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— 48 — précédaient x civilisation et marquaient d'avance la route qu'elle devait suivre de leurs corps martyrisés, divins jalons, etla politique coloniale de Ferry qui consiste à faire tuer des Français par milliers, à sacrifier des vaisseaux, à mitrailler des jeunes jaunes ou noirs, à dépenser des millions, el aboutit en tout et pour tout à faire vendre quelques bouteilles d'absinthe et de vermout, à ruiner quelques actionnaires imbéciles, et à enrichir quelques aigrelins bien informés,
Ah, la belle journée! J'en ai la tête encore pleine et j'espère bien que son souvenir ne s'évaporera pas rapidement, mais qu'il laissera dans ma cervelle son parfum comme ces liqueurs dont une goutte oubliée suflit à cmbaumer pour toujours le flacon qui les à renfermées. Comme nous avons vécu par le cœur pendant ces quelques heures ! Toutes ces àmes ardentes et généreuses, en s'unissant, formaient un foyer d'une telle puissance qu'il suflisait à dévorer les doutes, les découragements, les défaillances, les dégoûts, les amertumes.
Qui n'a pas vu ces hommes vigoureux, vais, bons, à solide carrure, groupés avec leurs femmes et leurs enfants au pied d’un autel rustique, sous l'abri des grands arbres peuplés d'oiseaux qui répondaient par leurs jacassements aux appels de la cloche et aux chants de Lx maitrise, qui n'a pas vu les deux drapeaux des zouaves, le fanion blanc et jaune du pape porté par un vétéran, le colonel d’Albiousse, qui à su se battre comme un lion et qui sait parler comme un troubadour du moyen âge, et le drapeau du Sacré-Cœur, le drapeau de Patay, encore maculé de la bouc des champs de bataille et du sang des braves qui se le transmettaient comme un signe d'honneur ct de mort, porté par un survivant mulilé, Cazenove de Pradine, qui n’a pas vu cela n'a rien vu.
Les deux drapeaux étaient devant l'autel comme deux sentinelles, et lorsqu'à la voix du prêtre Dieu est descendu dans l'hostie, ils se sont inelinés, balayant l'herbe fraiche de leurs plis héroïques. À ce moment, Charette, qui écoutait la messe en égrenant son chapelet, à fondu en larmes, et du sein de la foule prosternée s'est élevé aussitôt le bruissement des sanglots.
A côté de Cazenove de Pradine, son neveu, le jeune de Bouillé, était debout sous le drapeau, le grand-père et le père de cet enfant se sont passé l'étendard sacré le 2 décembre 1870 et sont morts frappés sous lui. IL était là le petit rejeton de cetle race vaillante, et les frères d'armes des deux morts, voyant combien il leur ressemble, les croyaient contempler, l'aïeul à cheveux gris et le jeune père à cheveux blonds, ressuscités en lui.
Après la messe, debout au bas des degrés de l'autel, il a pris le drapeau et il donnait à baiser à tous la soie éclaboussée du sang de ses aïeux, et dans ce pieux défilé devant le drapeau rougi se montraient des pères, des mères dont les enfants sont enterrés là-bas, à Loigny, et qui croyaient embrasser une àme chérie en collant leurs lèvres sur la bannière qui avait vu l'agonie de l'enfant pleuré.
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