DISCOURS DE M. BERGERON, M. P
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Le dernier toast que vous voyez sur le programme, est « La santé des dames’”” ‘‘ The last but not the least.”?
C'est le plus beau, à mon avis, et je vous remercie, M, !: Président, de m’avoir fait l'honneur de le proposer.
Il résume toutes les santés auxquelles nous avons bu. La première est à Sa Gracieuse Majesté ‘ La Reine.”
Je prétends que les Canadiennes sont toutes de charmantes reines qui régnent sur les cœurs et dans leurs ombreuses
familles avec autant de gloire, de respect et d'amour que notre illustre Souveraine,
Messieurs les organisateurs de la St-Jean-Baptiste, vous avez bien fait les choses et votre dévouement parle bien haut pour votre patriotisme, vous avez rempli les rues de notre grande ville, de vos chars allégoriques, de vos drapeaux et de vos bannières multicolores, mais la Canadienne, en vous admirant, en contemplant vos joyeux arcs de triomphe, votre procession magnifique, cette foule enthousiaste, en savourant les airs enchanteurs de vos splendides musiques, se disait à elle même, ‘Tout cela est dû à moi, et cette fête est la mienne ! ?’ Ah ! oui mesdames, cette fête, la St-Jean-Baptiste, la fête nationale qui unit tous les Canadiens et leur parle de patriotisme et d'amour de la patrie, cette fîte, c’est la vôtre !
On dit qu’un fils suit la religion de sa mère, je dirai qu’un homme est toujours de la patrie de sa mère. Nous avons puisé l’amour de notre pays dans le cœur de nos mères et c’est sur leurs genoux que sous avons appris à aimer la France ! C’est naturel ; la Canadienne possède les charmes et les vertus de la Française.
La France a eu Jeanne-d’Arc. Montrez-moi une autre héroïne dans aucune autre nation, vous ne le pouvez pas. Eh bien, j’en ai une, une Canadienne, Mlle de Verchères ! La Française envoyait ses fils à la frontière, au champ d’honneur, la Canadienne envoyait les siens à la défense de Rome. Vous voyez bien que c’est le même sang, la même énergie, le m me cœur et en plus une prodigieuse fécondité.
Compatriotes qui m’écoutez, remplissez donc vos verres et buvons à la Santé des Dames, que Dieu nous les conserve ce qu’elles ont toujours été et qu’elles soient encore et toujours la force de notre race, notre admiration et nos amours. ‘‘ A
la Santé des Dames et Vive la Canadienne ? ”