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AUX DAMES MONDAINES

Pour vous, beautés coquettes,

De tout âge et tout rang :

Laissez sur vos toilettes

Et ce rouge et ce blanc ;

De votre Créateur

Vous détruisez l’image,

Par le secours d'un art trompeur, Pourquoi, de ce divin Auteur, Réformez-vous l'ouvrage ?

Pour tous, tant que nous sommes, Jésus prêche aujourd’hui ;

Il vient chercher les hommes :

Aucun ne vient à Lui.

Nous marchons ici-bas

Dans une nuit profonde ;

Il vient pour y dresser nos pas, Ie monde ne le connaît pas.

Peut-on aimer ce monde ?

Messire Jean Guyot,

Le vicaire d'Eglis,

Apporta tout plein pot

Du vin de son logis.

Messieurs les écoliers,

Tous icelle nuitée,

Se sont mis à chanter de haït (3) Ut, ré, mi, fa, sol, la, la, la

A gorge déployée.

(1) Mener grand soulas : se divertir, faire de grandes réjouissances. (2) Mener grand rusterie : aire grand lapage, mener le

diable à quatre, s'amuser bruvamment.

chanter de joie, chanter gaiement, de bon cœur.

(3) Chanter de hait :,

un son

UxX,

tout bas 5,

es lieux

| les cieux.

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Inmes,

pas,

It (3)

réjouismener le

le haït :

Nons prieronsitous Marie,

Et aussi son cher Fils,

Qu'il nous donne la gloire Là-sus en paradis ;

Après qu'aurons vécu

lin ce mortel repaire,

Qu'il nous veuille garder d'aller Tous en enfer là-bas, la, la,

In tourment et misère.

Le noël de Pellegrin eut un grand succès.... de médisance. C'était beaucoup moins un cantique qu’une satire chantée beaucoup plus par malice que par dévotion. On y chercherait vainement d’ailleurs les sentiments tendres et délicats du Ça, bergers, assemblons-nous, non plus que les belles pensées religieuses du Venez, divin Messie. Les Riches, les Marchands, les Mondaines s'en amusèrent, les Gers de Justice et de Qualité en rirent, les Æors ne tremblèrent point sur leurs trônes, malgré que Pellegrin, jouant au petit prophète, leur eût déclamé

en trémolo :

‘* De votre autorité L'éclat va disparaître ! ””

Fâcheusement pour le poète-abbé son cantique avait un couplet de trop, le troisième. Ce prêtre, interdit par son Ordinaire, osait dire aux /ré/ats :

Puissances de l'Eglise,

Venez, à votre tour,

D'une âme plus soumise Faites-Lui votre cour.

Auprès de son berceau

Vous devez vous instruire

Pour bien veiller sur un troupeau Il faut, de ce Pasteur nouveau, Apprendre à le conduire! (1)

(1) Sur l’air du noël d'Arpajon et ia disposition rythmique des strophes de Pellegrin, un poète anonyme a composé Ze /%!s du Roi de gloire que l’on chante et chantera dans notre belle province de Québec aussi longtemps qu'on y parlera le français :

.‘" Le Fils du Roi de gloire Est descendu des cieux, Que nos chants de victoire Éclatent dans ces lieux ; ”?

Ete., etc., etc.

Ce cantique est dans tous les recueils à l’usage de nos maisons

d'éducation. Inutile donc de le publier ici.

Cent ans auparavant, et sur la garantie de bons auteuts, Saumaise avait écrit :

Qu'il ne faut jamais dire aux grands De vérité qui leur déplaise.

Pellegrin ignorait-il ce sage conseil, ou le méprisa-t-il ? Il en était fort capable. L'odium theologicum, qui faisait trembler Erasme lui-même, le laissait impassible et froid. Aussi faut-il ne voir dans l’insolence et l'audace de ce couplet qu'un défi lancé à l'autorité ecclésiastique, la bravade d’un révolté, outrageant l’épiscopat français dans la personne de l'archevêque de Paris lequel avait mis Pellegrin en demeure de choisir entre la messe et l'onéra. Celui-ci, ayant opté pour le théâtre, fut interdit. lnae ire !

Lémn ! !

auteuts,

1sa-t-11 ?

i faisait et froid.

e de ce ique, la français el avait esse et interdit.

De la musique des dix-huit Voë/s anciens que nous ont conservée les Voë/s nouveaux de Pellegrin, nous ne chantons plus aujourd'hui que quatre airs: ceux du Venez, divin Messie, du Ça, bergers, assemblons-nous, d’'Allons tous à la Crèche, et à’ Ente nds ma voix fidèle, (le /es$s Ahatonnia que les Hurons de la Jeune Lorette chantent dans leur chapelle, tous les ans, à Noël et à PEpiphanie.) Ce sont les seuls demeurés au répertoire. Les quatorze autres ont absolument disparu de nos recueils modernes.

On peut cependant encore en entendre chanter un cinquième dans nos églises quand on y donne la ÆZesse de Noël de Perrault—DEo INFANTI. Tout l’Agnus Der, à l'exception des ‘rois derniers mots, doxa nobis pacem, que l’habile sulpavien fait chanter sur l’air, universellement connu, de Vouvelle agréable, tout D Agnus Dei, dis-je, est écrit sur le thème d’une imélodie primitive, Or, nous dites, Marie, exhalant, comme une fleur, un parfum de douce mélancolie.

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