FT SA
— (^est vrai.
Et la chaise reprit le chemin de Eimpasse Guéménée,
oii demeurait la célèbre courtisane.
Marion de Lorme était d’une beauté splendide et de
grande mine. Une seule chose la déparaît quelquefois :
spn nez se couvrait de tons rouges qu’elle ne faisait dis- * * • » »
paraître qu’en tenant des matinées èntières ses pieds dans l’eau bouillante. Elle chantait et jouait du théorbe à ravir. Elle dépensait follement son patrimoine i]ui se cornposait de vingt-cinq mille écus, et s’abandonnait au courant de sa nature lascive. Elle jalousait la vivacité d’eaprit de Ninon, qui lui faisait défaut, mais savait, comme elle, communiquer à tous ses mouvements la grâce la plus exquise. C’était, en un mot, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, un instrument padait de plaisir sensueL Elle refusait l’argent, mais non les cadeaux. Elle gardait, comme un trophée, un jonc de soixante pistoles que lui avait donné Richelieu et qui venait de madame d’Âiguillon. Le grand cardinal avait fait d’une pierre deux coups. ' L’impie des Barreaux fut le premier amant de Marion. Il l'avait installée au feubourg Saint- Victor, dans une tnaison tort joliment meublée e-t de laquelle dépendait un beau jardin. Quand il allait l’y visiter, il disait : « Je
vais à l’île de Chvpre. » — Après des Barreaux, ce fut le
tour de Rouville, Arnauld, Cinq-Mai’s et Miossens. .
D’Andelot venait donc en sixième ligne. Sa fidélité était de la même espèce que la fidélité de Marion. Il quitta bientôt la place et eut pour successeurs Brissac.