LA FÊTE DE LA BASSE-MOITE
La Basse-Motte, licu de rendez-vous, est près de Châteauneuf, entre Dinan et Saint-Malo.
C'est là que, répondant à l'appel de leur vaillant chef, se sont réunis dans la journée du 28 juillet les braves soldats qui se signalèrent jadis dans les plaines
de Castelfidardo et de Mentana, et plus tard dans les champs couverts de neige, à Patay.
La réunion a été émouvante, car tous les cœurs battaient à l'unisson sous l'empire des mêmes glorieux souvenirs.
Dès le débr‘ de la journée une foule nombreuse se pressait dans le parc. Fidèles à la convocation, d'anciens zouaves pontificaux, Belges, Hollandais ou Canadiens, se groupaient autour de leurs camarades de France.
Devant le château se dressait un autel décoré à la romaine.
Les invités au nombre de huit cents, se sont massés sur la pelouse, et à dix heures et demie, Mgr Sacré, premier aumônier des zouaves pontificaux, a célébré la messe,
Un empéchement avait retenu le Nonce apostolique qui devait présider la solennité. Des chœurs ont été chantés pendant la durée du saint sacrifice, et la bénédiction papale, arrivée par dépêche, à été donnée à toute l'assemblée, tandis que l'orgue attaquait la cantate du pape.
Pendant la messe, . Cazenove de Pradine tenait devant l'autel, à droite, la bannière Saint-Martir . ‘ M. d’Albiousse élevait à gauche le drapeau pontifical.
Vers midi, l’assiskuce s’est rendue sous l'immense tente où le déjeuner était servi. Des guirlandes de lierre, des oriflammes blanc et jaune, des écussons portant ies noms des batailles auxquelles les zouaves pontificaux ont pris part, formaient la décoration de la salle à manger improvisée.
Trois cents tables s’alignaient autour de la table d'honneur, au-dessus de laquelle se trouvait le portrait de Léon XII et où le général de Charette avait pris place en compagnie de quarante personnes.
A la fin du repas le général à prononcé un discours si entraînant, si ému, et réveillant des souvenirs encore si vivants et si nobles, qu'un indescriptible enthousiasme s’est emparé des assistants.
Mgr Sacré et le colonel des zouaves, M. d’Albiousse, ont parlé ensuite à leur tour.
A deux heures on s’est séparé avec le chant de l'hymne du régiment, sous l'impression de cette imposante et touchante cérémonie qui laissera dans le cœur de ceux qui y assistaient un ineffaçable et grand souvenir.
Les intéressants dessins de M. Le Haënen reproduisent d’après nature les principaux épisodes de cette imposante réunion qui célébrait comme il convient les noces d'argent du régiment des zouaves pontificaux.
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