‹ Noces de diamant, Séminaire de Joliette, 1846-1910 [microforme]Chapitre 67 sur 80 · CARRIER · texte numérisé non relu

CARRIER

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+ Ce sera en portant touélèves sans peur et sans

reproche, du bon vieux Collège Joliette.

Souvent, en ce jour, j'ai entendu évoquer la mémoire bénie: de Celui qui fut pour nous tous un père véritable : le bon, jo saint-Pe. re Beaudry. Chaque fois que le nom de ce grand éducateur a-6t6 Prononcé, fai éprouvé cette émotion véritable qui remue l'ame.

Qu me soit permis, en-ce jour de fête, d'unir ma faible voix À ce concert de félicitations, pour exprimer-à mon Aima-Mater-toute 4 reconnaissance et lui souhaiter une marche toujours glorieuse

Vers le vrai progrès, pour le plus-grand bien de:la Religion.et de Ja Patrie, :

Plusieurs fois, M. Tellier, M.P.P., se fit entendre ; il convenait à M. J.-A. Dubeau, député de Joliette, à Ottawa, de prendre la parole. C’est un plaisir bien grand d’entendre nos députés parler comme ils l'ont fait. Voici le discours de M. Dubeau :

. M. J..A. Dubeau, M. P. <e Messeigneurs, :

Messieurs,

Les orateurs que vCus avez entendus aujourd’hui ont évoqué, avec une éloquence particulièrement émue, qui était l'éloquence du

i SS Coeur, le souvenir des jeunes années qu'ils ont Dassées dans cette maison bénie. Ils ont retracé à grands traits les plus belles pages de son histoire, rappelé ses débuts modestes, ses progrès constants, son oeuvre toujours bienfaisante.

Invité à mon tour à Vous adresser quelques mots, je n'ai pas certes à revenir sur ce qui a été dit.

Qu'il me soit toutefois permis de profiter de l'occasion qui m'est donnée, pour offrir un tribut d'hommage et de reconnaissance à cet homme de foi et de patriotisme que fut l’hon. B. Joliette, le généreux fondateur de cette maison, ainsi qu’à tous ceux qui ont continué si dignement, son oeuvre depuis soixante-quatre ans.

C'est à leur dévouement, à leur abnégation et à leur zèle que nous sommes redevables du bienfait de l'éducation forte et chrétienne que nous avons reçue dans cette maison. |

Aussi, répondant au Ccordial appel de M. le Supérieur, c’est avec empressement que nous sommes venus célébrer cette grande 80- :

702, n0n seulement du Canada, mais aussi du grand pays voisin qui, chaque année, rend hommage à notre système d'enseignement, en demandant à nos maisons d'éducation de former le coeur et l'intelligence d’un grand nombre de ses enfants.

Réunis ce soir dans le décor admirable qui nous entoure, nous sommes tous très heureux de revoir, après une plus ou moins longue absence, les maîtres qui ont dirigé nos premiers pas, les confrères et les camarades avec qui nous avons vécu, et enfin, ce superbe monument qui s'élève tout près de nous, dominant ce bosquet enchanteur où nous avons laissé tant et de si chers souvenirs.

C’est ici, dans ce sanctuaire de la science et du travail, que nous avons été formés, préparés et armés pour les luttes et les épreuves de la vie, C'est ici que se sont écoulées les années les

+ ss plus sereines de notre jeunesse, sous la sage direction et la douce surveillance de maîtres dévoués et affectueux.

‘ Un sage de l'antiquité, Socrate, a dit : “Pour que le précepteur s0it utile à l'élève, {1 faut qu'il lui soit sympathique”. Cette maxime du philosophe grec, fut toujours une des traditions de cette maison, où nous avons toujours été l'objet d'une bonté et d’une sollicitude vraiment paternelles de la part de nos professeurs dont nous ne nous rappelons jamais, sans un profond sentiment de reconnaissance, le dévouement infatigable et la bonne amitié.

Et ici, Messieurs, permettez-moi de rendre hommage à notre clergé et à nos communautés enseignantes qui ont contribué, dans une si large mesure, à la conservation de notre foi et de notre lan- &ue, au maintien de nos droits et de nos libertés, en fondant, à une époque difficile de notre histoire, ces collèges classiques qui ont fourni à la religion et à la patrie les hommes qu'il leur fallait pour faire triompher une cause que tant de prévisions humaines avaient crue désespérée.

” Al ne faut pas l’oublier, ce sont nos collèges classiques qui, dans le passé, furent les boulevards de notre nationalité. C'est grâce à eux, si sotre existence nationale, longtemps incertaine, est aujourd'hui pleinement assurée. C'est aussi grâce À eux, si nous jouissons d'une liberté religieuse plus grande qu'en aucun autre pays du monde, si notre langue est sur un pied d'égalité avec la langue anglaise, si nos droits sont respectés, si nous avons partout notre part de justice et de privilèges.

Oui, j'en suis bien convaincu, c’est grâce à nos collèges classiques et à notre système d'enseignement supérieur si, en ce pays, où nous ne formons que la minorité, 11 nous est donné de voir nos compatriotes briller au premier rang, dans la politique, dans la magistrature et dans toutes les conditions sociales où îls se trouvent placés.

Soyons donc fiers de nos rollèges classiques et de l'éducation pérfectionnée qu'ils donnent. Aussi longtemps qu'une telle éduca-

et à leur Alma Mater, Un cernier mot, et c'est à vous mes jeunes amis, les élèves actuels, que je l'adresse celui-là.

Si vous avez 16 droit de

aînés s'inté.

vance à vos succès,

Ne l'ou ) et beau

un rôle, je ne dirai pas prépondérant, ma!s quelconque, dans ce Pays. C'est en possédant parfaitement les deux langues française et anglaise que vous pourrez le mieux faire apprécier vos mérites per les autres races qui nous entourent et, comme c’est votre ambition et votre désir, travailler avec efficacité à la gloire et au développement de notre pays.

Au cours de votre vie, lorsque vous serez tentés de vous lais ser abattre par les difficultés et les obstacles qui se ‘dresseront devant vous, lorsque vous sentirez votre courage défaillir, la religion vous consolera, mais que toujours l'amour de la patrie vous soutienne. Et lorsque votre dernière heure sera venue, lorsqu'un combeau aura recueilli vos cendres, votre souvenir ne sera pas tout à fait perdu, mais l'on dira, en parlant de vous, ce qu'autrefois Auguste disait de Cicéron, son ennemi : “Ce fut un bon citoyen et qui aima son pays”.

M. Ph. de Grandpré, M.D., de Montréal, qui n’en est pas à ses prernières armes en fait d’éloquence, nous débite avec l'aisance d’un “vieux routier” le discours suivant :

- Pour les luttes de l'avenir.

M. Ls-Ph., de Grandpré, M. D.

Messeigneurs, Mess'eurs,

Ce n’est pas seulement le triomphe de l'amitié que nous célébrons, c'est aussi un peu la fête de l’éloquence. Ce matin, aux superbes accents de l'orateur sacré, nos âmes ont vibré, nos coeurs | ont battu, mais nos mains étaient retenues par le sentiment du respect dû à la majesté du lieu saint ; mais hier soir, mais cet après- : midi, nos mains comme nos coeurs ont battu sous l'impuision d’un nn même sentiment de joie et d'enthousiasme. 4 Ah ! c'est que la parole devient puissante quand elle exprime

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