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Chapitre huiiième

Trifittaii^étak debout, a^uyé'à là 'cheminée. ■^ 'Toutes ises ^yémëeis étafent ' absorbée» dftus une setile pensée. ' '

Personne, du re^te, ïiéle remarqua, et la conrersfttion devint 'MetitAt ausisi généi^ale que la fumée qui sortait de toutes les boucheitf pour

— 19S — tourner autour des lêlcs en iongs et épais tourbillons.

On parlait, — c'est-à-dire que chacun se croyait obligé de jeter à tour de rôle des mots avec de la fumée.

— Et Totre mariage, Beaufort? dit M. de Courtois i un jeune homme qui portait plus de barbe que de figure.

— Ne m'en parlez pas, mon cher ; il va trop bien.

— Comment, trop bien ? votre future vous ajjporte huit cent mille francs.

,r^ Je Je sais bien. — Allez, tout n'est pas plaisir à faire des dettes j il faut les payer t«t ou tard, et l'on ne sait jamais où ça mène.

I ,— A,Clichyou à un mariajïe.

•M — Comment est mademoiselle de Boisre- Oaud?' .„,,j .,,; .,r, ■,

— Je ne l'ai pas regardéç ; j'aurai bien le , tçmps plus tard.

Tristan avait levé la tête et machinalement

çcoutfi c€;ttft ç^ofjrwu^ç:conyer^a,tion (jm resu-

: xnalt en.peu, de ,mc^t3, le travers de la jeunesse

actuelle qui veut ajout .prix se. faire, plus mau-

.valse et pjns; extraTagao|e. qu'elle, n«^, l'est en effet.

' ■ " « il'* • l ■ ' ' ' » . '■ .

. ,^,yo0A„djt Tris^i, 4 ,^m,i.:yQix,,à ÎJ. ,4e B;tefzay,,xm,nwFi/age,qai, ft*ai)nu)nçç pofis ;d;b^^-

-rsV3tA»9Eftǧ?'. I) . ) f. . : .'. ;. ■■. .■•iviu,;:j '>! ]■> ; ; 31fiçx|!y,fly?it;dfi As^^Hf 88f dfip$ J'f^prit,^ et il

. s'itaH gp^çç^;([l^l n?auY.s>w effet;q,u'ay,aient prQ-

duit;peftpaçoip8;8uj;,leJ)açon,fle;|;^çlîuiej ,:; ;

j .-. W:Ç«sa|raïtenfi9r^.^';.l;^.Yjtit ll^ttf^bu^rà la

, P??3»PP.4^.^EistaflfiP.wn^î«da^.ç.fje GaU^oia ,o,u

.A |'au^î^r/îé.séyère;(ipi{,DftççjUf& d^ <îaiwpa|;iîard

breton ..^uf ^^;g|f^o.«9ljîJt ,4. toi^^, m^^S \ ,?*

comme H'tentitaTftnt tout à rester en bonnes et favorables relations avec Tristan, il mesura ses paroles.

— flélas! dit-U en "hochant la tête, les mariages'eomme les médailles ont des reTeis qui be toiit' pas toujours briHaots.

ii- Entérite, dit Tristan d'un ton de voix îérieux et découragé, c'est une triste chose r^t 'te quf se' passe dans Vos grandes riltes, mes- ^ifeiits'difi'Pârifrîle'litàSl et la foulé; l'agitatiMi et le mourement de tous et de font rous eOd- ' ^fefchént'd'j ped&er, lé tourbillon de la rie tous èdtou^ ''de 'telle hçàa que tous tous laissez allerïirtlswivèir oîi tôiis mène le courant.

''Chacun se retourna du côté de Tristan; car ' à'd avaît entendu ses dornières paroles, et il est facile 'de juger combien elles s'accordaient pfli - àTècUpeàsée gédériie de la taajorité.

Il ff'sq^erçut de l'attentioii puticalière dont il était Tobjet, et par on sentimeot de d%aité pHt^oâtteOe^ 3 se Yoelat pM letolctf devuit la position qtt^flTeiudtd^ m- ftiife à se» insu;.

— lia^ toi, messieurs, dBt-41 à hnaMt Toik, je ne TH'ftdrêssais qa*i M. de K^ruy et je ne m'sfl* téndaâsrpas à*rhonâeoff d'èlM écmffé de tous; mais je suis un campagnard tout simplement^ aj^iit vécu jusqu'à ce jour d'aûe autre* tie que là vôtres —^ li y a desebM^ que Ton m\mit' appris à respecter, et d*autrès '^rie' je ôroyâfs^^ trop sëiatés pour en faire le stijet de i^ireâ et-de plaisanteries ^ sans doute mon éducation' est fort inéomfplète', car elle est loin d'approcher de réducation des tilles^ ir-^ Là^bas, messieurs, on ne rit pas de ratënïr d'une jeune fillé otk de rhèûiietir d'une femme*

*— Monsieur..., interrompit aussîlfAt le jetttte

homme, oraé de beaucoup de barbe* ce qoe vous dites... i.

— On a tort peut-être,. monaÂeitr, U-bM oii j'ai été éieVé, reprit Trittaù, un a raison ici; et je dois TOUS patrattrc dans ma sévérité campagaaf de bien BloguUer ou plutM bien ridicule ; atissi je demande grftcé pour moi et mes booi priocip«s.

R^ Et» effet, dit le jeune homme, en essajaot df^iraiHi^r, ily a beaucoup de chosts que l'on igOipre -k la cttmpagpe. ■

v^El que i'on est bien heureux d'igm^reri riposta Tristan, en élevant la Toix,

— Adieu, cher conate, continua-rt-il, ex^s'adi;e4Sânt à H- de Bleriay, nous aurons, n'qsC-çe . pas, rJtLonneur de vous voir biiçncitdt. , ■.!■■

Et saluant les personnes qui se 'tr<^tt«ie'>'! . dwslesatvn, ilwïtit. . ,; i ,,,;

— ^ Ah ça! dit M. de Courtois, voilà un singulier original d'une nature particulière, et je t'aTOue, Blerzay^ que si tu ne me Tarais présenté tout-&-Fheure, j'aurais eu du plaisir à lui narrer son fait.

i— ïl se cabire un peu/ dît de Blerzay en souriant, mais c'est un excellent garçon, vôiis Terrez.

— C'est cela, tu en dis du bien à cause de

sa sœur.

. — Eqcore cette même folie.

— Du tout, tu es dans ton droit; la marcpiise vaut bien la peine que l'on prenne son frère par-dessus le marché* *

— Messieurs, je vous en prie, parlons d'autre ehQfte, du coup d'épée de ce pauvre diable de Volinsky, ou de celui que tu $is reçu Tan

-«Ni

' dernier, mon cher Courtois, pdur aroir été trop léger dans les coulisses de l'Opéra.

— Ma foi, j'aime mieux avoir reçu ce coup d'épée que d'avoir dit ce que ton Breton Tient de débiter en français.

Le comte de Blerzay sonna et dit au valet qui entra :

— Que l'on tienne prête, pour trois heures précises, une jument alezane ; Tom montera Déjanire.

La conversation ne tarda pas à devenir fort insignifiante. — Aussi nous nous gardons bien de la rapporter à nos lecteurs.

A trois heures, le comte de Blerzay alla au Sois; et, à quatre heures, il accompagnait la calèche de la marquise de Niévremont.

La marquise était pâle, triste et gouEfrante. plus pâte, plus triste et plus souffrante encore

4«B»s Ifi ^m!^ dç sftp iB^MJ;; — «a ganté«'al-r^ térait yisiblement, et sur ses joues qui sjç. cceussuent, apparaissaient des taches d'un rouge

ardent.

Étendue daii3 sa çalèçhj^ et çijiYQlappéç d^an$. un grand cachemire vert, elle était d'une beauté ^idorable ; aussi tous les yeux se portaient sur Me et sur le comte de Blerzay, qui caracolait bruyamnient à la portière de sa Toiture.

La paavre iiioe^ mîoéer pu le ip4 f^i^ «jt

\ impitoyable qU'fUe teo^t de; ^a. i\^;ii)Ç€{, jçg

prQÎç malgré çlle à une vague tristese, à yne

soufi&apce morale plus, qu'indéfinissal^le, se

laissait aller plutôt qu'elle ne sedonijiait à c^tte

vie du dehors qui l'entourait comme un songo,.

Elle acceptait les distractions, les plaisirs, les iètei, aana laschcorob^ff» niM If^fçimw^^re.

Sa vieâ elle, semblait appartenir à ud autre monde.

Oq eût dit, à la voir, qu'elle n'était sur la terre qu'une étrangère ; tout ce qui se passait autour d'elle la touchait à peine.

Aussi elle ne fit nulle attention à la cour em' pressée du comte ; n'y croyant pas, elle ne voulut pas ta prendre au sérieux; seulement parfois elle portait sur lui son regard étonné el lui souriait de ce sourire triste et brisé qui semblait ou l'écho ou le miroir de sa fatale existence.

Le jeune comte qui se croyait cependant, à bon droit, passé maître en cette matière, et qui avait la prétention de deviner le cœur d'une femme sur un mot ou sur un geste, ne savait que présumer sur sa position.

Depuis plus de deux mois il était très-assidu

auprès de la belle marquise, et cependant il n'avançait point d'un seul pas.

Son honneur était piqué, son amour-propw murmurait sourdement.

Tous ses amis le croyaient beaucoup plus heureux qu'il ne l'était j et si ce fait était une consolation, c'était, il faut l'arouer, une bien triste consolation.

Le soir du jour où nous l'avons vu au Bois, il alla à l'Opéra , certain d'y rencontrer madame de Nièrremont. — Elle y était en effet avec son frèr«i

Après le second acte de l'Opéra, le comte de Blerzay alla, lui rendre visite dans sa logé.

La marquise était plus belle qu'elle ne lui avait jamais paru.

Une branche de lilas blanc, gracieusement posée dans se« çh«v«ax, effleiurait légôremdnt

— 20i — son cou de l'extrémité de aes feuilles. — Sa robe était blanche. — On eût dit une TÎsion céleste.

Elle reçut foit gracieusement M. de Blerzay, qui tendit la main à Tristan.

— SaTez-vous, mon cher baron, lui dit-il, que vous avez produit un effet superbe, ce matin; je crois que chacun a été un peu meurtri du choc; nous aïions tous notre part.

— Que s'cst-il donc passé? dit la marquise.

— Oh ! rien, ma sœur, s'empressa de dire Tristan; — une conversation que nous avons eue chez M. de Blerzay ce matin, et qui n'aurait aucun intérêt pour toi.

— Avcz-vous remarqué la vicomtesse de Gaibois? interrompit presque aussitôt le comte, qui avait bien son inteotioQ en parlant ainsi; — elle est vraiment ravissante ce eoir.

— Dites donc qu'elle l'est toujours, reprit la marquise. — N'est-ce pas le chevalier de Perthuis qui cause avec elle en ce momeot ?

— Oui, madame la marquise.

Tristan ne répondit pas, mais -ses yeux se fixèrent sur la loge.

— Tristan, ajouta madame de Nièrremont, fais moi donc le plaisir d'aller dire à madame de Galbois que ]e resterai mardi soir chez moi et que je compte bien sur sa bonne visite. — Je crois, mon frère, que cette commission ne TOUS sera pas très-désagréable.

— khï vous voilà dépisté, mon cher baron, dit le comte en souriant. Vous êtes engagé d'honneur à soutenir la partie.

Tristan essaya de sourire, mais il ne le put pas, tant sa pensée cherchait à deviner les pa-

rôles que le chevalier de PertbuU disait à Toreille de madame de Galbois.

Il se leva et sortit de U log«.

— Que s'est-il donc passé che» vous ce matio, monsieur de Blerzay? reprit madame de Mèvremont aussitôt que son frère fut parti, et quelle est cette couYersation ?

— Oh! rien... répondit le comte.

— Mon frère n'est pas encore habitué à votre langage^ et parfois ses paroles peuvent ne pas bien exprimer sa pensée.

— Ne craigaei rien, madame la marquise, H. de Kervelane est un digne et noble cœur; je lui porte une sincère amitié, et tenez-vous pour assurée qu'en aucune occasion et d'aucune façon cette amitié ne lui fera jamais faute.

— tlercîl dit AUee en sexetoufoaot légire-

ment pdtir jomdré un signe de tête bienveillant au mot qu'elle venait de prononcer. '

Apres cfes paroles, il y eut un instant de si-

lence.

''^ 19. de Blérzajr était assis derrière madame dei^ièvi'embnt; irsè rapprocha un peu et dit

démi-Yoïx :

' -^ Je soupçonne fort M^ de Kervelane d'être

très-aihoureut de la Ticomtésse de Galbois.

■ ■ • ''Il

'—-Et moi àussi/dit là jeune femme en sou-

riant.

^ Son hutnëur' est enti^ement changée ; il

est triste, préoccupé, sombre. — L'amour que

ron'rêssént' est souvent une chose cruelle ; —

aimer de toute la' puissance de son cœur et ne

pas oser le dire ! — Chercher daiis un regard

presque toujours indifférent sa joie ou son malheur ; avoir toute s^ vie attachée à une pensée,

ROBU I» ' 16

et craindre de 1% voir devinée par U f^iOf qui l'inspire !

— J'espère, monsieur de Blerî,ay, qy^ ignon &ère n'en est pas arrÎTé à ce point.

— Et si cela était, madame^ — si cet aqiour qu'il cherche à ae cacher à lui-même rem^lj,»sait toute sa vie et débordait dans son çœiii^ û un jour les forces Tenftient à lui manquer, et que tremblant, épuisé, sans ossr lever les yeux, il osât prononcer ces mot» : — /'f vous aime.

Alice avait compris l'intention du comte de Blerzay ; unç rouç^ur subite avait pas«é sur son front.

— Alors, monsieur, reprit-elle d'une voix pleine de dignité et de calme, je dirais à moq frère: — si la femme que tu aimes n'est pas libre, si sans devenir coupable elle ne peut entendre de semblables paroles, ne les prononce

riMMà^ .]«MB4n ]li!rtea liluMe i^Mtiiéè tKe^(^. jn£ne«t de4pi$« tei'ainei%(Mliaibklmettt,^e i^'jiffweifi JKoùsi n^ttendt 'ptà ^iXk té dî«e éOfi-tUme de |m plot f^tairattti â «es f&ik, et

4pun«diMw qirïl «st étm b )(f« d'wi« ifeiï^e, ■mftéi inm ^ diM k yie 4^û tiottittej des 4eToi<« «Mréi et iiiTiolablei^ ;

— Vous seriez bien crueIle,totàdâme, dit le comte; crojeï-ypys doflç ^ue d»iw 1* ûe on soit toujours libre de ses volontés OH de son 4rae ?

— On est toujours libre de vivre ou de mourîr, dît tristement Alice comme se répoa<)ant à elle-même.

Et puis tout-à-coup elle eut peur d'avoir parlé âirisî ; car toute sa vie était résumée dans ce peu Ae mots.

EHe ajouta, en essayant de donner un ton énjotté à ses ftttoleâ f

— SIO — -+r On' crûit aimer bien plus souvent que l'on . aime , et c'eal là un bonheur pour tous. — Dieu permettra que mon frère ne soit pas aussi malheureux que vous le crojez. — SI cela était» je compterais sur volis,' monBleùr de Blerzayet sur cette bonûe etsincère amitié que vous lui portez pour chasser de sa pensée une semblable folie. .v-;.^- -.ul--

— Je ferai tout mon possible, dit le comte ; mais, sans doute, )e n'y réussirai pas.

— Je suis sûre, au contraire, que vous réussirez complètement, dit la marquise en regardant le comte.

H. de Blerzay, évidemment, était battit ; mais il espérait bien recommencer la lutte à,la prochaine occasic^D, ,.,,,,:,.:

— Elle m'a parfaitemeot compris, se dît-il

en lui-même; — c'est toujours cela de ga-

La toile venait de se lever; il salua madame de Nièvremont et quitta la loge.

Pendant la fin de ropéra, Tristan de Kerve*

lane fut inquiet, préoccupé ; — rarement ses yeux quittaient la loge de la TÎcomtesse de

Galbois.

Alice de son côté, n'était ni plus calme, ni

pîus tranquille, — les paroles du comte de

Btérzay Tayaient subitemeùt arrachée de la so«

litude morale dans laquelle elle vivait; ces mots d'amoui 'prononcés à son oreille avaient fait vibrer des cordes douloureuses jusqu'au fond de son cœur, et agité de tristes souvenirs qu'elle s'efforçait d'étouffer et d'éteindre.

Il ne savait pas, le comte de Blerzay, combien ce cœur auquel il s'adressait, lui si léger, •i frivolei était déjà hthé pu une profonds douleur.

Tout le pané de la vie Tenait en foule aitiéger la pauvre )eune femme, sa jeunesse arec ses rêves dorés, ses espérances, ses joies, ses serments et ses amours. — EÛe ne ût donc pas attention à la sombre tacîturnité de son frère; tous deux veillaient intérieurement dans le sanctuaire de leurs pensées.

Quand l'opéra fut achevé, à peine si l'un ou l'autre eût pu se rappeler une seule note de la .

-oi; i;l ob '.■.■..l-jiy.-.itvitnjlu:.:- ^■. -in..: l v ;' . ■

musique qui avait été exécutée devant eux.

Madame de Nièvremont prit I^ bras de son frère et descendit lentement l'escalier.

Êtk Sitténafifift sâ'Viififure, elle s'appûyà côàtrè^tibé toixinUe; ^élle était 'épuisée pair ses ébu^ rtnir0; sa iiaftutesffréle lie s'iét^itpas impunè- ' mëût heortée^à ^c^ choc^du piissé t ^ ibn cœiiY ' étikit Eusii pâle que sôû irisAgéi '^ toute ion Ame était meurtrie et décbiifée;^ ' '■ ' "' '

Bientôt parut U vicomtesse de Galbais. . , .

^.Tr|8tMi laifi^4 xe^ofn^ie^.Je hra«,de. w fflBur. , comme s'il eût voulu aller au-devant de la vi^u

comtesse ; mais cependant il resta immobile à

la même place.

Contre son ordinaire, madame de Galbois .

était très-pâle .; — le sourire perpétuel qui, par habitude, ne quittait jamais ses lèvres, avajt

fait place a one contraction nerreose qui les faiisait 'tre'ssiaLÎllir aux extrémités.

Le Ticomte de Galbols «tait aussi hjaa |Aas encore, coiitre son ordu)a|re« ua Tjsage boiAleYçné et inquiet; il nurdiait à ^IH^ 4e sa femme sa os lui donner le bnts; et «enjeux sçmi)laJieQt à tout instant tourner ^autQiu d'elle comme deux espiem.

Il fitsîgae'à son valet de pied» qui attendait êéd Wdic^s^'et*'M>nt!nMïa'»tin Id^itfgMtfb îaquiète^

La vicomtesse en apercevant madame de Nièvremont voulut essayer de prendre un air indifférent en contraste' avec nmmobilîté soupçônûèùie de sén taari et son agitatidn à elleittAm».

ÉfîdéîHmeirt éeptiià que M. de Rerrélane aTaît quitté la loge, il s'était passé' 4^^1t[ùt clia*6 4uèdéVaK-«uiVré une séfiiie *éririBte'i)édti être. — Il n'y a rien de tels que les gens ayeci^ gles, lorsqu'une fois ils se mettent à y voir clair.

Tristan remarqua avec une grande dilatation de cœur que le chevalier Perthuis n'était plus auprès de madame de Galbois. — Il s'abandonnait tout entier à l'empire de ces impressions , lorsque tout-à-coup la main de la vicomtesse toucha la sienne, et il sentit un papier glisser entre ses doigts ; — puis au moment où M. de Galbois tournait la tète pour répondre au signe de son valet de pied qui annonçait que la voiture était avancée, la vicomtesse lui jeta vivement ces paroles i 1' ceillal

— Sur votre honaeuri moasiem, brûlez ce papier 9AD8.)e lire. : , , ,,

Ef^ia elle dispajcut enl^atoée p^r Mj.de Çal- •>oi»* ■ ■.. ■..:■.;■)■ . ; .- -1 ;

iBCORDB WâWmL

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DOdOR HERIUl.

étranges, '^ çf tte S^ipm^ 4i*P«r«?Ç \ tw ?q9 Ç»HÇ battait Tiolemment, son sang bouillait | 9^9^ QA f»û^ 4lt ««e mtU« t^q^ U 4^i1; ifgi»^j)e,

les jtux fixés sur la porte par laquelle était sortie la TÎcomtesse de Galbois.

La marquise de NièTremont fut forcée d'aller i lui et de lui prendre le bras en lui disant :

— Eh bien ! mon frère , â quoi penses-tu donc ainsi? la Toiture nous attend.

Tristan tourna la tête et marcha machinalement à cMé de sa sœur. — Il tenait toujours le billet étroitement serré dans sa main.

ReÉtré chez lui, il s'enferma dans sa chambre.

Une' tétopëte furieuse bondissait' dans son cœur; — toute sa nature prinflitive, bouillante, énei^ique, san* fl^in , se réveillât^ en lui. Son premier mouVement avait été ëbahissement et stupeur.

' il n'osait s'interroger,' maintenant qu'il était

revenu à lui-même ; mais ce papier qu'il tenait

toujours lui brûlait les mains ; il le jeta sur une

table.

il..' ■■• '

Mille pensées se heurtaient dans sa tête, mille désirs confus, incohérents, assiégeaient son esprit.

Que peut contenir cette lettre ?.•. se dit-il en lui-même, quelque secret terrible... infâme peut-être ; — quelque secret d'amour qui l'eût perdue!... car j'aibien lu sur son visage la mor-

telle inquiétude qui pâlissait tous ses traits...

Cette agitation... ce trouble... et les regards dç ' son mari! Elle tremblait, — voilà pourquoi çUe est venue à moi!... Ce billet! j'y trouverais à nu toute l'âme de cette femme ; — perfidie !

honte ! — Elle... elle ! Ah! je veux le savoir!... je le saurai!

Il se précipita violemment su le papier plié,

le froissao't danis sa main ; mais il s'arrêta toutà-coup et le rejeta loin de lui comme s'il eût touché un tison ardent, et il répéta tout bas ces mots :

< Sur votre honneur! brûlez ce papier sans le » lire. •

— Ah! ma tête se perd!... je me fais honte àmoi-méme; on en appelleà mon honneur!.,, à ma loyauté!... et je tremble...

Mais dans quel monde sommes-nous donc?.. .

reprit-il avec une sorte de îureur ! ajuste ciel ! dans quel égout honteux de fange et d'impureté sommes-nous donc tombés, que la perversité et la corruption soient ainsi de toutes parts, que le cœur le plus noble, le plus leli-

gieusement conservé aux principes du bien, se sente flétrir à chaque pas! Voilà donc ta vie telle que l'a faile la wciété; — le vife se pare

Ààffc'liètit'y 'frM' ihà'ut 'el; h^JiiitUfeiie J)â6 hèàénéé U ckcliêf ^OiirTîVre. '— Efvoud toûlez

rfèifVé 'fabb'lê ^À' gtàlà-rfe'âTi' mîfièiidé tatït'dë Boittèéét'défiiiîèêrés!'^ A cbaqtte Jîaé qiieroti' fàîf dàÉiâ cfette ÎBdfcîëUj où descëfad 'tJlrfil bai' idtià'la tié;'— CorrUptfon ! --Q ueie naWë îsahg* clè liion péfe vîetirie me i)lrol^gér et tde déifeiiw

Éii' partant àrn^i; la' HàthW 'Six -geiitillibnimfe s*éhit or gueîfleaâettétit i'èdteiséè, ei sa '^figure avait une é<V-êssibri ^khdéët b«ne;»-^8ê»

longs cheveux noirs étaièfnt'féjëtéS'eti arrî^re^ Sëà^fllk BtîiilS^'ycîÀtlllalenl ëaïià 'lëùf^ôrbie, et âtes'HâHn^à, gonffëei et ^étriisSante^, sfettiblaient jeter au dehors tout le feu de sW eti^ trailles. •^•'•' -'"•'•^ 'f'" ^ ^- •• ^^^ • ^ •-'" î

Il resta un pKMnent silenciieuxi — rpnisil ^approcl^a i]9 Ja table, et regardant, le papier.:,

•<—.£% Im* «lie!... que j'aifDi^u dç ^out^sks ^ces de mon âipe,,pieu^eme:pt^ en.s^leDce.

— Elle» dont j'avais fait l'idole etr«nge,,dQ ma pensée; amour que i'auraia- cru profaner par une parole, par un regard j car je la^especfaisj car Dieu et mon père m'avaient toBJours dit qu'il ne faut pas tendre la main à une femme pour la faire tomber dans un abîme. — Ah !

cette lettre 1... cette lettre I c'est un démon 1

•—Tous T0U8 êtes fiée à mon honneur , madaipe, et tous avei bien fait: — Ce papier est brûlé... je ne sais rien.

Et Tristan de Kervelane tomba sur un fauteuil, épuisé de cette lutte cruelle avec luim£me.

Pour lui la nuit fut sans sommeil.

Le lendemain matin , quand il s'informa des nouvelles de sa sœur, on lui apprit que madame de Nièyremont avait passé une très-mauvaise nuit, et que sa femme^de chambre avait veillé jusqu'au jour près de son lit.

Lorsque Tristan entra chez elle» il fut frappé

— 2^8 de l'altération de ses traits et de rabattement excessif répandu sur toute sa personne.

— Mon Dieu! ma sœur, lui dit-il, te seraitil arrivé quelque chose?

— Non , mon frère , répondit Alice avec calme ; cette nuit seulement j'aï plus souffert que les autres nuits, j'ai été inquiète, agitée ; — demain sans doute , aujourd'hui même , peut-être, je serai mieux.

— Laisse-moi, je t'en prie , ma sœur, faire ■venir le médecin dont plusieurs personnes t'ont déjà parlé avec tant d'éloges.

— Pourquoi ne pas avoir confiance dans le docteur qui me donne ses soins depuis plus d'un an?

— Certainement je ne doute pas de son expérience, de son habileté ; mais on cite des cures si prodigieuses de ce jeune médecin, que

je voudrais avoir son avis. — Tu connais madame de Belfort, elle était comme toi, pâle, abattue, sans force, dans un état de langueur presque continuel; eh bien! depuis qu'elle a

appelé le docteur Hermann, sa santé a fait des

progrès inouïs' et elle est presque entièrement

rétablie.

— Alors, dit Alice avec insouciance, en laissant retomber sa tête sur son oreiller, je veux bien le voir; puisque tu y tiens tant,

Alice avait fermé les yeux ; — ce n'était plus un sommeil; c'était de Fépuisement.

Tristan se leva sur la pointe du pied , alla à la table à écrire et écrivit une lettre ; puis il sortit tout doucement delà chambre, et dit au premier domestique qu'il rencontra :

— Portez tout de suite cette lette au docteur Hermann.

Trois ou quatre heures après, on annonça le docteur Hermann.

C'était UD jeune homme de trente ans, en- TÏron; — seschcTeux châtains, coupés courts, étaient à plat le long de ses tempes, sa figure arait une expression calme et rcÛéchie qui convenait parfaitement à sa profession ; ses yeux se cachaient souvent sous ses épais sourcils, et leur rayon était plutôt triste que doux; son front large était dégarni dans certaines parties ; — on voyait, enfin, que hien des nuits sans sommeil, nuits d'études profondes et de veilles opiniâtres l'avaient vieilli avant 1 "âge.

Le baron de Kervelane alla au devant de lui.

— Je vous ai prié de bien vouloir passer ici, docteur, pour vous consulter sur la santé de ma sœur dont l'état maladif presque continuel

m'inquiète et me tourmente. J*ai tout lieu de craindre, monsieur, que ma pauvre sœur ne soit attaquée de la poitrine, et la juste réputation que TOUS avez acquise en traitant ces maladies, me fait beaucoup espérer en vous.

Quelques minutes après, la femme de chambre vint prévenir que le doctenr pouvait entrer chez la marquise de Nièvremont.

Alice était étendue sur une chaise longue; quand le médecin entra, elle tourna légèrement la tête — et une exclamation inachevée vint mourir dans sa poitrine; une rougeur subite passa sur ses traits que la maladie avait pâlis. • .

Toute cette nature si abattue, si épuisée se

releva comme frappée par une commotion électrique, et ses grands yeux ouverts qu*entou«

rait un cercle de bistre se axèrent sur la pei- Boaoe ([ui Tenait d'entrer.

Le docteur Herm^o, — c'était Henri de Rejnalds,

La physionomie du jeune homme ne laissa rien paraître; seulement, il serra violemment ses deux bras contre sa poitrine, comme sll eût Voulu comprimer son coeur, et par un mouvement subit, irrésistible peut-être , U s'arançà 5ere Alice et lui serra la maint . Ce n'était pas l'amant qui pressait la main 4*uae femme bien aimée dont tioii aos de -douleurs et de larmes TaTaient séparé ; — c'était le médecin interro^ant la malade.

Sa destinée à lui n'était plus d'aimer Alice, mais bien de la sauver.

En sentant sous ses doigts la pulsation agitée et ûérrease de la jeune femme, son front ee

^li^^a, et. son cœur se ^^rra douloureusement. — Oh! dit-il en lui-même avec une profonde douleur , pourquoi m'a-t-on appelé si tard? ' ■ '

Tristan, pensant que le docteur pouvait désirer être setil avec sa sœur, se retira discrète-

taent.

Tous deux restèrent seuls, — Alice et Henri — en face l'un de l'autre, n'osant parler, — n'ô- :Sant se regarder, — écoutant tous deux çn silence les plaintes douloureuses de ces deux 4me$ décjiîrées, .

— ^ Enfin, madame ! dit Henri d'une voix désolée, chef chant à reprendre un peu de force

sur lui-niême; h volonté de Dieu m'envoie

donc vers vous?

ÂUce n'avait pas fait un mouvement ; tQUt-à*

coup» elle se prit la tête dans ses mains*

— Oh ! mon Dieu ! dit-elle, oh ! mon Dieu!...

— Ma présence vous effraie, reprit Henri doucement ; elle tous fait souiErir. — De grâce ne m'ôtez pas le seul bonheur qui soit restée ma vie; celui de chasser loin de tous^ si Dieu le permet, ce mat horrible qui tue votre santé et flétrit votre jeunesse.

Puis après, madame, quand je vous aurai rendue ce que vous dcvei être, jeune et pleine de vie, — quand j'aurai donné à ce pauvre visage flétri les couleurs, à vous, si épuisée, si abbattue aujourd'hui, la force et l'éDergie... lorsque enfin, madame, ma présence ne pourri plus TOUS être utile en rien, lorsque je vous aurai sauvée, — alors je m'éloignerai... et vous ne me verrez plus.

La jeune femme secoua tmtemeDt la téte^ et p<^tant le« deux mains à sa poitrine :

-^ Je vais rejoindre bientôt ma mère et ma

sœur, dit-elle^ xxe me plaignez pas. -

— Oh! je vous sauverai I... je vous sauverai! s'écria Henji en joignant les deux mains. — Je le sens, je le deyine, — oui, je vous sauverai ! — Oui, je vous arracherai à ce mal qui vous minent vous dévore, à ce mal, terrible fléau de votre famille, car pour cela seulement je n'ai pas succombé au désespoir et au malheur ; pour cela, depuis trois ans, j'ai donné à cet art que j'exerce tontes les heures de mes jours et de mes nuits. ••

C'est pour vous... pour vous seule que j'ai interrogé la science dans tous ses replis... pour vous sauver !••• Oh! sans cette pensée, madame, croyez-vous donc que je vivrais à cette heure ?

j- tdiis éiièk % dfeVàAt to(tî',"àV èd iàt^ pàutre visage si pâilé, sf 'flétri, éur lequ'él' j*avais deriné tsiht d^e toûfftaùée et tant lie tnàlàdie... Dieu m*a tômpris l Ôîeci* tai^à Secouru Ifl est Venu à mon aîdè, il tn^a montré dii doigt des

fiéePets teràbléé (juèrttil tiè sàTalt,''^ûe hîil nV

fait périétrés peut-être, mafe que molti 'amôtir;

ttori dédespoîr deVirièiîent.

Oh! depuis èombîdn de temps j*âttei!ids, de-

pul9 cotribien^dé temps j'espère 'ce- jiW, joù une

toîx dirait au' doc<èui^ Héi^mânii : '^ Vëiiez

près d^elIe.

• Pendflttt que lé jeune médecîiri partait, Alice d'abord abattue, la tête inclinée, 'aràît idévé son front;' ^ léô paroles 'd'fl^nri'eiittàîeiit dans wn âmej comme ub'trcîslot 'dfe doiileui' cl de joie tout à là foid ^tëllt d'àrnôur silencieuse té^ ilgflé^ tant de-déToUemént, Û'abilégiitiori ,

— Îà7 qûasil fl devait Ficcuser de rayoir oublié, d*a-

Toit maâqué à ses serments, â la toi jurée.

Jamais son 4me n*a?ait ressenti ce qu'elle

ressentait alors ; elle se releraît noble et âèrè

dans son épuisement, iioble et Àére aussi, elle , de son dévouement , de son abnégatîon.

— Oh!... — dit-élle d'une voix calme et sublime ; — moi! j*aî bien souffert ailssî î

Elle s'arrêta un instant, puis reprit, arrêtant sur le jeune homme son regard calme et

pur :

— Vous êtes un noble cœur, monsieur de Baynalds ; vous avez une âme belle et généreuse , car vous avez beaucoup souffert par moi, pour moi ; et pas un mot de reproche n W sorti de votre bouche pour m^acdusèr, pas un murmure, pas une plainte; -^ éepefidadt...

— Oh ! silence, madame ! pas un mot sur ce passé si sombre et si triste! Non, je le jure par le ciel, jamais je ne vous ai accusée, et toujours, du fond du coeur, je me suis dit : — C'est Dieu qui l'a voulu, et non pas elle !

— Merci... merci... Henri, dit Alice en se levant, emportée par un mouvement irrésistible, merci de ne m'avoir pas condamnée dans votre cceur; — l'honneur de mon père... ses cheveux blancs... sa vie, peut-être!. . si vous saviez !

— Je ne sais rien, je ne veux rien savoir; — ' ce que Dieu m'a dit, ce que mon âme m'a révélé ; c'est que tous deux, madame, nous avons horriblement souffert.

Oh! pardon, je voulais être calme, courageux ; je m'étais dit que devant vous, belle et noble créature , pas un mot de tout cela ne sor-

tirait de ma bouche^ je m^étais dit qu'Henri df Baynalda s*effacenit tout entier devant le doe»

tear Hermaûn ; mais la nature fait parfois un enfant de l'homme le plus fort.

11 y a trois ans^ madame, j^étais à Paris.

-«" Oh ! que de bonheur alors il y avait dans mon âme ! que d'espérance dans ma rie I — J'avais emporté d'ineffables félicités dans un seul mot ; j'avais des rêves de gloire, d'ambition , d'avenir, pour vous seule, qui deries m'appartenir et dont j'eusse voulu feire la reine du monde entier. — - Lorsqu'un jour j'entends àîre devant moi ; — oh ! ce fut ^affireuit, madame, •^ et meé forcés se brisent en y songieant-— J'entends dire que mademoiselle Alice de K^i^ yelane, épouse le marquis de Nièvremont».* - Ge qui se passa en moi je Aë puis pas vtiua le dl^e..^ je ne le Murai jamais ! Mais une heurs

L iS

après, j'étais sur la route à pied, marchant devant moi, la tête perdue, le cœur brisé. — Comment j'arrivai? Je n'en sais rien non plus ; maii je m'arrêtai tout-à-coup, pâle, haletant devant la grille du château des Herbiers; — c'était un jour de fête ; il y avait du bruit, de la foule, des cris de joie, des danses autour de moi.

J'entrai facilement dans la cour sans qu'on me remarquât; — partout des cris d'allégresse, ' des chants ; dans mon cœur seul des cris de douleur.

— Pauvre Henri! dit tout bas Alice, en joignant ses deux mains.

— Jour affreux I jour terrible I enfin je tods vis passer ; — vous étiez appuyée sur le bras de votre père, et moi, moil... j'étais à deux pas de vous, retenant ma respiration, car je craignais qu'elle ne vint vous apprendre ma pré-

sence ; — vous aviez sur le front un couronne blanche, et votre visage était pâle comme celui d'une morte, vos yeux étaient baissés vers la terre; ainsi que moi, vqus marchiez peutêtre sans rien entendre, sans rien voir de ce qui se passait autour de vous. Il me semblait que vous vous traîniez sous une douleur profonde, et je me dis que j'étais injuste et ingrat de me plaindre et que vous deviez bien souffrir aussi. — Voilà tout ce que je sais, madame ; vous êtes rentrée au château... je suis parti.

Et deux larmes coulèrent lentement-le long des joues du jeune homme.

Alice semblait les suivre toutes deux avec les regards de son âme; elle murmura d^une voix désolée qui semblait puisée à tous ses souvenirs et à toutes ses douleurs passées :

— Vous étiei li... près de moi... dans ce châteaii... ce jour...

Elle n'osa achever, le mot fatal expira sur ses lèvres.

11 y eut un long ioterTalle de sileoce pendant lequel tous deux se recueillirent eo eux-mêmes.

— Que la volonté de Dieu soit faite! dît Alice; lui leul est le maître de nos destinées. -r— Tous deux nous avons souffert : quel est celui^ qui passe sur la terre saus avoir sa part de douleur? ■

— Maintenant, madame, dit Henri, je ne vous demande plus qu'unegràce; je la demande à genoux à Dieu et à vous : Itenri de Reyaaids n'est plus... vous n'avez devant vous que le docteur Hcrmann. — Vous souffrez, madame.

— Laissez-lui veiller chaque jour sur votre vie

et la Muver; laissez-lui vous consacreir le £ruit de ses veilles, de ses études, de sa science;'— ' sa mission est de venir s'asseoir au chevet du lit des malades pour calmer leurs souffrances. Vous Tarea appelé,' le voilà devant vous.

Il était impossible qu'une secousse aussi terrible;, aussi inattendue,' n'amenât pas une crise. — Les forces factices que madame de Nièvremont Semblait avoir retrouvées, disparurent subitement. Le sang qui un instant avait coloré son visage, se retira, elle retomba sur sa chaise longue j sahs voix et sans mouvement.

Henri s'approcha d'elle, et il examina silen-* cieusement lestraits de la malade, ilétudia le mal sur ses joues creusées, sur ce teint plombé et livide ; il se pencha sur sa poitrine, pour écouter le passage interrompu de sa respiration.

ROBU L 19

Peu A peu wii^aroe A^ H\iynvi<M%tvnnt i

elle.

Benri interrogea uoe sçoonde fois lei puisa?

tioq^ ; lui fit d'itpe voix calme et trtiaquiUe 4ea questions indifipenaablea, et ^erivit UBC-ordani- □ance. Puis i] se leva*

— Adieu, madame h marquise, lui dit-tl en s'inclinaat devant elle, j'espère que cette potion vous calmera uo peu ; -^ j'aiuraî l'honneur , dévoua revoir-, demain.

La marquise fit un sigqe afi^matit

— Et tous les jqui^. ., q'ept-çe papî 4it Hend d'une voix qui trempait.

-^ OuU.... docteur, murmura Alîc« bien bas.

Le docteur Hermann s'incliqade nouveau et sortit.

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