‹ Noé dans son archeChapitre 11 sur 21 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

GRANDE FÊTE ET CALME TROMPEUR

adame Noé était toute heureuse de savoir que « ces pauvres bêtes allaient un peu se divertir ». Elle avait appris avec beaucoup d'inquiétude et de chagrin les tentatives de révolte, l'esprit de désordre qui avaient failli troubler l'arche et compromettre la tranquillité, peut-être la vie de tous. Mais, maintenant, rassurée, elle s'entretenait de ces événements avec sa chère petite colombe.

— Et toi, disait-elle, tu ne m'as rien demandé, tu ne t'es plainte de rien! Pourtant tu dois bien aussi être mécontente, comme les autres, de tout ce long voyage et de tant de privations.

r— Oh! ma chère maîtresse, soupirait la colombe, comment peut-on être assez ingrat pour se plaindre précisément de tout ce que vous avez fait pour nous? Le serpent lui-même et les mauvais singes peuvent-ils oublier que vous leur avez sauvé la vie? Quant à moi, pauvre petit oiseau que je suis, je voudrais

trouver une occasion de vous prouver ma reconnaissance, de me dévouer pour tous, pour vous si bons, et même pour les méchants qui vous ont fait tant de peine. Oui, j'espère toujours que je trouverai ce moyen, avant la fin du voyage, dût-il m'en coûter la vie!

— Tais-toi, méchante! Ne dis pas de ces choses-là! cria Madame Noé les larmes aux yeux. Yeux -tu me gâter le calme que nous avions retrouvé, et le plaisir que nous allons tous goûter dans la fête de réconciliation?

— Ne craignez rien, maîtresse, reprit vivement la colombe. C'est pour vous faire comprendre que je tiendrais ma vie pour peu de chose si elle pouvait vous éviter le plus léger tourment. Je suis inquiète, parce que je suis tendre. Mais ne parlons plus de tout cela. Je serai heureuse de voir cette belle fête, à la condition de ne pas quitter votre épaule.

— Mais crois-tu, petite amie, insista Madame Noé, toi qui as le don des pressentiments, crois-tu que tout finira bien?

— Oui. je le crois, mais j'ai peur aussi qu'avant la fin, les tribulations de notre bon maître soient encore bien grandes.

Madame Noé, très émue, s'empressa de rapporter cette conversation au patriarche, qui après avoir hoché la tête, soupiré et être demeuré un moment pensif, répondit :

— Nos tourments ne sont rien. Bien qu'une force supérieure ait décidé que nous serions tous sauvés, les méchants comme les bons, il est certain que nous aurons encore cle rudes épreuves. Nous devrions avoir la sagesse cle supporter tout cela; mais c'est la surprise, l'inconnu et l'effort qui sont les plus grands maux. Aussi, tout en nous attendant à ces ennuis, il faudra que nous en souffrions. Pour le moment, nous sommes seulement trois à les prévoir: vous, la colombe et moi. N'en disons rien à personne parce que la crainte, qui nous donne des forces, en enlèverait aux autres, affolerait les timides et rendrait féroces les méchants. Tâchons que tous s'amusent bien, et cela fera encore passer une ou deux

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de ces dures journées. Allons voir les préparatifs de la fêle de demain. Cham a fait de très jolies choses, ce paresseux-là.

En effet, Cham, depuis trois jours n'avait pas perdu son temps. Il avait travaillé sans relâche à décorer la salle des fêtes, et aussi les parois extérieures de la cabane sur tout le parcours du chemin de ronde.

Pour charmer les animaux, il avait représenté, se succédant, toutes les régions et tous les climats le long du chemin de ronde. Cela faisait comme une sorte de panorama, avec cette différence qu'il fallait tourner autour pour le voir, au lieu de l'avoir autour de soi. Mais cela n'en préparait que mieux les surprises. A une extrémité commençaient les régions glaciales, avec leurs banquises si parfaitement imitées que l'on se

sentait frissonner de froid rien que de les regarder. Puis, on arrivait aux régions tempérées, avec des prés verdoyants émaillés de fleurettes et des bouquets d'arbres très bien peints, qui faisaient penser à la nature elle-

même. Enfin, on arrivait peu à peu, à l'autre extrémité, clans les pays les plus chauds, qui étaient éclairés par un soleil tellement torride que si Ton tournait le clos, pour les voir, à la triste nappe des eaux du Déluge et à la pluie qui tombait sans relâche, on aurait juré être au cœur même des déserts les plus brûlés.

Dans la salle des réunions, le spectacle était également ravissant. D'un

côté c'était la montagne et de l'autre c'était la forêt. 11 était vraiment surprenant de voir comment le décorateur avait, par son habileté, donné une illusion absolue. On avait beau se dire que du plancher au plafond cle la salle, il n'y avait que quelques toises de haut, ce n'en était pas moins des montagnes immenses qui s'étageaient devant vous, et l'on se figurait qu'il faudrait bien une bonne journée pour grimper jusqu'au sommet. Au contraire, du côté de la forêt, on avait un vif désir de s'enfoncer dans l'ombre, parmi les grands arbres, en foulant aux pieds un riche tapis cle fougères, de bruyères et de mousses. D'un côté on respirait, de l'autre on se reposait.

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Madame Noé fut émerveillée du talent de « son grand garçon » et elle appela ses autres enfants pour applaudir aux œuvres de leur frère. Ils furent en effet ravis de ce coup d'œil et ne doutèrent pas que les animaux n'en seraient charmés. Japhet, mis en humeur de discourir, entreprit de faire une longue dissertation sur les beautés de la nature et sur l'utilité de l'art. Mais naturellement, on prêta moins d'attention à ses paroles qu'aux œuvres qui en étaient le prétexte.

Sem, toutefois, fut le seul qui ne se montra satisfait qu'à demi.

— Qu'avez-vous encore? lui demanda Noé. Trouvez-vous quelque chose à redire, monsieur l'économe?

— Oui, répondit Sem... ou du moins je voudrais savoir avec quoi mon frère a peint tout cela. C'est qu'il y en a de la couleur là dedans! Ça doit coûter très cher!

— Ma foi, dit Cham, tu peux te rassurer. Tous ces champs, tous ces ombrages verts sont faits avec un demi-tonneau, tout au plus, de pois cassés et un demi-tonneau de conserve d'oseille. Le plus ardent soleil et les sables dorés du désert sont produits par le jaune d'une cinquantaine d'œufs. La neige, la glace, les nuages blancs, etc., ne coûteront pas plus de trois ou quatre mesures de farine.

« Enfin avec un pot de conserve de tomates et un demi-boisseau de charbon de bois, j'ai eu assez de rouge pour faire les fleurs, de noir pour les ombres, et le mélange de tout cela a amené des nuances très diverses que je ne t'expliquerai pas, parce que tu ne les comprendrais point. Faut-il te dire enfin que quelques touffes de poils de chèvre et de cerf, et des soies du cochon m'ont donné d'excellents pinceaux? Ce n'est pas delà dépense, n'est-ce pas? Et c'est avec l'eau même du ciel que j'ai délayé mes couleurs. Puis j'ai verni le tout avec le blanc des œufs.

Sem poussa un grand soupir, dont on n'aurait su dire si c'était de regret ou de soulagement, et il dit qu'en effet « toutes ces bêtises auraient pu encore revenir à plus cher ».

Les animaux, pendant les quatre jours, avaient reçu ordre de ne pas monter sur le pont, pour mieux jouir de la surprise. La dernière nuit de cette consigne, les peintures de Cham séchèrent, de façon que le matin tout fut en état et qu'on put se promettre une bonne journée, la pluie s'étant sensiblement apaisée.

Il ne pleuvait môme pas du tout lorsque le jour de la grande fête se leva. Tout au plus une petite brume, un léger brouillard, et la surface des eaux était parfaitement tranquille. Les animaux eurent, au réveil, un bon petit déjeuner, une double ration des choses qu'ils aimaient le mieux. Puis les portes cle leurs cabines furent ouvertes. 11 n'y eut que les serpents qui ne profitèrent pas de cette liberté, pour la raison que vous savez : on croyait toujours qu'il n'y avait eu qu'un serpenta bord, et que cet hôte perfide avait été coupé en quatre et jeté à l'eau. Les animaux même qui avaient reçu la visite et les mauvais conseils de tous les autres reptiles ne savaient pas s'il y en avait un ou plusieurs. Aussi on ne s'occupa pas cle l'absence du monstre, et tous ceux qui s'étaient naguère introduits àla faveur de son subterfuge, profitèrent de cette inattention pour s'en donner à cœur joie de vols, de mauvaises actions et de manœuvres méchantes que vous saurez bientôt. Mais laissons de côté ces canailles. Nous les retrouverons toujours assez vite.

Les animaux montent sur le pont avec beaucoup d'empressement. Ils sont curieux de voir ce qu'on leur a promis. Et voici que leur surprise est grande! Ils se croient positivement sur la terre, dans les pays qu'ils ont quittés il y a trente jours. « Est-ce que le Déluge est fini? » demandent-ils tour à tour à Noé.

— Non, pas encore, hélas! mes amis. Mais mon fils Cham et moi, nous avons voulu vous rappeler cette terre que vous avez perdue et que vous retrouverez pour peu que vous vous soumettiez, comme nous, à la destinée. Regardez-les bien, ces images cle la terre et voyez comme ce serait dommage si, par des imprudences, des folies ou des révoltes, vous vous mettiez dans le cas de ne jamais la revoir! Regardez, et espérez!

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Je ne sais pas si tous les animaux comprirent bien cette morale, si même ils y prêtèrent beaucoup d'attention. Mais certainement ils prirent grand plaisir à profiter de cette apparence de la terre, à défaut de la réalité.

Us firent de véritables promenades sans parcourir beaucoup de chemin. On avait ainsi non seulement l'agrément de l'excursion pour son propre compte, mais encore on s'amusait de regarder les autres accomplir ces voyages pour ainsi dire sans bouger déplace. C'est ainsi que l'on s'attroupa autour de la girafe, de l'autruche et du chameau, qui, ayant rencontré la partie qui représentait le désert, n'en voulaient plus bouger, et s'écriaient avec délices : « Oh! notre bon soleil! Enfin on respire ici! » Le lion ne fut pas moins satisfait devenir se réchauffer aussi dans ces parages, et vous jugez avec quel empressement on lui fit de la place. Sa Majesté la lionne se pelotonna frileusement auprès de son royal mari, et toutes ces excursions sans fatigue, depuis les régions glacées jusqu'aux régions brûlantes, eurent lieu jusqu'au milieu de la journée. On eut même quelque peine à faire revenir le lion, la girafe et le chameau de leur cher Sahara, de même qu'à arracher l'ours blanc des bancs de glace où il se prélassait délicieusement.

— Enfin, mes amis, criait Noé, il est temps de prendre quelques rafraîchissements!

11 fallut la magie de ce mot pour les arracher à leurs paysages de prédi-

lection. Car le mot rafraîchissement a cela de bon qu'il s'applique aussi bien aux boissons chaudes qu'aux boissons froides. Le lait bien chaud était un rafraîchissement pour l'ours blanc et l'eau fraîche en était un pour le lion et la girafe.

Le banquet le plus plantureux que l'on avait pu était dressé dans la salle des fêtes. Je ne sais pas si l'économe Sem fut content ou non d'un pareil gaspillage. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il en prit son parti et, résigné à tout, mangea de façon à tenir tête au plus glouton. Pour lui, c'était toujours cela de sauvé î

Noé présidait le repas, naturellement, ayant à sa droite la lionne et à

sa gauche la brebis. Madame Noé lui faisait face, et à ses côtés étaient le lion et le rhinocéros. Sans doute elle aurait mieux aimé ses petits déjeuners tranquilles, en famille. Mais elle savait qu'il fallait faire un sacrifice pour rendre les animaux un peu contents. D'ailleurs elle avait sur son épaule sa colombe; et à ses pieds, sous la table, sa petite chienne Didine, faisant la belle à chaque instant pour avoir un « nonos ».

— Charmants petits amis! dit le rhinocéros avec le plus d'attendrissement qu'il pouvait. Et comme ils sont heureux d'avoir une aussi bonne

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maîtresse! Moi, malheureusement, je suis un peu trop gros pour être un compagnon d'agrément comme cela. Et puis, j'ai cette corne sur le nez... Est-ce que cela se voit beaucoup?

— A peine, répondit la bonne M me Noé qui n'aimait affliger personne.

— Vous êtes un véritable artiste, disait chaleureusement l'éléphant à Cham, à côté de qui on l'avait placé. Moi j'aime beaucoup les arts. Mon rêve, ce serait de jouer de la musique, de faire des tours d'adresse, d'émerveiller les gens avec mille petits exercices que l'on ne me croit pas capable de faire.

— Cela viendra certainement un jour, mon cher ami.

Comme tous les hôtes de l'arche n'auraient pas pu tenir dans la salle de réception à moins d'être très gênés, on avait, sur la galerie extérieure, dressé des « petites tables » pour les plus jeunes animaux, et pour ceux de moindre importance. Comme toujours, à ces petites tables, on fut excessivement gai.

L'écureuil, le hérisson, le lièvre, le cochon d'Inde, le furet, le

lapin, le tatou, la belette, le lézard, bien d'autres encore, étaient extrêmement animés et se montrèrent si spirituels qu'autour d'eux on riait

comme des fous. La taupe, à qui ses voisins faisaient des farces, mais sans méchanceté, à cause de sa myopie, ripostait avec un esprit très fin.

A la table d'honneur, le repas ne se poursuivait pas moins gaiement et avec moins de cordialité. Noé oubliant un instant ses préoccupations, buvait de larges coups de vins, et ses fils en faisaient autant. Aussi voyaient-ils tout en beau, et finissaient-ils par trouver même que le Déluge avait ses bons côtés. Il y avait d'ailleurs une détente générale des esprits. Les singes eux-mêmes avaient pris leur parti de cette complète bienveillance. Un d'entre eux ayant eu la velléité de faire une mauvaise plaisanterie, et d'essayer, sous couleur de gambade, si cela ne pourrait pas se transformer en signal de révolte, avait été hué si violemment, même par ses compères habituels, qu'il se l'était tenu pour dit, ainsi que les autres babouins. Remettant clone à plus tard leurs vilains projets, ils amusèrent les autres et s'amusèrent pour leur propre compte.

Le loup, qui était placé à côté de madame Japhet était devenu presque aimable et il lui expliquait qu'on ne connaissait pas son caractère :

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— Je suis bon! disait-il, je suis très bon! c'est bien douloureux d'être mal compris quand on est bon, quand on est si bon!

A la fin du repas, on chanta quelques chansons et on poussa des hurrahs en l'honneur de Noé. Quand on se leva, le renard profita du petit moment de désordre qui règne alors pour s'approcher du patriarche et lui dire :

— Vous n'avez pas, dans toute l'arche, de meilleur serviteur et de plus dévoué partisan que moi. L'autre jour j'étais forcé de prendre la parole au nom des mécontents. Mais vous avez dû voir que j'en souffrais beaucoup.

— Ma foi non.

— Ah! vraiment? Ça ne se voyait pas? Eh bien, la douleur cachée est encore plus dure... Enfin, si vous voulez, j'ai un de mes amis qui vous avertira de très grands dangers et vous aidera à connaître vos ennemis... Il ne demande qu'un très faible prix de ses services..., seulement quelquesunes de ces jolies poules que vous avez là. Il en prendra bien soin, d'ailleurs...

— Tu peux dire à ton ami, répondit Noé, que si à défaut de poules, il voulait se contenter de quelques coups de bâton, il n'aurait qu'avenir me trouver.

— Comme vous avez raison! Je le lui avais déjà dit... Ce n'est pas de moi qu'il s'agit, au moins? N'allez pas croire un instant...

- Oh! je te sais tellement loyal que je ne te demande même pas le nom de ton ami. Tu serais incapable de le trahir, même pour la bonne cause.

— Merci, Monseigneur, merci! dit le renard d'un ton pénétré et en pensant intérieurement : « Tu me le paieras. »

Cette petite conversation passa inaperçue dans le brouhaha. Les animaux allèrent ensuite faire la sieste, et ils furent priés auparavant de se retrouver dans quelques heures sur le pont, pour assister à la fête de nuit.

Le soir venu, on avait allumé de grandes torches dans la salle de gala. Au dehors, comme si cela avait eu lieu tout exprès, il faisait une

magnifique soirée étoilée, et le clair de lune était si beau et si brillant qu'on se serait cru comme en plein jour. L'arche semblait flotter sur une immense nappe d'argent. Rien n'était plus émouvant et plus admirable. Les grands ducs, qui honorèrent de leur présence cette seconde partie des fêtes n'ayant pas pu sortir pendant le jour, ainsi que la chouette, le chat-huant et la chauve-souris, trouvèrent seulement qu'on y voyait un peu trop clair, mais que c'était tout de même parfait, malgré cette légère critique qui leur était purement personnelle.

Les filles de Noé dansèrent de très belles danses, d'abord pour le plaisir de leurs parents et de leurs maris, puis, pour le plaisir des animaux qui formaient un public très connaisseur, et enfin pour leur propre plaisir, qui n'était pas le moindre clés trois. Elles avaient revêtu leurs plus beaux costumes et s'étaient parées des riches bijoux que Noé, vous vous en souvenez, leur avait défendu d'emporter. Mais il n'eut pas le courage de les gronder en les voyant aussi gracieuses.

Il y eut ensuite des intermèdes musicaux. Une délicieuse cantate fut exécutée par tous les oiseaux chanteurs, avec les insectes qui bourdonnaient la basse. Un solo du rossignol fit pleurer les bêtes les plus insensibles. Le loup déclara qu'il comprenait maintenant pourquoi l'on disait que la musique adoucissait les mœurs : il suffisait d'entendre une pareille chanson après avoir fait un très bon dîner pour se sentir provisoirement meilleur. L'âne fut tellement enthousiasmé qu'il voulut marquer la mesure et chanter en même temps que l'artiste. On le pria de se taire. Il obéit mais sans comprendre pourquoi et il fut même un peu froissé.

Ce ne fut pas le seul intermède comique. Les singes en firent un à leur tour et très réussi; c'étaient de vrais clowns, accomplissant des sauts périlleux, des culbutes, des poursuites extraordi-

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