DISCOURS DE M. POIRIER
Voici en substance le discours prononcé par M. A. E. Poirier, avocat, de cette ville :
Messieurs, Ces harangues patriotiques, ces paroles chaleureuses que vous venez d'entendre me font regretter vivement de n'être pas plus digne d'être un des interprêtes de la joie publique en cette circonstance solennelle.
Après vous avoir vus exalter vous-mêmes votre patrie et ses glorieuses tiaditions par l'éclatante participation que vous • avez prise à cette fête, je sens que je chercherais en vain, même en voulant les dérober à nos poètes les mieux inspirés, des paroles capables d'exprimer les émotions qui agitent tous les cœurs. Au reste, que peut faire une voix de plus dans ce -concert d'acclamations des milliers de Canadiens qui se .pressent aujourd'hui autour de la patrie en liesse ?
Comment peindre ce patriotisme qui déborde de toutes parts, cette allégresse qui inonde toutes les âmes, cet attachement à la foi, aux affections et aux traditions de nos pères : .sentiments magnifiques que symbolisent vos arcs de verdure ♦et vos chars allégoriques, que redisent vos inscriptions aux
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caractères éclatants et les joyeuses symphonies de vos fanfares.
C'est un grand jour que nous célébrons. On peut même dire qu'on nous a conviés à une démonstration d'un éclat insurpassable. Acteurs ou témoins dans cette patriotique manifestation, nous devons l'expression de notre gratitude aux vaillants officiers de la St- Jean-Baptiste qui l'ont préparée aux prix des plus rudes travaux ; à son président qui a été l'âme de cette organisation j à l'épiscopat et au clergé, qui sont venus en relever la splendeur et en bénir d'avance les résultats. Nous vous devons aussi des remerciements à vous concitoyens des villes, des paroisses et des provinces voisines ; à vous surtout compatriotes de la grande république américaine qui êtes venus accentuer par votre présence la vivacité des joies de cette fête, de la concorde et de l'harmonie, qui fait tressaillir d'allégresse toute la famille canadienne-française.
Notre fête nationale est environnée cette fois d'une pompe inaccoutumée ; quelle est la raison de ce solennel et grand événement ?
Nous célébrons un anniversaire fameux. Un demi-siècle nous sépare de la première célébration de la société St-Jean- Baptiste. Qu'il y a loin de cette modeste fête des jardins de M. McDonald à la grande manifestation de ce jour à laquelle nous sommes tous heureux de concourir ?
Mais que nous devons être fiers de contempler le résultat de l'œuvre de cette pléiade de patriotes et de martyrs enfantés par les événements de 1837 ! Comme le grain de sénevé s'est développé ! Comme il a grandi l'arbre arrosé des sueurs des Duvernay, des Viger, des Morin, des Papineau et des Perrault ! Nous vivons aujourd'hui à l'ombre de ses rameaux tutélaires et nous avons la satisfaction de penser qu'il portera jus(|ir.uix enfants de nos enfants des fruits de bienfaisance, d( paix et (le prospérité.
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Je parle d'une époque mémorable de notre histoire. J'ai cité une période restée célèbre. Mais les triomphes constitulionnels et parlementaires qui devaient résulter de cette agitation n'étaient que la continuation d'une longue série de triomjjhes non moins importants pour notre race.
Quel peuple a eu plus que le nôtre des difficultés sérieuses à vaincre ? Quels débuts ont été entourés d'obstacles plus embarrassants ?
Les déchirements intérieurs, la cupidité des commerçants de fourrures, les attaques incessantes des sauvages, tout contribua à mettre en péril l'avenir de la colonie française jusqu'à ce qu'enfin elle tombât sous le joug des Anglais.
Nouvelles tribulations ! Nouveaux dangers ! Heureusement, la Providence qui veillait sur cette enfant de la France voulait la conserver pour remplir la mission glorieuse qu'elle lui destinait sur cette terre d'Amérique, suscita à tour de rôle les Champlain, les Laval, les Plessis, les Bédard, les Bourdage et les Papineau pour sauver la nation et lui permettre de garder sa foi, sa langue et ses institutions.
C'est à ces héros et à ces patriotes que nous devons d'être aujourd'hui probablement le peuple le plus libre et le plus véritablement indépendant du globe.
Quelle reconnaissance nous devons donc au président de la St-Jean-Baptiste, à tous ceux qui l'ont secondé dans la réalisation de cette patriotique idée d'élever un monument grandiose qui perpétuera la mémoire des bienfaits de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes !
Nous devons nous réjouir de cela en même temps, parce que l'ère des démonstrations stériles est passée. Plus de manifestations dont le seul résultat est de satisfaire la vanité de quelques uns et les goûts puériles d'un certain nombre d'autres : Nous voilà pratiques. Elevons un édifice qui nou^
l^ermeitra de fréquentes rencontres dont l'effet sera de cimen ter l'union entre nous et de nous aider à travailler à l'éducation des niasses et au développement intellectuel et moral de nos enfants.
Je ne dois pas terminer mon humble discours sans avoir une parole d'amitié pour nos frères d'origine irlandaise et d'origim anglaise avec lesquels nous tenons à vivre dans les liens de Is fraternité. On nous a appris à être loyaux, conciliants e( honorables. Continuons à l'être.
N'oublions jamais que les hommes qui ont forcé le bras d« l'Angleterre furent aussi ceux qui sauvèrent la colonie c-ana dienne des invasions américaines, de 1775 et de 1812. C( fut un Papineau qui arma les fils de la liberté en 1837, mai: ce fut un Papineau qui en 1775 porta avec M. Lamothe d'après le récit de notre historien M. David, les importante; dépêches grâces auxquelles le gouverneur Guy Carleton s( trouva aussitôt en position d'infliger à Montgomery une humi liante défaite.
Il n'y avait pas de chemin de fer de la Rive Nord à cetK époque, pas de Compagnie Richelieu, pas de M. Sénécal noi plus (n'est ce pas que je puis bien dire cela sans faire d'allu sion politique?) (A'/r«.) Ce fut donc un voyage des plu périlleux et des plus rudes que celui de nos illustres compa triotes et ce fut en même temps un grand exemple de cett( loyauté dont nous n'avons jamais cessé de faire preuve.
Des orateurs brillants, les meilleurs tribuns de notre mondi politique, m'environnent. Vous brûlez sans doute de le entendre. J'ai fini ma tâche; j'ai évoqué aussi rapidement qui possible les souvenirs et les gloires du passé. Tournon niaintenant nos regards vers l'avenir, cet avenir que nou pouvons envisager avec confiance, cet avenir que nous pou von-. iu)u^ préparer joyeux et prospère si nous voulons conti
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nuer à agir comme en ce jour d'après les dictées de la raison -et du patriotisme.
Travaillons courageusement à peupler nos terres, à coloniser nos fertiles vallées et à instruire notre population. La postérité sera fière de nous; nous resterons dignes de nos pères et comme eux bons Canadiens et bons chrétiens.
Pendant que ces orateurs taisaient entendre leur voix éloquente, l'on venait à tour de rôle frapper la pierre angulaire et déposer son offrande pour aider à la construction de l'édifice. La cérémonie a été très imposante et la foule était remplie d'enthousiasme.
La construction de ce monument national sera commencée dés que des fonds suffisants le permetti-ont, ce qui veut dire bientôt, il faut l'espérer. Déjà un concours est ouvert à tous les architectes qui sont invités à préparer des plans, et tout indique que les choses iront rondement. Un plan préliminaire a déjà été préparé par M. J. B. Resther, architecte, et son fils M. Aurèle Resther. Ce plan n'est qu'une ébauche, mais comme il peut donner une idée de ce que sera notre salle nationale, nous en donnerons quelques détails.
Ce plan, qui fait grand honneur aux MM. Résilier, mais qui n'ajoute rien à !eu réputation si bien connue d'habileté est d'après le style Renaissance. '
L'édifice mesurerait 88 pieds de front sur la rue Gosford -et 60 pieds de hauteur ou 130 pieds avec la tour. Il serait en pierre de taille rustique.
Au haut du carré se trpuve une statue de Saint- Jean-Baotiste à droite de celle-ci celle de Maisonneuve, et à gauche* celle •'•de Duvernay.
^'- Au dessus de la statue de Saint-Jean-Baptiste est un groupe "appelant le peuple avec des trompettes, et au-dessous l'ins- ^^iption: *' Rallions-nous."
< Monument National, et au niineu
frise, les chiffres: " '«3*- 5°™'' if ',„e antre inscription
A„ dessus de Ventrée P"-^ ;.."^l\:,,on, dominant
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îi „. de chaussée serait «-P^P^^j'^ „,,!„. de salle deux étages supérieurs, sur la rue Gosford, serv
de concert. ^ j„ ivdifice sur la rue Craig, au premier,
Dans la partie nord de 1 *a>fi«> ™; .',,„ g,.,. Le reste serait la salle des assemblées, la b-W-o W "c. de l'édifice pourrait être loué P"/ "m Resther.
Tel est en résumé le plan F^P"* P" f ™^„i„,, bien que Il a été admiré par tous ceux qui 1 °' '^^•"'" ce ne soi. là qu'une ébauche P;*Pf " "^';;,,,ifiee seront comme "«us ravo.. d^i^^^^^^^^^^^^^^ fadiens-françai. mis au concours, et tous les seront invités à concourir.