I.E MATIN DANS L \KCIIE
LES CARACTÈRES SE DESSINENT, ET MÊME TROP BIEN
niaient encore. Au contraire, de porte à porte, on commençait les conversations et les commérages : « Avez- vous bien dormi? — Très bien et vous? — Moi j'ai fait un rêve. — C'est peut-être la digestion... etc., etc. »
Cham et Japhet, aidés cle leurs femmes, se mettaient alors à distribuer la nourriture à tout ce monde. Us avaient chacun une sorte de grande brouette, ou si vous aimez mieux, de petite charrette à bras, qui contenaient, l'une la viande fumée et salée, ainsi que le lard, pour les carnivores, l'autre les herbes, graines, foins, conserves cle légumes ou de fruits pour les granivores, herbivores et frugivores. En passant devant chaque cabine, Madame Japhet avec une pelle, Madame Cham avec un tranchoir, faisait la part cle viande ou de végétal qui convenait, et la jetait, ou déposait dans l'auge qui était le principal meuble et ornement du compartiment.
Lorsque la charrette était vide, comme il aurait été très fatigant et très long de redescendre chaque fois à la cale et de remonter avec le nouveau chargement, il y avait un système très ingénieux cle déclenchement de la partie supérieure de ces voitures, qui, amenée à un certain endroit du palier, était descendue par un non moins ingénieux système
de câbles et de poulies. Là, arrivée au fond, c'était Noé lui-même, qui avec la force surprenante de ses vieux bras, remplissait de nouveau cette grande boîte, et elle remontait par le môme moyen. C'était, en somme, un mécanisme à peu près semblable à celui de ces chariots que vous voyez sur la Seine puiser au fond des bateaux et élever ensuite, des charges de moellons, de sable, et de tant d'autres choses.
Pour l'eau, naturellement elle ne manquait pas, comme l'avait dit naguère Noé en plaisantant. On la puisait hors cle l'arche, dans des sortes de baquets à roulettes, et on la distribuait dans les abreuvoirs au moyen d'une petite pompe à main. C'était bien un peu primitif, mais on n'avait pas eu le temps d'établir une canalisation et des robinets, et du reste c'eût été du travail superflu pour un voyage d'une durée limitée, et un bâtiment qui ne devait servir qu'une fois.
Ainsi se passait une grande partie de la matinée. Noé tenait beaucoup, une fois la nourriture distribuée, à faire le tour complet de toutes les galeries, afin de s'assurer que personne ne manquait de rien et que l'état des esprits était bon. De temps en temps il s'arrêtait un peu à telle ou telle porte, donnant un conseil à celui-ci, remontant le courage de celui-là, car il y avait des animaux qui s'ennuyaient et l'ennui est une maladie contagieuse que Noé redoutait pour ses pensionnaires.
Dès le jour où ils avaient été à même cle reprendre connaissance, il les avait exhortés à la patience, et il avait même promis des récompenses, c'est-à-dire des friandises, à ceux qui se montreraient les plus gais, les plus courageux. Aussi les oiseaux, qui donnaient par leur concert l'exemple d'une douce harmonie, avaient-ils toujours d'excellentes graines et les autres douceurs que l'on pouvait trouver.
De même, bien qu'il n'eût pour eux aucune estime, Noé était redevenu un pou moins sévère pour les singes, qu'il ne pouvait pas supporter tout d'abord. Il avait remarqué, en effet, qu'ils entretenaient la gaîté dans sa propre famille par leurs grimaces, et lui-même, tout sévère et préoccupé
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qu'il fût, il ne pouvait parfois s'empêcher de rire en les voyant se livrer à leurs gambades.
Mais il ne fallait pas, par exemple, qu'ils fissent la plus petite mauvaise farce aux autres, car à la moindre plainte, il avait deux sortes de châtiments à leur disposition. Le premier, et le plus simple, c'était de les cingler de quelques coups de badine, ce qui les faisait crier et ouïncer de la belle manière, et ce qui n'était peut-être pas fait pour diminuer leurs vieux et secrets désirs de vengeance. Le second moyen de les punir, qui était en même temps très utile à la bonne tenue de l'arche, c'était de les contraindre à faire le ménage.
Car enfin, il fallait bien quelqu'un pour balayer l'arche du haut en bas, laver le pont, enlever et jeter les déchets, enfin faire tout ce que fait un équipage. Cette besogne aurait été au-dessus des forces des six personnes que nous savons, et on pense aussi que Noé et sa femme étaient trop
âgés, et de plus trop absorbés par la direction générale pour aider leurs enfants clans cet énorme surplus de travail.
Or, tous les jours il venait quelques
plaintes des autres bètes au sujet des
singes. Xoé, dans l'après-midi, recevait
les réclamations dans la salle des fêtes,
tandis que Cham s'amusait à dessiner les
mécontents qui venaient à ces audiences.
Celui-ci se plaignait qu'un singe était
venu lui tirer la crinière pendant son
sommeil, ou lui avait volé sa portion.
Celui-là, qu'un autre singe avait causé,
par d'horribles grimaces, « une grande
frayeur à son épouse ». Toutes ces incar-
tades étaient régulièrement punies, suivant la gravité des cas, par un, deux ou plusieurs jours de corvée.
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Mais le résultat de cela fut que si les besognes du ménage ne manquaient jamais de bras, les singes allaient et venaient, sous prétexte de balayage des galeries et dv* cabines, du haut en bas de l'arche, et avaient plus de liberté que tous les autres animaux, à qui il n'était permis de sortir qu'à certaines heures de la journée, pour prendre un peu d'exercice.
C'était, de la part de Noé, une grande imprudence, et qui nous étonne un peu. Car des singes qui se promènent ainsi partout, entrent dans toutes les cabines, peuvent fort bien préparer de graves désordres sans qu'on s'en aperçoive, organiser une conspiration, que sais-je? Voyez-vous, par exemple, que ces singes mal faisants viennent s'entendre avec les serpents, ou tels autres compères de leur valeur?
Pour l'instant, il faut croire que ce dernier danger n'est pas à craindre, car justement une après-midi, le serpent, qui n'avait pas encore voulu sortir de sa cabine, toujours à cause de cette fameuse migraine, est venu réclamer à Noé contre des gorilles et des chimpanzés, qui pendant la nuit, le prenant chacun par un bout, et les autres s'élançant à tour de rôle, s'étaient servis de lui comme de corde à sauter!
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Cette plainte, qui taisait rire aux larmes l'imprudent Cham, toujours prêt à s'amuser des choses sans les observer utilement, valait aux sauteurs
une forte distribution de jours de corvée. Il n'y avait clone pas à redouter que singes et serpents, devenus ainsi ennemis mortels, eussent l'idée de s'entendre ensemble. A moins, pourtant, que tout cela ne soit une comédie arrangée d'avance entre tous ces chenapans? On ne peut jamais savoir, avec dételles espèces.
Nous n'avons pas la même confiance que Noé ni autant de préoccupations que lui, et nous avons plus de perspicacité que ce paresseux de Cham, chargé spécialement cle la surveillance, mais dormant la journée entière, si nous suivions un peu ces singes balayeurs pendant une de leurs tournées? Nous serions certainement renseignés. On dirait que voici tout d'abord entre le chimpanzé et le renard un assez étrange colloque. Us se parlent bien bas à l'oreille! Il faut croire qu'ils n'ont* pas des choses bien honnêtes à dire. Malheureusement nous ne pouvons entendre que des lambeaux de phrases, quelques mots par-ci par-là.
~ vilain temps... toujours durer?...
— faute à Noé qui...
~" prisonniers clans cette arche cle malheur...
~~ certainement des endroits pas inondés...
— étions si bien chez nous!... fait venir...
peut pas continuer... mal nourris... poules qui ne servent à
rien...
__ roi à la place de Noé, je vous permettrais de les prendre
toutes...
— Vous êtes aussi beau et aussi intelligent que lui, plus même!
Si vous voulez, nous pourrons...
— C'est entendu. Je vais déjà trouver..., et puis
je verrai si les...
"'"tâ — agir avec beaucoup de prudence... Si
Noé... mille coups de bâton, et même peut-être... 7 P( — ... ferons comme si nous étions mal ensem-
~ AC.^ ble... déjà réussi avec le serpent, qui est des nô- ^f/ très.
Voilà déjà, à la fin de ce dialogue, un renseignement bien clair. Mais le singe va maintenant balayer la cabine du loup. Cette fois, il y en a un des deux que l'on comprend, car le loup parle avec colère et sans se soucier de velouter sa voix.
— vilain temps... toujours durer?...
Moi, je deviendrai fou de rage, ici! Il faudra qu'un de ces jours je
fasse un malheur !
— Parlez plus bas! sapristi!... le renard...
— Le renard fait ce qu'il veut. C'est un capon. Moi, j'ai reçu un certain coup de bâton dont je me vengerai. Et puis il y a un mouton, là-haut, qui me plaît beaucoup. Et puis il y a aussi deux ou trois chiens, de ces loups traîtres et dégénérés, à qui il faut que je casse les
reins. y&0-<
— plus bas, donc!... roi à la place de Noé ^^^^^^V
je vous permettrais tout de suite... ,
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— "Je n'ai pas ^besoin de roi, ni de permission. Je me servirai bien tout seul.
Le singe quitte 'précipitamment ce personnage compromettant et va trouver l'hyène qui fait les cent pas dans sa chambre. Elle répond par
de courts grognements presque inintelligibles que nous sommes obligés de traduire.
— vilain temps... toujours durer...?
- Ça m'est égal, mais ce qui m'ennuie, c'est leur viande salée ou fumée. C'est écœurant! Quand il serait si simple de la laisser pourrir. C'est bien meilleur.
— projet de devenir roi... aurez tant que vous en voudrez de
la... le renard... le serpent... voulez-vous nous aider?..
— Oui, à la condition que ça se passe la nuit.
Puis, c'est encore une visite au voisin le chacal, qui répond d'une petite voix fine comme son museau pointu.
— ... vilain temps...
— Oui, on s'ennuie ici; on n'a pas de liberté. Il fait humide; j'aime la sécheresse.
— roi à la place de Noé, il ferait très sec... nous aider...
— Je veux bien attaquer Noé, ou ses fils; mais il faudra d'abord que
vous les fassiez tomber. C'est plus fort que moi, je ne peux pas combattre les gens quand ils sont debout.
Tous ces dialogues avaient lieu très rapidement, et aux heures où Noé, pensant que les animaux se reposaient, prenait lui-même un peu de repos. Cham était trop occupé à peindre des marines, ou à dormir, Sem à faire des calculs, et Japhct des discours, pour se livrer de leur côté à des rondes bien vigilantes. Les femmes ne descendaient dans la ménagerie qu'aux heures où il fallait aider à la distribution des repas. Le reste du temps, elles recommençaient à se parer, à essayer leurs costumes et leurs
bijoux et à se regarder dans les miroirs apportés en contrebande. Quant à la maman Noé, elle était si bonne, si candide et si honnête que si elle avait entendu cela de ses propres oreilles, elle ne l'aurait pas cru. C'est pour ces raisons que de pareilles conversations purent être tenues en cachette.
D'ailleurs une conspiration, ce n'est pas si facile à mener à bonne fin, et les plus perfides ou les plus féroces des complices que les singes
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avaient recrutés se sentaient encore isolés ; pour réussir, il fallait dresser un plan, se concerter, prendre bien des précautions, être sûrs de se sentir en nombre.
Or, les singes n'avaient pas été également bien accueillis dans toutes leurs négociations ténébreuses.
Voici, par exemple, l'astucieux chimpanzé qui va voir le lion, et commence à exécuter devant lui toute une série de salutations, courbettes, génuflexions et salamalecs, que le noble animal accueille avec le plus parfait mépris. Mais un singe ne se déconcerte pas pour si peu, et tandis qu'il balaye respectueusement la chambre royale, il feint de se tenir des discours à soi-même, à parler de celui qui devrait être le véritable maître de l'arche; il serait si bien servi par les singes, au lieu d'être un esclave comme les autres; en fi; diverses insinuations de ce genre simplement pour résultat de faire froncer le sourcil au lion, et de
provoquer chez lui un grognement accompagné d'un coup d'œil tellement significatif, que le diplomate, oubliant toute prudence, s'enfuit avec un cri de peur si aigu, que la famille de Noé accourt, et que toute l'arche est en émoi.
— Je me suis pincé le doigt dans une porte, gémit le singe qui a vite repris son sang- froid. Madame Noé veut le soigner, mais il s'y refuse obstinément et, ses doigts dans la bouche, il rentre dans sa cabine.
Le lendemain, il dit qu'il va mieux et avec une docilité touchante, insiste pour reprendre sa corvée.
Il fait une tentative, cette fois, auprès de l'éléphant, qui a l'oreille très
fine et l'entend très bien sans avoir besoin de se pencher, quoique l'autre chuchote à peine. Il le laisse parler sans l'interrompre, tandis que son petit œil brille gaiement, ce qui ne peut être, pense le singe, qu'un signe d'approbation. Puis quand le discours est fini, l'éléphant répond, ni trop haut ni trop bas, sur un ton de cordiale bonhomie.
— Écoute, mon cher garçon. Je n'ai pas le tempérament d'un conspirateur et je trouve ta conduite parfaitement dégoûtante. Mais je n'ai pas non plus la nature d'un délateur, et ce n'est pas par moi que Noé apprendra vos petites machines, Au reste, je pense qu'il n'a pas besoin cle mon concours pour être plus fort que nous tous. Cependant, si tu venais me reparler de ces affaires là, tu verrais comme c'est amusant d'être forte-
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ment saisi par une bonne trompe, d'être gracieusement balancé dans les airs, et d'aller faire un plongeon très loin dans l'eau. Et puis, s'il m'arrivait de te surprendre en train de faire le mal, quelque chose me dit que j'aurais le malheur, sans le faire exprès bien entendu, de poser ce petit pied que voilà sur ta vilaine tête d'homme manqué. Bonsoir, mon ami. Ne crains pas de revenir me voir, d'ici-là, pour tenir ma cabine bien propre, parce qu'un ménage mal fait, ça, c'est une chose dont je pourrais me plaindre.
Nous avons vu également que le loup n'avait qu'à moitié accueilli les ouvertures qu'on lui avait faites. Sans être précisément animé de bonnes dispositions à l'égard de Noé, c'était un médiocre conspirateur si c'était un sujet dangereux.
Il aimait bien faire de mauvais coups, mais il n'avait pas besoin de collaboration.
Le singe fut encore assez surpris de ne pas trouver une adhésion aussi empressée qu'il l'aurait cru de la part de certains de ses compagnons sur la cruauté ou l'égoïsme desquels il comptait. Ainsi le tigre l'envoya dédaigneusement promener.
Lorsque le singe lui dit que s'il obtenait son aide pour devenir roi à la place de Noé, il lui permettrait de manger tout ce qu'il voudrait dans l'arche, le tigre lui répondit avec un sourire sinistre que, sans avoir besoin de changer de maître, il pourrait un de ces jours se passer la fantaisie de manger du singe tout frais.
i De même le chat, en se léchant les pattes et en se les passant par dessus l'oreille (ce qui est signe de pluie, et un geste très approprié aux circonstances) dit qu'il ne voulait pas d'affaires, et qu'il n'aimait pas à travailler pour les-autres. C'est peut-être pour cela, soit dit ant, que plus
comme revanche, un descendant de ce singe fit tirer les marrons du feu par un arrière petitfils de ce chat.
L'ours ne voulut non plus rien savoir. Avec une espèce de gros bon sens moqueur de sa race, il tint ce raisonnement, en somme assez logique, que si l'homme l'ennuyait déjà beaucoup avec deux mains, le singe lui causerait deux fois plus de souci avec quatre.
Le cochon ne comprit absolument rien à ce qu'on lui voulait, sinon qu'il vit dans le singe un balayeur, c'est-à-dire un ennemi personnel.
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Par contre, le chef des conspirateurs trouva une approbation chez certains vaniteux qu'il sut flatter à propos, le dindon par exemple, et chez
certains oiseaux de' proie comme la buse. Mais c'étaient d'assez faibles concours. On ne peut pas compter non plus comme un fameux appoint la vague promesse du mouton qui, en gémissant, déclara qu'il suivrait ceux qui seraient les maîtres.
Le singe s'était bien gardé de faire des révélations et des propositions à ceux qu'il savait loyaux, comme le chien à qui il avait déjà eu affaire, ou le bœuf, dont il connaissait les cordiales relations avec les hommes.
Il essaya bien de gagner l'âne cà la mauvaise cause, mais celui-ci, très têtu, refusa obstinément, en secouant ses oreilles, de s'engager dans une entreprise qu'il ne connaissait pas.
Un peu déconfit de ces divers échecs, le chimpanzé s'en alla retrouver le serpent pour calculer avec lui le nombre des partisans, celui des indifférents et celui des adversaires.
Ils conclurent que les premiers étaient les moins nombreux, et que les indifférents formaient la grande majorité.
— C'est parfait, siffla le serpent. Ce sont les meilleures conditions de succès. Et puis, tu oublies ma petite famille. Enfin, continue. Tu n'as pas encore vu tout le monde.
Le singe eut la mauvaise idée de « continuer » en effet, tout de suite, et il se rappela qu'il n'était pas encore entré en pourparlers avec le cheval.
11 faut croire que ce qu'il alla lui dire ne fut pas du goût de cette bonne bête, car, avant môme d'avoir fini, il en recevait, dans la mâchoire, une si violente ruade qu'il avait la tête fracassée et expirait sur-lechamp.
Noé ne songea pas un instant h punir le cheval, certain qu'il avait eu d'excellentes raisons. Il eut seulement une petite discussion avec Sem qui voulait distribuer aux carnivores, à titre de récompense (et aussi, au fond de sa pensée pour faire une économie de salaisons), les restes du défuntpour leur déjeuner.
— Tu es fou! Donner le goût cle la viande fraîche à ces fauves que j'ai eu tant de peine à en déshabituer! Eh bien, il nous en arriverait cle belles ! Jette-moi ça dans l'eau.
Le chimpanzé écrabouillé excita peu de regrets. Son aventure eut pour effet de retarder un peu les projets des conspirateurs en les privant de la plus forte tête, et en jetant le désarroi parmi eux. Mais le mouvement
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était commencé; il restait assez de singes et de serpents pour le reprendre, et nous ne serons plus, dorénavant, très surpris s'il se passe un jour des choses fâcheuses.