SAINT-JEAN
Saint-Jean, 28 mai 1910, Révérend Père F.-M. ROBERGE, C.8.v., Supérieur du Séminaire de Joliette.
‘ Révérend Père, La lettre du Comité d'organisation vient de me rappeler que je ne vous ai Pas encore fait Cornaître que j'acceptais votre cha-
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leureuse et toute paternelle invitation. J'ai si honte de mon retard que je n'ose même pas, pour me disculper, faire valoir la raison de mes nombreuses occupations ; pour une fois, j'aime mieux plaider coupable et vous promettre réparation dans l’empressement que je mettrai à me rendre à Joliette, le 21 juin.
J'ai bien hâte de voir arriver ce beau jour, et cela pour bien des raisons. D'abord, ce sera un vrai bonheur de revoir nos anciens professeurs, nos anciéns condisciples, de faire connaissance avec nos aînés et de s'unir à eux pour travailler non seulement à la conservation mais au développement de la maison qui nous a abrités pendant des années.
En second lieu, cette réunion aura certainement pour effet de donner une nouvelle poussée à notre Alma Mater dans la voie de la prospérité dans laquelle elle est entrée, grâce aux sollicitudes du Révérend Père Beaudry età la sage direction que vous lui donnez. Plus que jamais je comprends ce que peuvent faire les anciens élèves d’un collège pour son maintien et son ascension vers le vrai progrès. Je ne suis pas de ceux qui veulent laisser toute la tâche aux hommes dévoués qui en comwyosent le personnel : anciens élèves, nous avons tous notre part à faire : vous, MM. les professeurs, vous êtes les soldats commis à la garde de la forteresse, nous, nous sommes ceux qui vont à la conquête..... Et vous avez la partie la plus difficile ; car, outre la défense, vous avez aussi à préparer de nouveaux soldats pour remplacer ceux que la mort moissonne et pour répondre à tous les besoins que demandent les conquêtes. Et quelle reconnaissance pouvez-vous attendre de ces jeunes recrues durant leur géjour au collège ? Le seul soutien, la seule consol: ‘ion, au milieu des épreuves du professorat, n'est-ce pas la satisfaction de faire son devoir, de travailler pour Dieu ? C'est ce que j'ai aimé de mes anciens professeurs, et c'est ce que je constate avec plaisir chez les directeurs actuels du Séminaire de Joliette. Aussi, Dieu vous bénit en Couronnant vos généreux efforts d'un succès dont je suis fier. Quoi-
que très attaché à la maison dont je suis l’un des directeurs, je ne perds et je ne perdrai jamais de vue l'institution qui a eu pour père, le révérend Cyrille Becudry, et. qui a Pour gardien, mon cher professeur de mathématiques.
Une troisième raison Pour laquelle j'ai hâte de voir arriver le 21 juin, c'est que ce sera un beau jour pour vous, mon Révérend Père, et vous l'avez bien mérité. Vous l'attendez avec de grandes espérances, sans doute ? Eh bien ! je demande à Dieu que la réalité surpasse encore tout ce que vous pouvez désirer.
Au revoir, bon Père Supérieur, au 21 juiñ !
Je demeure votre tout dévoué, F.-X, LARIVIERE-CHAPDELAINE, ptre.
EVECHE DE JOLIETTE Joliette, le 22 avril 1910.
Au Révérend Père M. ROBERGE, C.S.v., Supérieur du Séminaire de Joliette.
Monsieur le Supérieur, Je suis vivement touché de votre bienveillante invitation datée - du 4 avril dernier. C’est un honneur et un plaisir pour moi que de Pouvoir assister aux Noces de Diamant de votre cher Séminaire. 11 est de mon devoir, comme prêtre et comme ami, de souhaiter encore le plus complet succès à ces fêtes qui promettent d'être si &randioses et si mémorables : car, dans ces fêtes, s’il y a, pour la grande famille Jol’sttaine, une joyeuse évocation de souvenirs intimes et réconfortants, il y a aussi la glorification de l'oeuvre de E l'éducation catholique dans notre pays, l’apolog'e du dévouement $
de ceux qui se livrent à l’enseignement de la jeunesse, en particulier des Clercs de Saint Viateur, et, de plus, l’occasion favorable de
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donner un précieux encouragement au développement du fémiaaire diocésain.
Vous permettrez donc à l’'humble soussigné de s'inscrire d'avance sur la liste des donateurs... J'avoue que c'est bien peu, 1 je regrette que mes faibles moyens ne répondent pas plus largement aux désirs de mon coeur ; mais je vous prie d'accepter cette 1. deste offrande qu'accompagnent mes ferventes prières et mes voeux sincères pour le succès de vos fêtes du 21, 22 et 23 juin 1910, et pour la prospérité toujours croissante et éternellement durable de votre Maison.
Votre très obligé et très respectueux serviteur,
EUSTACHE DUGAS, ptre, chan.