‹ Ninon de Lenclos et sa cour Emile ColombeyChapitre 28 sur 33 · ÎW NINON DE LENCLOS · texte numérisé non relu

ÎW NINON DE LENCLOS

•ftrièmO ôtail Icvoyagour de conlrebanflo, et Id voyagetr

do contrebande frc'lüit autre que Vîincanrlle. *

Le vieux manoir jwUM*nel s’élc\'oit, ou phrtdt* 'tombait 0»Tuines, sur la voiito' lie f'ari?, et son propriétaire, effrayé d’avance des coups d’aile .dont la nuk les cbouéMcs 4^1t(icnt le caresser, rêvait niélancoliquciuont^sous le porclie, lorsque les deux voilures vinrent à passer. Alors un violent désir le saisit, répriiné aussitôt- par vùa reste de vergogne : c’ptait d’arrêter un dos carrosses et d’y prendre place. Hélas ! il redoutait les sancasnaes. — Pourtant il no voulait pas demeurer plug, longteqips dans

celle masure, non -seulement .à causp.dcs bnlÿfantsUi-

colnmodcs qui y foisonnaient, mais encore à cause du peu de sécurité qu’elle oUrait. Une pierre s’ôtait délacliée et, dans s i cliutc, avait effleuré le bord dp son feutre. En conséfjucnee, l’esprit de conservation joint à l'horreur du bilwu avait décidé Varioaïvilîc à chercher un refuge

ailleurs. Mais de' qud côté sc diriger'.^ Le château de Villarceaux, où il avait d’abord pensé à retourner, était veuf de son maître, car il avait aperçu les armes du martjuis sür les paùneaùx d’une deà voitures. G’était donc le ciiêmin'de Paris qu’il ftillait Suivre pour retrouver ‘sôn hôte habituel. Ses jambes s’étaicfnl mises en mouvement dnps ce scnn, et Varicarville, soit impuissance d’atteindre le carrosse de Villarceaux, soit cratnlc de scrvîrde cible aüx'quolilieJs de celui qui Vêntvit npi-ès, s’était juché à Panière train de ce dei-nier. 11 avait compté descendre au cceur de Paris, pour gagner ensuite ü pied l'hôtel du

; ET 3A COÜt<. , ‘

m^cquiü;. motb, oxtônuc par la posilton verliCAle quH avait gardjic, plusieurs licurcs durant, il s'éîait affaisfo et une sorte de . paralysie l’avait, cmpôdjè d’exécuter son pjrcÿet. Voilà conimcnty au lieu do sc Irouvor chez Villarceaux, il se trouvait chez Ninon. . ..

A l’arrivée. Chapelle, en rôdant autour do la -voiture, avait découvert le pauvre nfiirtyr et, tout en le lardiJOt 4ç brocarda, l’uvait aidé à toucher tnrrc. Puis il l’avait tiraillé de droite et de gauche p<>ur révoiUcr sesmembres endormis, çtriualenKuitl'availjioussé dans l’appurtcincnt oiiéljiicM entrés .Ninon et Gourvillé. XtNinon.de s’txdaiTier à pareille vue; et Varicarville de donner on rougissant les ex[)lication8 doniaïulécs. On rit beaucoup de l’accroc fuit la veille à. sq. sobriété. Ou jasa. des infortunes dccct original cpji,uvccdcs revenus considérables, était saps feujM licH^ . f*'

Chapelle épuisa sur lui toutes ses nèdw's avant, péndant ctapiv4 4e souper. Varicarville tondait lu dos avec une bonhomie moalonniére, .plein ‘de rcconnaii^nce pour Ninon qui lui faisait un renapnrt de- son cspiât et qui, non contente de ncutniliser 4'Bgression, finit" par aMaquor ragross<’ur. . • . . -

V Gourvilkî SC délectait de ce tournoi et, par moments, pour constater sa préscncff, jetait entre les Bomballante (pielquc cp'grammc à double pointe*

— En résumé, dit-il, cohime on fait son lit, on se

couche.,. ' • '

— Que vient .faire ici ce proverbe î demaoda N]ik>ii.

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NI\0\ Dï LENCLOS

— * C’cet un averti#5cmrnt t’adresse de ces messieurs qui sav<mf, par c\péncnec, /]tie, quand on reste trop lOnglomps ti table, on rîàque de dormir dessous.

Varicarvillc, qui portail son verre à sa bouche, sc hâta' de le reposer d’un air conirit.

Rougiriez-vous d’nvorr été mon camarade de tU? lui dit Chapelle, après une large raSade.

•— Allons, cher poêle, s’écria Ninon, laissez monsieur

de Varietwvillc à sos'jusics regrets! ‘ •

— Justes regrets ? vGdà qui est. flatteur pbur Moi.

— Il faut qu’avant de nous séparer je Vous donne' un coaseil, continua Ninoh.

— • Je voirs écoute.

— Si vous voulez que nous Soyons bons amis, je vous engage à mettre désormais un peu d’eau dans voire vin.

-r- J’essaierai, répondit (üiapeUcenéloufTantunsoupir/

Puis se tournant du côté <Ie Varicarvifle :

— Eh Lien ! monsieur le philosoplic, ajouta-t-il, je vousiittends. Prenez mon bras et partons.

‘ Varicarvillc s’était levé comme tout le monde, mais H . paraissait cloué au plancher.

— L’hôtel deVillarceaux, pensait-il, est endormi à cette heure avancée et son marteau résonne comme sur une enclume,' Si je lè nrots en mouvementj je vais réveiller le marquis et ce sora un nouvel interregateire à subir.

, Ninon comprit sOn cmbari'as : ' ' ■

— * Monsieur de Varicarvillc est mon hôte jusqu’à dcuiain« dit-elle en faisant un signe, à Pieirc.

ET Î5A COUR. ' ' S«3

*■ Vrrc-Ditfu'l fit Chapelle/ saTc'z-vons, mon.cihef, que voüs tTie rcriclez jàlotix?

— Vraiment? alors acceptez aussi mon hospitalité’ ' '

— De grand cœur... mais que dira monsieur de Courville?

— Je dirai, répliqua celui-ci, que la pendule marque

<leux heures et que Pierre est là qui se morfontl avec • % une bougie^. Suivcz-le donc, messieurs, et bonne nuit.

Le poète et le philosophe se ndirèrent après avoir baisé la main de Ninon.

Chapelle n’était pas d’humeur à dormir. 11 enfourcha M. Pégase et s’en fut cueillir quelques rimes sur le double mont Son bouquet fait, il se disposait h aller le glisser sous la porîe de la chambre de Ninon, lorsqu’il aperçut Varicarville, en chemise comme lui et tenant également un papier au bout de scs doigts.

Cette scène court-vétue était éclairée' par un double rayon de lumière qui s’échappait des deux pièces entr’ouvertes.

La même flamme avait traversé le cerveau de Chapelle et de Varicarville. Mais Varicarville avait traduit en simple prose sa passion naissante, inliabile qu’il était à monter le bidet du Parnasse :

— Ne vous dérangez pas, dit Chapelle, en enlevant prestement le pli de Varicarville. Je suis bon prince et • ferai votre commission en même temps que la mienne.

Tandis que les deux épîtres réunies allaient à leur destination, Varicarville refermait sa porte, et s’arrêtait

39A , NINON DK LENCL05 ET SA COUR,

devant un , miroir, rougissaat comnje une ^u«e Clle ifurprise, là main dans les blonds olioveu}^ d’un jouvenceau akné, . . ,

1^ fvand'péBlteBcter. — !<• maniaU de la ChAtra. ^

, -TfoU ans se sont écoulés.

tunide VaricaniHc, lüITarouché pur un éclat do firo de Ninon, avait repris aussitôt son vol vers le Vexin, et, ’

pour donner un aliment à sa fièvee, s’éUiH décidé à mettre 1«'S maçons dans U* vieu^ nianoir, transformé aujourd’iiui en un frais castel.

Les vers de Chapelle avaient ou le même sort que la

ppose de \ar icpi'xillc ; çt le poète n'avait pas de ruinçs h

rçlçvor. Ce moyen (le distraction lui m«anquait, mais un

autre était à ?a portée et il l’cniploya.sans désemparer.

' * * Voilà l’origine du voyage dans le Midi, qtr’j;! fit en com-

p.agaic de Bachaumpnt cl qui les a illustrés tous deux.

De retour à Paris, Chapelle a reparu à l’Iiôtcl des Tour-

nelles et y a introduit son anvl Molière, qui est devenu

aussi Tarai d(j la maison-

Ninon compte quarante-cinq ans. Elle est arrivée à . Tâgc, où, d’ordinaire, la femme, complètement déformée, s’est évasée oulrp mesure, h moins qu’elle iTait

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