‹ Ninon de Lenclos et sa cour Emile ColombeyChapitre 18 sur 33 · KT SA · texte numérisé non relu

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de Saiet-Cloud. L'n \utste jardin en dépendait, tout paré de statues de marbre et dont les ^ eaux jaUlissantes faisaient retentir de nombreux instruments. La tentation de Louis XIV fut éveillée ^ Mazarin alla trouver Hervard,

— Cela doit vous coûter au moins douze eent mille livres? dit-il à brûle-pourpoint.

— Monseigneur fait trop d'honneur à mes faibles moyens, repartit vivement le contrôleur général qui ne tenait pas à mettre le ministre dans le secret de son immense fortune.

— Vous avez bien enfoui là deux cent mille écus ?

— Une telle dépense excéderait mes forces.

— Allons, je vois qu’il faut descendre à cent mille écus.

— Je n’ai plus d’objection à faire, monseigneur.

Hervard ne pouvait se déprécier indéfiniment.

Le lendemain il reçut de Mazarin trois cent mille livres, avec une lettre qui lui annonçait que le roi désirait acquérir l’aticienne maison de Gondi pour le duc d’Orléarts. Un notaire accompagnait cet envoi : le contrat étant prêt, il fallut signer. Le tour du cardinal était joué : le voleur était volé. ,

Maintenant que nous avons donné un rapide crayon du Saint-Cloud d’alors, rejoignons Vassé et ses convives.

Ils sont en train de se livrer aux fureurs de leur appétit. On n’entend que le bruit des dents aiguisées par le grand air. Ventre aflartié n’a pas plus de langue que d’oreilles.

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Le {Premier service terminé, ht Mesnardière roiU]^t ie silence par une joyeuse exclamation : •' - .

— Ninon ! s'écria-t-il^ en dévot’ant des yeux le voisiV deSévigné, dont les longs cheveux déroulés démentaient le eostume. -

— La Mesnardière ! dit-elle, en sinaulant une semblable stupéfaction. Vous ici, quand Brancas, Ch(irleval et d’Elbène sont restés là-bas ? . • . ,

— Gardez-vous de malmener ce pauvre homme, dit Vassé,que Ton appelait fort justement Son Impertinence, moi seul suis' coupable de cette séparation Il s’était mis pour vous en frais de bas flamboyants; je l’aLenlwé pour que vous puissiez apprécier une telle marque d’amour.

— Le cas est nouveau, ajouta Sévigné : chez lui ce n’est pas le cœur> ce sont les jambes qui brvilent... >

, ^ — Qu’importe, pourvu que le feu soit quelque part ? riposta la Mesnardière avec une intention railleuse. - ,* Les plaisanteries continuèrent leur train jusqu’à la fin du souper. A une heure, chacun prit le, chemi» de la chambre qui lui était destinée. V Sévigné, Vassé et la Mesnardière • passèrent . la nuit dans les bras de Ninon, — earêve, bien entendu* Bois-Robert fit bande à part : il songea au malheureux Babylas. - ^

Ninon réva au marquis. - ■ . -

Le lendemain, tout le mondé fut sur pied de- bonne heure*

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Vagsé aborda le premier Ninon qui ^ peomenait dans le jardin. Il se mit à roucouler.-

— Pas si près... mon cher, lui dit-elle, voua^vez Tha-

leine chaude, le ntatin. . -

Tojujours, répondit-il, et je ne m’en tourmente pas;- - , , . • •

— Je comprends : vous laissez ce soin à vos amis.

' Les autres Survenaient.

— Ah ! ah ! fUBois-ftobert,-en s’adressant àSévigné, voilà le chevalier qui prend les devants.

— Vous n’avez pas la mémoire du cœur, l’abbé, repartit Sévigné, vous riez quand votre fidèle Babylas se morfond là-bas dans sa cellule.

— Mordez plus fort, marquis : j’ai la peau dure.

La Mesnardière ne quittait .pas, de l’œil ses fameux bas rouges. ;

— Arrivez donc ! messieurs, s’écria Ninon en éloignant du bras letrop ontreprenant ehevalier. Monsieur de Vassé oublie ses devoirs d’hôte : chargez-vous de les lui rappeler. ■ , . ■ c -

— Je m’en charge, dit Sévigné. Mais ne vous êtes-vous pas mise vous^iême quelque peu dans votre tort? .

- .w Comment cela ? .

— En vous levant si matin. Vous vous êtes.- exposée

à ne rencontrer que Vassé qui d’ordinaire est debout aussitôt que Je soleil ^

— Et qui, comme le soleil) continua ,Ninon, chercl>e à incendier tout ce qui tombe sous seü rayons.

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