflcer : je • C(»niMtts jo v^ pwær-’feicoup.jfc Jlt

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aussifôt dît, aàséhôt fait. Le balîR arfivà qüalïd'1*àcq«lt-

'têment était déjà ^ôrioneév " ' ■ >

— Non pas, répliqua Mortemart, ii n’a été piOnontîë que lorsijue tu eùe ft’otté.les épaotes d» en disant à l’abbé : o Frotte-t-o» tHnsvleâ^^honnétes gens ? ^ « Non, riposta l’abbé. » ■*— « £k bien ! ajoutas-tu, s’il y a quelqu’un de condamné, c’est le bailli. » Et l’abbé de we, et nous de rire plus haut.

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