‹ Noces d'argent du régiment des Zouaves pontificaux, 1860-1885 [microforme]Chapitre 21 sur 84 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

Foulant à chaque pas quelque gloire romaine ?

Ou bien la fusillade emplissant le ravin,

Et la chemise rouge aux verts taillis méléce ?

La guitare chantant à la nuit étoilée ?

Nos ‘clairons éveillant l'écho de l'Apennin ?

L'orvieto parfumé sous la fraiche tonnelle ?

Dans quelque vieux village où nous passions poudreux , Le regard attendri d'une noire prunelle ?

Le feu de la grand'garde et ses propos joyeux ?

Ou comme les Césars, dans la Ville éternelle, Après trente combats, nos bataillons vainqueurs Entrant sous les vivats et les arceaux de fleurs? Non! ce que vous cherchez, ce sont de pâles ombres, Qui voltigent là-bas dans un rayon divin,

Sur des coteaux dorés ou sur des plaines sombres... C'est de nos morts chéris le cortège serein,

Dont les noms ne sont pas seulement sur l'uirain, Mais dans les cœurs épris de ki chevalerie

Objet à tout jamais de tendresse et d'envie... Héliand et Bouillé, Quélen et Dufournel, Parceveaux, Gastebois et notre grand Troussures, Tous enfin, qui tombaient troués de vingt blessures, La lèvre souriante et les yeux vers le ciel!...

Ah! ce n'est pas sur eux que nous versons des larmes, Non, non, le seul regret qui de ce jour si beau Altère la splendeur, ce sont nos bras sans armes; C'est le saint vieillard blanc et le sacré tombeau Prisonniers tous les deux, et Rome profanée,

Et notre affection vers elle en vain tournée !

Mais quels revers pourraient abattre notre foi?

Et que ce soit Hérode ou Judas qu'il imite, Qu'est-ce done qu'un geôlier contre le pape roi? Laissez, laissez les flots de la haine hypocrite

Jeter leur folle écume au pied du Vatican,

Comme aux rocs de granit se brise l'Océan,

Et simplement, amis, regardez en arrière,

Vers les âges lointains... Que de fois l'ouragan

A semblé l'engloutir, cette barque de Pierre,

Qui porte dans ses flancs les destins de la terre ?

Et combien de vainqueurs et d'insolents larrons

Au bord du Tibre ont fait sonner leurs éperons, Qu'ensuite a balayés la justice éternelle !

Peuples ou rois, Dieu fait même cas des tyrans. Amis, quand sonnera l'heure de sa querelle, Debout ! 11 fera beau nous voir les vétérans !

Et si le temps alors a fauché dans nos rangs, Assez d'autres viendront pour que l'œuvre s'achève, Cest un arbre immortel que nous avons planté,

Et des rameaux sans fin, de sa féconde sève, Verdiront pour l'Église et pour la royauté !

Capitaine comte JacQuEMoNT.

AU GÉNÉRAL DE CHARETTE, A SON EXCELLENTE FAMILLE, ‘ A Nos AMIS !...

Remerciements d'un vieux zouave pontifical et souvenir impérissable du 28 juillet 188:

Merci, mon général! — Votre accueil sympathique Sera toujours gravé dans le fond de nos cœurs. Votre réception vraiment patriotique

Va nous faire oublier de bien sombres douleurs.

était grand, c'était beau! — Vous êtes encor l'homme Jeune, robuste, ficr, énergique, brillant ;

EL nous restons partout vos zouaves en somme, Heureux d’avoir pour chef un chrétien, un vaillant,

Merci, madame! On sait que vous êtes aimable, Aussi je viens chanter votre hospitalité,

Car nous en rapportons un souvenir durable, Celui de votre accueil et de votre bonté.

Mademoiselle de Charette Mérite un hommage vraiment Et j'offre les vœux du poète A la fille du régiment.

Fils du grand général, sois digne de ton père Et soutiens comme lui l'étendard précieux, Blason du Sacré-Cœur, éclatante bannière, Drapeau de Léon-Treize, emblème glorieux.

Une prière à ceux qui sont morts! — Ces fidèles, Nos frères par le cœur et surtout par la foi,

S'il faut combattre encor, resteront nos modèles Quand nous voudrons venger la patrie et le roi.

si Mou général, nous, vos apôtres, Vos fils dévoués et soumis, Nous resterons les uns les autres Frères d'armes, toujours unis,

Et dans vingt-cinq ans, je l'espère, — Oh! vien ne sera plus charmant! — Nous trinquerons d'un cœur sincère

A vos noces de diamant,

Unes Lanpes pe Danorr,

Château de Lann-er-Groix, Caudan (Morbihan), le 1er août 1886,

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