‹ Noces d'or de la Saint-Jean-Baptiste [microforme]Chapitre 84 sur 98 · DISCOURS DE M, LE CURE LABELLE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M, LE CURE LABELLE

JL. le Président, Messieurs,

Je ne pouvais refuser l'invitation qu’on m'a faite de parler de colonisation devant le Congrès —sujet qui me tient si fort au cœur, Je voudrais dire quelque chose de beau, de grand, de magnifique sur cette grave question à laquelle est attaché le salut de la nation, la sauvegarde de notre langue, nos lois et nos institutions, et voilà que je me présente devant vous sans aucune préparation, ayant pour excuse légitime, je pense, le #erdas spirituel de ma paroisse qu’il a fallu épousseter dans tous les coins et recoins, et cela, quinze jours durant.

Il ine faut faire preuve de bonne volonté jusqu'aux der-

nières limites, comptant, toutefois, sur votre indulgence que

. je sollicite d'avance, car je suis loin d’être un orateur, et je confesse que l’éloquence n'est pas mon fort.

Une excellente dame, avant la séance, m’a demandé de faire quelques compliments aux femmes, et cela avec un charme malin qui distingue ce que vous appelez dans le monde ‘‘ le beau sexe,’ mais comme mon état me refuse le droit d’être galant, je ne sais comment correspondre à son désir, qui ne me paraît pas cependant hors de place.

Si donc je voulais faire un compliment aux dames, je dirais, à l’imitation des anciens chevaliers, que la colonisation est le dame de ma pensée, La femme est un instrument puissant de colonisation ; elle en est, pour ainsi dire, la source et la base par le nombre d'enfants qu’elle donne à la patrie, Sous ce rapport, n'ai-je pas raison de dire que la femme mérite nos meilleurs compliments? Ce n’est pas la première fois que Dieu se sert de la femme pour accomplir ses merveilleux dessins sur la terre, Sans parler de celle qui nous donna le soleil de justice et de vérité, le Seigneur n'a-t-il pas, dans maintes circonstances, associé la femme à ses œuvres pour faire triompher sa volonté dans le monde? Quand Dieu voulut arracher son peuple de la servitude d'Egypte, que fit-il ? 11 fit de la femme juive une femme canadienne. Grâce à la bénédiction du ciel et à la co-opération de la femme juive, ses enfants se multiplièrent à un tel point que ni les travaux forcés, ni la persécution la plus barbare, ne purent anéantir la race d'Abraham. Elle semblait se raviver sous les coups de la plus impitoyable des tyrannies. Les Egyptiens furent tellement épouvantés de cette puissance de la femme juive qu'ils laissèrent partir en paix la nation d'Israël, et que, de désespoir, ils allèrent se noyer dans la mer Rouge. Dites donc, maintenant, que la femme n’est pas liée, d’une manière intime, à la colonisation, et qu’elle est digne de sa part d’éloges.

Il est de ia plus grande importance de coloniser le Nord qui possède un territoire immense, fertile, couvert de riches forêts, arrosé par une multitude de rivières, émaillé de beaux lacs, et offrant, à chaque instant, les sites les plus pittoresques et les spectacles les plus enchanteurs. Le climat y est magnifique comme dans la plaine. On se plaint, parfois, de nos hivers, et ne sait-on pas que la neige est un moyen de fécondité pour la terre, comme le grossissement des eaux du Nil

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