‹ NocturnesChapitre 6 sur 18 · COMTE DE SAIXT-PARAY · texte numérisé non relu

COMTE DE SAIXT-PARAY

Tous trois de cinquante à soixante. Ils sont chez de Neuille, dans son petit appartement de a l'Union artistique » (ex-Impérial). Ils fument, ils parlent, les jambes au feu. Minuit et demi, en janvier.

Saint-Paray. — Depuis quelque temps, je ne peux pas arriver à me réchaufTer... Il n'y a plus de bon bois.

Baron Guêpe. — On prend de l'exercice... La marche.

Saint-Paray. — Je ne peux plus marcher... Ainsi, rien que pour monter mes deux petits

étages, chaque fois c'est une affaire... Il faut que je prononce des paroles.

Marquis de Neuille. — Imprévoyance. Trop galopé dans le temps. Alors aujourd'hui... Voilà.

Saint-Paray, à de Neuille, — Quel âge avez-vous, sans indiscrétion?

Marquis de Neuille. — Pourrais pas vous dire. C'est très embrouillé. Ce qu'il y a de sûr... que j'étais sous-lieutenant en Crimée. — Fichu confortable entre parenthèses 1 — Me rappelle encore Saint-Arnaud, qui crevait à cheval, vert comme une feuille, entre deux cavaliers pour l'empêcher de faire bonhomme. Très beau !

Baron Guêpe. — Les premiers mots de sa lettre à VOffîciel: « Sire, le canon de Votre Majesté a tonné... »

Marquis de Neuille. — L'Aima !

Saint-Paray. — L'Aima.

Baron Guêpe. — Canrobert...

Marquis de Neuille. -^ Les zouaves... Non, il faut avoir vu.

Baron Gl'êpe. — L'empire commençait. Marquis de Neuille. — Pleine gloire. Une

de ces sacrées perspectives... Peux pas penser à ça sajis que... Et que tout venait si bien, s'annonçait avec tant de... Une martingale! On aurait parié.

Saint-Paray. — On avait la veine.

Baron Guêpe. — Au début.

Saint-Paray. — Et puis, et puis...

Baron Guêpe. — Oui.

Marquis de Neuille. — La politique ! {Un silence.)

Baron Guêpe. — C'est égal, on aura eu là, jusqu'en soixante-sept, huit, une pièce de douze à treize ans...

Marquis de Neuille. — Inretrouvables.

Baron Guêpe. — Et même pour nos enfants, et nos petits-enfants.

Saint-Paray. — D'abord, je ne sache pas que nous en ayons.

Baron Guêpe. — C'est une manière de parler.

Marquis de Neuille. — Et le chic, donc ! Saint-Paray. — Ah! dame... ça... pour le chic... nous avons donné une note, un... tout à fait à part... bien à nous...

Batvon Guêpe. ~ Qu'on ne redonnera pas.

Saint-Paray. — On essayera, on a déjà essayé...

Marquis de Neuille. — Sans doute... se battra les flancs... mais n'aboutira à rien, j'entends à rien de propre.

Baeon Guêpe. — Les femmes! Non... mais hein ?les femmes !

Saint-Paray. — Oui, les femmes !

Marquis de Neuille. — Ah ! les femmes! Inouï ! Ceux qui n'ont pas connu...

Baron Guêpe. — Il y en avait là, aux Tuileries, une cinquantaine.

Saint-Paray. — Aux Tuileries, et ailleurs.

Marquis de Neuille. — Partout. On marchait dessus.

Baron Guêpe. — Et qu'elles étaient jolies à ce moment-là !

Saint-Paray. — La duchesse d'Aboukir.

Marquisde Neuille. — Étonnante !... chesse d'Aboukir... tonnante !

Saint-Paray. — Je la vois encore, à cheval...

Baron Guêpe. — Un grand bai, qui avait une liste...

Marquis de Neuille. — Tonnante! Et puis,

précisément une des grandes choses, mais très chic choses qu'a faites l'Empire : A mis la femme à cheval. Avant, savait pas ce que c'était, la femme.

Baron Guêpe. — C'est vrai. Et aussi hien la femme du monde que la cocotte.

Saint-Paray. — Cora en est la preuve.

Marquis de Neuille. — Doit une partie de sa vogue à ça... que c'est la première demoiselle qui ait fait la retape à cheval. Raccrocher du haut d'un pur sang. Une idée de génie !

Baron Guêpe. — Sans compter qu'elle était bien placée en selle, la mâtine.

Saint-Paray. — Nous savons tous pourtant qu'elle avait la cuisse ronde.

Marquis de Neuille. — Une fille qui était quelqu'un. (Un silence.)

Saint-Paray. — Vous rappelez-vous ce soir où Miss Howard trônait à TOpéra, avec des diamants de la tête aux pieds ?

Baron Guêpe. — A une avant-scène, et l'Empereur dans la salle. On trouvait ça un peu fort. Gai, je me rappelle. Nous avons été

ensemble, ce même soir-là, passer une heure chez la Princesse Mathilde.

Marquis de Neuille. — ... Cesse Mathilde ! Charmante... cœur généreux... rue de Courcelles... Moi aussi, été bien souvent...

Saint-Paray. — Les réceptions intimes à Saint-Gratien.

Marquis de Neuille. — Très gai... voisinage de l'eau... les artistes...

Baron Guêpe. — La Comtesse de Langages... Vous vous souvenez, Saint-Paray ?

Saint-Paray. — Je crois bien. Madame de Vianne.

Baron Guêpe. — La marquise de Grisolles l

Saint-Paray. — La baronne de Laumes !

Baron Guêpe. — Diane de Quéroyl dont le mari... Thistoire du corset lilas.

Saint-Paray. — La Princesse Pallanzani !

Marquis de Neuille. — Xquise !

Saint-Paray. — Loin d'être belle... affreuse même. Mais un corps, un esprit.

Marquis de Neuille. — Et puis, si gadoue ! Xquise !

Saint-Paray, au baron Guêpe. — Après la

mort du prince, est-ce que vous n'avez pas failli l'épouser ?

Marquis de Neuille. — S'il a failli! D'un cheveu s'en est fallu. Sans moi...

Baron Guêpe. — En effet, je l'ai échappé laide. [Un silence.)

Saint-Paray. — Et puis alors l'Impératrice !

Marquis de Neuille. — Pératrice ! un rêve !

Saint-Paray. — Un sourire avec des paupières baissées qui était la merveille des merveilles, et une... comment dirais-je?

Baron Guêpe. — Les mots manquent. Perfection.

Saint-Paray. — L'Impératrice, quoi !

Marquis de Neuille. — Oui, oui... tout ça... Pératrice, cesse Mathilde... chesse d'Aboukir... et toutes enfin... c'était l'instant, voyezvous... pour profiter, bien respirer la vie. .. avec du beau soleil qui tapait là, à deux pas, place Concorde... Cristi !

Saint-Paray. — Et puis des équipages...

des Daumont... de la femme...

Baron Guêpe. — Des uniformes qui fai-

saient jouir l'œil... L'air sentait bon... tout le monde content, l'âme vaporeuse...

Marquis de Neuille. — Un vrai temps pour être jeune.

Saint-Paray. — Ce qu'on s'y est fait vieillir par exemple !

Marquis de Neuille. — Oui, ça n'a pas traîné. On s'est hypothéqué double...

Baron Guêpe. — Mais on a vécu le maximum... deux fois deux, six fois six, toujours en augmentant...

Saint-Paray. — Et dans de belles conditions !

Baron Guêpe. — Ah ! là là !

Saint-Paray. — C'est-il assez dommage que ça n'ait pas duré ! Nous ferions une autre tête aujourd'hui.

Marquis de Neuille. — Une mieux.

Saint-Paray. — De Neuille serait maréchal.

Marquis de Neuille. — Bonne blague.

Saint-Paray. — Pourquoi pas ? Guêpe serait quelque histoire dans la Grande Vénerie...

Baron Guêpe. — Et toi, toujours chambellan.

Saint-Paray. — Seulement, il faudrait que j'aie d'autres jambes, parce que ça ne serait pas gai.

Marquis de Neuille. — Serait toujours plus gai que cette... — veux pas dire quoi — d'existence que nous menons... Des étrangers, des messieurs du moyen âge nous faisons l'effet... Tout changé. Jusqu'à notre chez nous, h' Épatant ils appellent ça! Comme si nous autres, nous nous laissions épater par... Enfin !

Saint-Paray. — Oui. Nous aurons beau pleurer.

Baron Guêpe. — Ni chaud ni froid. Allons nous coucher, tenez, Saint-Paray.

Saint-Paray. — Allons. {Il se lève.) Aïe! Misère humaine.

Marquis de Neuille. — En faire autant.

Dans le fond... encore que ça : sommeil, bon sommeil. Tant que je dors, rien ne m'embête.

Baron Guêpe. — Bonsoir, ami.

Marquis de Neuille. — Soir.

MARQUIS DE TONNEINS, trente-trois ans.

VICOMTE DE PAGNY, trente-cinq ans.

BARON THOUARÉ, vingt-neuf ans.

Tonneins.Pagny et Thouaré sont assis, au même cercle, à l'Épatant, dans un des salons, où ils se trouvent seuls à cette heure avancée : deux heures et demie du matin.

Marquis de Tonneins. — Décourageant !

Vicomte de Pagny. — Quoi de cassé ?

Marquis de Tonneins. — J'ai encore empoigné la culotte.

Vicomte de Pagny. — La petite culotte. Un tutu.

Marquis de Tonneins. — C'est vrai. Mais la petite culotte tous les soirs...

Vicomte de Pagny. — Ça finit par faire la grande : à pont et à sous-pieds.

Baron Thouaré. — Moi, je suis vanné. Je

voudrais manger quelque chose. Voilà vingt minutes que je tâche d'avoir faim... Peux pas y arriver.

Vicomte de Pagny, à Thouaré. — Qu'est-ce que tu as fait ce soir?

Baron Thouaré. — Théâtre.

Vicomte de Pagny. — Quel?

Baron Thouaré. — Vaudeville.

Vicomte de Pagny. — Amusé ? Non. La pluie.

Baron Thouaré. — Me rappelle plus de qui... Mais c'était d'un rasoir! Je suis sorti, mon cher, avec la tête, tu sais... comme quand je viens de travailler... d'écrire une lettre.

Vicomte de Pagny. — Seul tu étais ?

Baron Thouaré. — Non, avec Reine. C'est elle qui avait voulu. Alors ! chasseur, baignoire, mangé au galop parce qu'elle veut toujours voir le commencement... Horreur de ça.

Vicomte de Pagny. — Et parti avant la fin?

Baron Thouaré. — Tiens I Reine m'a déposé ici... lu la Vie, chipoté quelques jetons, au

second tableau, sur la banque de Champigné, finalement obtenu douze petits louis, et depuis, pas moyen d'avoir un peu faim !

Vicomte de Pagny. — Ne t'affecte pas.

Marquis de Tonneins. — Tout ça, c'est la faute de Parnac, avec sa rage de tirer !

Vicomte de Pagny. — Oh ! je t'en prie, mon petit, hein ? quand tu perds, ça te dure encore huit jours après la partie. C'est assommant ! Moi qui me suis un peu refait ce soir...

Baron Thouaré. — C'est vrai, ça ôtetout le plaisir.

Vicomte de Pagny. — Tu ne vois que toi.

Baron Thouaré. — Tu en seras quitte pour taper ton oncle de Neuille une fois de plus.

Vicomte de Pagny. — Et ça ne sera pas la dernière, va î

Marquis de Tonneins. — Ah ! vous êtes gentils ; vous êtes des amis. C'est comme mon oncle de Neuille. Parlons-en ! Chaque jour il s'aigrit. Je ne peux pourtant pas, pour qu'il me paye mes dettes, installer le prince Victor à l'Elysée !

Vicomte de Pagny. — On essaye.

Marquis de Tonneins. — Est-ce drôle tout

de même que ces vieilles guêtres blanches de l'Empire ne peuvent pas arriver à prendre leur parti des choses... Tous comme Valentine de Milan : des veuves inconsolables.

Baron Thouaré. — A qui le dis-tu I Mon cousin Guêpe est taillé sur le même patron.

Marquis de Tonneins. — On a beau leur répéter : « C'est fini, ratiboisé. Ne pensez plus aux Cent-Gardes. » Non, ils s'obstinent. Ils continuent à porter des cravates flottantes, ils ne rapetissent pas leurs rosettes... ils citent des traits de bonté de Marguerite Bellangé...

Vicomte de Pagny. — Et le quinze août, chaque année, ils nous font une mine comme s'ils avaient le choléra.

Baron Thouaré. — C'est épatant.

Vicomte de Pagny. — Cependant, il y en a quelques-uns qui se sont consolés... tiré les grouses chez le comte de Paris.

Baron Thouaré. — - Tout là-bas... perfide Albion. Bien peu, va.

Vicomte de Pagny. — On dira d'eux ce qu'on voudra. Moi, dans le fond, la politique, je m'en moque et contre-moque — j'y comprends rien d'ailleurs ; — mais ces gens de

l'Empire... ils avaient un chic... ils avaient trouvé un chic... Faut en convenir.

Marquis de Tonneins. — Un chic! La belle affaire!... N'ont rien inventé. Bien avant eux... Henri III aussi avait trouvé un chic.

Baron Thouaré. — Tu veux dire un genre.

Vicomte de Pagny. — Le genre masculin.

Marquis de Tonneins. — Oh ! si vous faites des mots ! Je veux dire que l'Empire n'a pas confisqué le chic... On retrouvera autre chose, allez... Suis sans inquiétude.

Baron Thouaré. — Nous sommes là.

Marquis de Tonneins. -— Et puis enfin, c'est fini cette chasse à courre... Pas de notre faute, mais c'est fini. Place à ceux qui suivent.

Baron Thouaré. — Aux jeunes.

Vicomte de Pagny. — Le fait est que c'est effrayant quand on regarde en arrière... tout le Bottin huppé de ce régime qui a eu tant de gourmette... A part quelques noms qui sont restés sans reproche... quelle débandade !

Baron Thouaré. — N'y a que l'embarras du choix.

Marquis de Tonneins. — M"» de Grisolles

n'a-t-elle pas été compromise dans une pas très belle affaire ?

Baron Thouaré. — Savons... chantage.

Vicomte de Pagny. — M"'^ de Viannes... suicidée... Du moins, on l'a dit beaucoup.

Baron Thouaré. — Princesse Pallanzani!

Marquis de Tonneins. —Ah! celle-là... elle est au Carmel.

Baron Thouaré. — Mais qu'est donc devenue la baronne de Laumes ?

Vicomte de Pagny. — Vous en êtes là? elle a été enlevée par une violoniste péruvienne.

Marquis de Tonneins. — Après la guerre, j'y suis.

Baron Thouaré. — Musique de chambre.

Marquis de Tonneins. — Et le baron , l'homme le plus trompé de la Cour?

Vicomte de Pagny. — On m'a dit qu'il était à Constantinople où il gagnait de l'argent.

Baron- Thouaré. — Ça lui était bien dû la Corne-d'Or.

Vicomte de Pagny. — Et la comtesse de Quéroy... qui vit avec un penseur^ vous savez, un de ces gens qui vont dans les villes d'eaux

en habit, et qui se font bander les yeux pour deviner où on a caché les bagues...

Marquis de Tonneins. — ... Et qui les trouvent régulièrement.

Baron Thouaré. — ... Mais qui ne les rapportent pas toujours.

Vicomte de Pagny. — Enfin, cette pauvre duchesse d'Aboukir, y a pas quinze jours...

Marquis de Tonneins.— Quoi donc? Suis pas au courant.

Baron Thouaré. — Ni moi.

Vicomte de Pagny. — Elle est folle.

Baron Thouaré. — Allons donc !

Vicomte de Pagny. — Folle à s'asseoir.

Voilà comment ça lui est venu. A la suite d'une maladie à laquelle on ne comprend pas un clou... Les médecins eux-mêmes... savent pas, se tirent la langue... eh bien elle a perdu ses cheveux, ses sourcils, ses cils, et toutes ses dents...

Baron Thouaré. — Dur.

Vicomte de Pagny. — Et alors, on raconte que la première fois qu'elle s'est vue comme ça dans une glace...

Marquis de Tonneins. — Elle n'en revenait pas.

Vicomte de Pagny. — Les bras lui en sont tombés...

Baron Thouaré. — Aussi les bras ! Ah ça...

Vicomte de Pagny. — Et elle est devenue folle, raide folle.

Baron Thouaré. — Elle a raison.

Marquis de Tonneins. — Veut dire?

Baron Thouaré. — Dame, mon cher... Y at-il un de nous qui saurait supporter gentiment... résignation... une pareille... la chose des cheveux, du cil, etc. ? Non, n'est-ce pas ? Rends-toi compte. Aussi je m'explique très bien qu'une ferume, et vieille comme la duchesse... n'ait pas été en humeur d'accepter... Quoi! Elle a pris le seul bon parti... Je trouve même ça bien et honorable... pan!... folle à la minute! Très crâne, sans calembour. Et puis, je pense à un détail : Ça va faire une entrecolonnes de libre.

Marquis de Tonneins. — Elle passe aux Abraham- Samuel.

Baron Thouaré. — Tout ça est bien épatant, en effet.

Vicomte de Pagny. — Même chose pour le demi. Cora... dont n'avons eu que le déclin...

Marquis de Tonneins. — Il était encore très ferme.

Vicomte de Pagny. — ... et qui est morte de misère dans le mauvais meublé d'une rue bonapartiste...

Baron Thouaré. — Rue Bassano, oui.

Vicomte de Pagny. — C'est toi qui as même payé pour tout... corbillard... je crois?

Baron Thouaré. — Oui... Et ce n'était pas cher. Pauvre Go !

Vicomte de Pagny. — Tenez, tenez... quelqu'un qui a eu encore son quart d'heure aux Tuileries, c'est... chose... aidez-moi donc! l'abbé... retiré... qui a aujourd'hui une barbe et des pantalons ?

Marquis de Tonneins.— Oui, oui... qui a prêché l'AvenL

Baron Thouaré. — Pendant et après.

Vicomte de Pagny. — Enfin, si on voulait passer en revue... on en aurait pour jusqu'à demain... parce que l'enterrement de cette société... c'est une des machines les plus

extraordinaires qu'on ait vues... Quand on croit qu'on a dit tous les drames, tous les deuils... il y en a encore, et encore, et encore...

Baron Thouaré. — Ah! mon Dieu... après tout... pas spécial à ce régime... fin de la monarchie n'a pas été non plus une partie sur l'herbe... autrement tragique... et aujourd'hui... ce qui reste d'aristocratie...

Marquis de Tonneins. — Beaucoup à dire.

Baron Thouaré. — Non, la vérité... c'est que tout ça est bien dans le lac... Et dame, je comprends que ça fasse réfléchir. Ainsi, l'autre jour, j'étais en voiture avec Reine... Elle avait sur son manchon un petit bouquet de ces fleurs qu'on vend dans la rue; je le regardais ce petit bouquet, nous ne parlions pas... et je pensais, je pensais dans ma tète : Voilà. L'Empire aura déferlé, et il n'en restera peut-être que ça : les violettes. Dix centimes. C'est épatant.

(Un silence. Ils se lèvent et se séparent.)

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