‹ Noces de diamant, Séminaire de Joliette, 1846-1910 [microforme]Chapitre 50 sur 80 · EGLISE SAINT-JACQUES MANVYILLE, R.I · texte numérisé non relu

EGLISE SAINT-JACQUES MANVYILLE, R.I

Manville, R. I, 12 juin 1910,

Au Révérend Père F.-M. ROBERGE, C.8.v., Supérieur du Séminaire de Joliette, Très Révérend et cher Père,

Oui ! Oui ! Nous serons avec vous, les 21, 22 et 23 juin prochain ! avec vous tous, dévoués et dignes successeurs des géné:reux bienfaiteurs de notre chère Alma Mater s nous serons avec Vous, pour vous dire rutre amour et notre reconnaissance : nous . irons au milieu de cette famille bien-aimée qui ne meurt pas, qui se renouvelle sans cesse, toujours jeune et vigoureuse, et, avec elle, Rous nous réjouirons de ses succès, de sa gloire : oui ! nous nous réunirons, comme vous le dites si bien, pour “revivre le bonheur des anciens jours, et pour donner le baiser fraternel aux survivants d’une époque déjà lointaine !” Nous serons de la fête pour redevenir de vrais écoliers ! Cette illusion de quelques heures fera de nous les “heureux d'autrefois” !

Comme vous le voyez, mon Révérend Père, je suis encore vivant ! Comptez donc que je serai au milieu de la famille Joliettai-

ne, la semaine prochaine, si ma santé cuntiuue de s'ameliorer, J'auvais désiré me rendre d'avance, mais mes occupations m'en em- Déchent.

Mon cher Père, je n'ai pas oublié votre bonté et votre &énérosité à l'occasion de mon Jubilé sacerdotal. Votre présence, en cette circonstance, m'a été bien sensible et bien agréable. Permettez-mol de vous offrir encore une fois mes sincères remerc'ements en attendant que je les redise de vive voix.

Veuillez agréer mes hommages de profond respect et de haute considération, et me croire,

Votre bien sincèrement dévoué en N.-s8., EUG. LESSARD, ptre, Curé.

SHEDIAC, N.B. le 15 juin 1910.

Au Révérend Père F.-M. ROBERGE, c.s.v.,

Supérieur du Séminaire de Joliette.

Révérend Père Supérieur,

Ce serait une grande joie pour moi d'assister aux Noces de Diamant de mon cher vieux collège Joliette, et d'y retrouver quelquesuns de mes compagnons de classe ; Mais, à mon âge—quatre-vingtquatre ans— on ne voyage plus aussi facilement, surtout quand la force a disparu pour faire place aux débilités de la vieillesse. Le Courage, la volonté, c'est peu de chose quand les forces n'y sont Pas ; mais le coeur, c'est étonnant, comme il reste jeune ; même sous la neige des cheveux blancs, je le retrouve encore pour aimer mon Alma Mater,.me rappeler avec émotion mes années de collè- 8e, et -urtout pour évoquer le souvenir de mes anciens et b‘en-aimés professeurs et de mes camarades.

Bien des évènements se sont passés depuis soixante-quatre ans. Le Canada ne Ccomprenal: alors que les provinces de Quéhec et

d'Ontario.—Aujourd'hui c'est encore cela avec l’Acadie et bien d'autres provinces en plus: et nous sommes devenus un peuple au milieu duquel les Canadiens-français et les Acadiens occupent une place nullement inférieure, avec de grandes espérances nationales pour l'avenir.

Je ne pourrai pas, malheureusement, me rendre à Joliette pour les fêtes des 21, 22 et 23 de ce mois; mais, laissez-moi vous remercier bien profondément de vous être souvenu de moi pour me prier d'aller aux Noces : j'y serai en imagination, presque en per. sonne ; toutes mes pensées seront mélées aux vôtres ; les plus vifs sentiments de mon coeur seront confondus avec ceux de mes Compagnons de classe de 1848. Que le bon Dieu les bénisse tous, ainsi que vous, mon Révérend Père Supérieur, et tous vos collè. &ues dans la tâche si difficile de l'éducation des jeunes gens !

Veuillez agréer, mon Révérend Père, les respectueux hommages de votre bien dévoué,

ISIDORE BOURQUE.

() J'ai rencontré ce vénérable vieillard, à Shédiac, en 1901; et, sur ma demande : ‘Comment êtes vous venu à Joliette?" il me répondit : “J'appartenais à la paroisse de la Grande-Digue, N. B.. dont le curé, M, Magioire Turcotte, (1845-48) avait été curé à st-

un très long voyage par Boston”, M. Turcotte, décédé en 1872, a vécu retiré dans sa maison devenue plus tard la propriété de M. Charles Majeau, à Joliette.

LU

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