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Faust, nglaise + étable,
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avec des intermèdes pour orgue du plus bel effet, La mélodie en est exactement la même ; seulement, elle est écrite à six-huit tandis que notre version canadienne est chantée à quatre temps. Ne serait-ce qu’à titre de curiosité artistique cette modification de la mesure de ce morceau mérite d’être signalée.
A l’origine, c’est-à-dire en 1750, à l’époque où la musique en fut publiée, pour la première fois, par l'éditeur Garnier, Dans cette étable se chantait à deux temps (deux-quatre), mesure un peu terre à terre, très fréquente dans la chanson populaire. Plus tard, nous retrouvons la même mélodie écrite à six-huit, un temps de barcarolle ; c’est la mesure adoptée par Gounod. Enfin M. Ernest Gagnon, l’écrivant sous la dictée même de la voix du peuple de nos campagnes canadiennes-françaises, la fixa à quatre temps, mesure plus grave et décidément plus en rapport avec le sens élevé des paroles. Ce sera probablement la mesure définitive de cette mélodie et ce rythme prévaudra. À moins qu’il ne s'élargisse encore et atteigne le majestueux douze-huit, ce qui n’est guère probable, car cette mesure serait vraiment trop pompeuse pour un chant aussi peu développé.
L'auteur des paroles du noël anglais, M. Henry Farnie, me paraît s’être inspiré de la lecture du vieux noël français pour la première strophe de sa pastorale :
Dans cette étable Craddled all lowly,
Que Jésus est charmant ! Behold the Saviour child. Qu'il est aimable A Being holy
Dans son abaissement ! In dwelling rude and wild ! Que d’attraits à la fois ! ! Ne'’er yet was regal state Tous les palais des rois Of monarch proud and great, N'ont rien de comparable Who grasp’' d a nation's fate Aux beautés que je vois So glorious as the manger-bed Dans cette étable. Of Bethlehem !
Il est possible, cependant, qu’il n’y ait dans tout ceci que la rencontre fortuite d’une même idée par deux poètes absolument étrangers l’un à l’autre. Qui, de nos jours, pourrait bien prétendre à la propriété exclusive d’une idée originale ; la revendiquer, la breveter comme une invention mécanique? Il est rare que l’on pense
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quelque chose d’absolument inédit en littérature. Tout le mérite repose maintenant dans le bonheur de l’expression, plus ou moins neuve, plus ou moins géniale. Bien avant l’an de grâce 1750, bien avant Fléchier, ils étaient légion ceux-là qni avaient dit, écrit, chanté, dans toutes les langues vivantes du Christianisme, ‘“ que les splen- ‘“ deurs accumulées des palais des rois de la terre n'avaient ‘ rien de comparable aux beautés mystiques de l’étable “ de Béthléem.” Et avant eux, à trois ou quatre siècles d’antériorité, une prose célèbre de la liturgie, le magistral Votis Pater annuit, chantait à l'Enfant-Dieu, aux vêpres solennelles de Noël :
Calum cui regia Stabulum non respuis ; Qui donas imperia Servi formam induis :
Sic teris superbiam.
‘Toi qui as le ciel pour royaume, Tu ne dédaignes pas ‘“ une étable ; Toi qui donnes les empires, Tu revêts la ‘{ forme de l’esclave : ainsi Tu écrases l’orgueil.”
De cette grandiose antithèse naquit cette idée très belle, très juste du cantique de Fléchier, que l’on retrouve, traduite avec une rare élégance dans le CHristmas carol de M. Henry Farnie, mais qui n’en est pas moins connue de tous et commune à tous.
Quant aux deux autres strophes de la pastorale anglaise, elles me paraissent absolument originales et, conséquemment, étrangères à toute réminiscence, immédiate ou lointaine, des pensées et des sentiments exprimés dan les quatre autres couplets du noël français.
Monsieur Edward A. Bishop, l’organiste dist la cathédrale anglicane, m'a gracieusement tram unis un exemplaire du noël de Gounod avec copie de la pastorale Je lui suis très reconnaissant de cet acte de courtoisie.
Voici les deux autres strophes du CAristmas carol :
—bhet 1 1de ie = OP sé
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re, Tout e l’expresale. Bien ils étaient ins toutes les splenn'avaient e l’étable tre siècles le magis- Dieu, aux
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idée très e l’on rele CArestest pas
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is un bastorale toisie.
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NOFLS ANCIENS 157
No longer sorrow,
As without hope, oh Earth !
A brighter morrow
Dawn'd with that infant's birth !
Our sins were great and sore,
But those the Saviour bore,
And God was wroth no more,
His own Son was the Child that lay in Bethlehem !
Babe weak and wailing,
In lowly village stall,
Thy glory veiling,
Thou cam'’st to die for all !
The sacrifice is done,
The world's atonement won,
Till Time its course hath run,
O Jesu Saviour! morning Star of Bethlehem !
Hallelujah ! Hallelujah! Amen.
Le jour de Noël, de l’an de grâce mil huit cent quatrevingt-seize, le cantique de Gounod fut chanté, pour la première fois, à la cathédrale anglicane de Québec. Comme ses murailles durent, à ce rythine, frémir étrangement ! Et pourquoi? Quare fremuerunt ? C'est que, tout au bas de leurs fondations et leur servant d’assises, reposent, enfouies dans le sol, les ruines bénites du vieux Couvent des Récollets. L'église métropolitaine protestante n'avait cru vibrer qu'aux voix des choristes et de l'orgue ; inconsciente, elle avait tressailli d’allégresse, de toute la joie de cette pierre angulaire de la Maison spirituelle des Fils de saint François, pierre invisible, pierre égarée, perdue, plus ensevelie en apparence dans la mémoire des hommes qu’oubliée sous terre, pierre vivante cependant, possédée d’un cœur et d’une âme, réminiscente, après cent ans de silence absolu, du vieux noël languedocien, à l'air doux et tend 2e, jadis aimé ! (1)
(1) 1 ouvent des Récollets à Québec fut incendié le 6 septembi 6.
Oh ! qu’elle est vraie cette parole de Musset : ‘rien n'est meilleur que d'entendre air doux et tendre, jadis aimé.” La seule lecture de ce cantique m'a toujours causé une émotion profonde, jugez de son effet lorsqu'on me le chante.
Dans cette étable est à nos églises catholiques françaises ce qu'est à nos foyers notre délicieuse chanson A la claire fontaine. V'hymne national de la province de Québec, l’?ve la Canadienne, l'est peut-être moins que ce cantique qui nous rappelle trois patries : le Canada, la France, le Ciel! Universellement connu, universellement aimé, on le chante, universellement aussi, par toute l’immensité territoriale du Dominion : du fond de la Baie des Chaleurs aux sommets glacés du Klondyke,— car cette année même, que dis-je ? aujourd’hui, (2) dans les montagnes d’or de l’Alaskä, à Dawson-cité (3), à Juneau-ville, il y aura des mineurs canadiens-français pour célébrer, à la bonne manière des ancêtres, la traditionnelle messe de minuit—de Vancouver à Anticosti, sur tous les points géographiques de la Puissance, et dans les quarante-cinq Etats-Unis de la République américaine où vit plus d’un million de nos compatriotes, partout enfin où vous rencontrerez un Canadien-français. Victor Hugo demandait au Seigneur, comine une grâce suprême, d’épargner à ses parents, à ses amis, même à ses enneinis triomphants, le spectacle navrant d’une cage sans oiseaux, d'une ruche sans abeilles, d’une maison sans enfants. Canadien, le grand poète eût ajouté un trait à ce tableau de désolation : celui d’une église où l’on ne trouverait pas, à Noël, urie crèche d'Enfant Jésus, d’une chapelle où l’on ne chanterait pas Dans cette élable, ce carmen seculare de la Nouvelle-France.
(2) Aujourd'hui, c'est-à-dire, le 25 décembre 1898. Sous ce titre: Dans cette élable et à cette date le Courrier du Canada de Québec publiait un Christmas number où se trouvait inséré tout l'article consacré ici à la critique et à l’histoire du cantique de Fléchier.
(3) Aussi bien Daivson-cité devrait-elle se nommer Zeduccité, car ce fut encore un Canadien-français, Joseph Leduc, qui
.: (rien re, jadis toujours orsqu’on
es franchanson province e moins Canada, verselle- Jar toute id de la dyke,— (2) dans é (3), à français la tradinticosti, et dans éricaine tout en-
Victor iprême, bnnetnis iseaux, enfants.
tableau buverait hapelle carmen
Sous ce bnada de éré tout tique de
Leducduc, qui
Non seulement on le chante à l’église, au temps de Noël, mais dans toutes les demeures et toute l’année. C’est encore moins un cantique qu’une berceuse accoutumée, une prière quotidienne que les mères récitent, plutôt qu’elles ne fredonnent, sur les petits berceaux endormis à son rythme caressant. Ecoutez cette mélodie douce et tendre, où la naïve simplicité du style ajoute encore à la grâce des sentiments ; songez à toutes ces générations de générations françaises qu’elle a bercées, à ces milliers de familles qui, trois siècles durant, l'ont apprise à leur tour, chantée, transmise à d'innombrables séries de foyers, échos fidèles, vivants, continus, qui s’en vont, grandissant toujours à l'infini, comme des ondes sonores, dans le silence attentif des âges à venir. Nommez-moi une cavatine célèbre, un grand air d'opéra, coté haut dans l'estime de nos conservatoires modernes, choisissez-le vous-même dans les œuvres classiques des maîtres, dites-m’en un seul qui se puisse vanter d’avoir caressé autant de rêves, éveillé autant d’espérances, nourri autant de joies, troublé enfin autant de cœurs que cette romance villageoise pieusement convertie en cantique de Noël!
Quelle £st donc la raison de l’extraordinaire faveur, de l’incontestable et permanente popularité de cette modeste composition? Sa valeur poétique? Les rimes n’en sont point millionnaires ; rapprochez-les, par exemple, des strophes superbes du vieux chant grégorien, S#/ence, ciel ; silence, terre, et ses couplets vous paraîtront assez médiocres. Sa mélodie, très agréable assurément, ne balance pas, à mon avis, le charme artistique de cet air de
fut un des pirmiers, sinon le premier, habitants de Dawson-cité.
Ce Joseph : ‘luc, que le Monde Moderne—un magazine français publié à Pa-is—(Cf: livraison de janvier 1898, No, 37, page 126)—appelle /oe Ladue ! c'est l'orthographe phonographique de ce nom-là prononcé à la Yankee, ce Joseph Leduc, possédait une scierie au confluent du Klondyke et du Yukon,
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vaudeville, absolument distingué, sur lequel Pellegrin chantait au dix-huitième siècle: Cher Enfant qui viens de naître. Où donc repose le secret de cette puissance fascinatrice, captivante, enchanteresse, de cet irrésistible attrait qui émeut, chez nous, Canadiens-français, les cœurs les plus froids, les âmes les moins vibrantes ?
Je réponds sans hésiter : dans les effets sympathiques que cet air même exerce.
A l’époque où les régiments suisses étaient à la solde de la France, les bouviers de l’Helvétie jouaient sur leurs cornemuses une pastorale célèbre, le fameux az des vaches. On fut obligé de la défendre—et cela sous peine de mort—aux musiques militaires, précisément à cause des effets sympathiques de cette mélodie sur les soldats qu’elle rendait fous de nostalgie. Aussi désertaient-ils immanquablement, ou se flambaient-ils la cervelle.
Or, amis lecteurs, avez-vous jamais réfléchi aux effets sympathiques du noël-cantique /ans cette étable? I] nous hypnotise à notre insu, malgré que nous ayons le bonheur de vivre au pays; concevez alors sa puissance d'attraction sur cenx-là des nôtres qui l'ont quitté ! Voulez-vous, avec moi, éprouver la force latente, incompressible, de ce sentiment ? Faites, à titre d'expérience psychologique, faites chanter ce cantique ou cette chanson de Za claire fontaine par des compatriotes exilés aux Etats- Unis, aux groupes de Boston, de Lowell, de Fall- River, à tous nos frères proscrits de la Nouvelle- Angleterre. Reconstituez la scène, moins avec l'essor d'une imagination ardente, qu'avec l'émotion sincère d’un cœur aimant. Ecoutez chanter cette femme, revenue de la filature, et qui se repose de son affreux labeur en endormant sur ses genoux sa petite fille, une malheureuse coimine sa inère, et qui ne verra s'ouvrir devant elle, pour tout avenir, qu’une porte basse de fabrique. Cette voix exténuée de fatigue, ranque, sèche de toute la fine et mortelle poussière de coton respirée pendant douze heures, râle plutôt qu'elle ne fredonne les strophes du vieux cantique Dans cette étable, Cette complainte, et
”ellegrin ut Viens uissance ésistible sais, les es ?
athiques
la solde ur leurs anz des us peine à cause soldats aient-ils e.
x effets hle ? Il yons le lissance quitté !
incotmnérience e chanlés aux e Fall- Angled’une d’un evene eur en tureuse t elle, Cette la fine douze hes du nte, et
c'en est une véritable, écoutée de la sorte vous semblera intolérable de tristesse.
Et cependant, elle est encore plus angoissante cette autre voix de puddleur ou de briquetier, revenu de sa fournaise métallurgique où d’un soleil tropical, anéanti de chaleur et de travail, et qui chante cependant. Oui, elle chante, cette voix d’ouvrier, beaucoup moins pour réjouir le cœur qui n’en peut mais, que pour tromper l'horreur de sa solitude, combattre l’affolement du désespoir qui le gagne, l’envahit, l’entraîne comme un vertige.
A la claire fontaine M 'en allant promener.
Cette voix fait mal à entendre et la cianson bat de l'aile, comme un oiseau blessé. Son rythme, alerte et gai, s'est tout à coup ralenti, la mesure traîne, boite, comme épuisée d’une trop longue course ; à son insu la voix s’est mise à chanter les notes en mineur; ce mode va mieux à son inconsolable deuil.
Cet ouvrier, cette ouvrière, esclaves à vie de ce tyranfemelle, de cette marâtre qui se nomme, en toutes lanvues et en tous pays, la Manufacture, qui sanglotent ensemble plutôt qu’ils ne chantent ce doux cantique et cette vive chanson, viennent tous deux du Canada où ils retournent par une pensée crucifiée d’indicibles regrets, car ils se voient trop pauvres pour y reporter jamais leurs foyers et leurs familles.
Je laisse à ceux-là qui me lisent le soin de compléter ce sinistre tableau dont je n’esquisse ici que les grandes ombres.
Ecoutez. Mais, au préalable, cachez-vous bien pour les entendre. Faites en sorte qu’ils ne vous sachent point là : autrement la voix leur manquerait de douleur et de honte s'ils vous surprenaient à les regarder pleurer ainsi, vous, leurs compatriotes. Et n’applaudissez pas s'ils ont le courage de chanter jusqu'au bout du noël et
de la chanson ; vos bravos leur sembleraient ironiques et cruels.
Quel contraste poignant à établir entre ce silence, recommandé comme une prescription de médecin, et ces acclamatiors délirantes qui saluaient à Montréal et à Québec, dans une gloire d’apothéose, aux soirées de gala de leurs Académies de Musique, une autre compatriote illustre, exilée, elle aussi, bien loin de notre belle province, lorsqu'elle chantait avec une voix ravissante l’admirable musique d'Hérold :
Souvenir du jeune âge
Sont gravés dans mon cœur, Et je pense au village
Pour rêver le bonheur !
Ce projet exquis de l’exilée volontaire qui rentre à son gré dans la patrie, Madame Albani le peut réaliser autant de fois que son cœur lui dira de revenir au Canada français. Sa richesse lui permet de quitter Londres, de réapparaître, tous les ans, comme Zes /7irondelles de Béranger, dans ce beau village de Chambly
Pour rêver le bonheur
de son existence de compatriote et d'artiste. Elle vient alors revivre, dans toute leur intensité, les joies pures de sa jeunesse, au berceau même de sa famille, sous le beau ciel de son pays.
Mais aux malheureux proscrits de Boston, de Lowell, de Fall-River, la mélodie d'Hérold est interdite. Ils n’en chanteront jamais plus ue la finale. Chacun d'eux semble dire à nous tous, a: ec un accent d’agonie :
Ah! ma voix vous supplie D'écouter mon désir ; Rendez-moi ma patrie
Ou laissez-moi mourir !
ironiques et
silence, relecin, et ces ntréal et à rées de gala compatriote re belle proissante l’ad-
rentre à son iliser autant ‘anada fran- Londres, de ondelles de
Elle vient es pures de ous le beau
de Lowell, te. Ils n’en cun d'eux nie :
La pastorale historique du Xawz des vaches poussait au suicide et à la désertion les malheureux soldats suisses. Le divin cantique de Noël, Dans cette étable, et notre suave chanson nationale, À /a claire fontaine, n'auront pas, Dieu merci, d'aussi néfastes conséquences. Qu'on les chante là-bas, en toute espérance, dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre. Leurs effets sympathiques ramèneront chez nous, dans notre bien-aimée province de Québec, plus de frères exilés que tout l'effort réuni des agences de rapatriement.
de + + XX
Comme la plupart—l’immense majorité—des noëls religieux, Dans celte étable est un cantique écrit sur la musique d’une chanson populaire dont le recueil Garnier nous a conservé le vers initial: Dans le bel âge. J'oserais même prétendre que cette chanson populaire se chantait, en France, dès les premières années du dixseptième siècle, (1) par tout le territoire de l’ancienne
(1) Au temps de Fléchier on chantait aussi sur la musique de cette chanson populaire un cantique spirituel sur les Malheurs
de la rechute ; Triste naufrage, O sort trop malheureux D'un cœur volage, etc.
Cf: Garnier: ÂVouveaux cantiques spirituels, tome Ier, première partie, page 43.
Je trouve encore dans le Recueil Jaulé (pages 161 et 162) un chant eucharistique composé sur cette mélodie :
Troupe innocente D'enfants chéris des cieux, Dieu vous présente
Son festin précieux !
Il veut, ce doux Sauveur, Entrer dans votre cœur ; Dans cette he 1reuse attente Soyez pleins de ferveur, Troupe innocente !
Suivent autant de couplets qu'il y a d'actes de foi, d'adoration,
d'humilité, de contrition, de désir et d'amour. Ce cantique se
chante encore à Québec, sur la musique du noël de Fléchier, aux messes de Première Communion,
province du Languedoc, si j'avais une preuve certaine qu’'Esprit Fléchier, le célèbre évêque de Nîmes, fut l’auteur du noël écrit sur sa musique. Sans doute Pabbé Migne, dans sa grande Ærcyclopédie Théologique attribue à Fléchier la paternité du cantique en question. Fâcheusement, il ne se trouve pas dans les Œuvres complètes de Fléchier, par Fabre de Narbonne, que j'ai consultées à la bibliothèque de l’université Laval. Toutefois, le vieil anxiome de droit : Zestis nus, lestis nullus, m'a qu’une valeur relative en archéologie. La prodigieuse érudition de l’abbé Migne fait autorité et devrait convaincre les plus incrédules. D'ailleurs, Fabre de Narbonne, en n'insérant pas au volume des poésies françaises de Fléchier le cantique de noël dont je fais ici la critique, ne contredit point l’abbé Migne. Car je suis en mesure de prouver que cette édition prétendue complète des œuvres de ce remarquable écrivain est défectueuse, fautive sous ce rapport. Mes lecteurs le pourront eux-mêmes constater s'ils réfèrent avec moi au A/agasin Pittoresque de 1854. Au cours d’un article fort intéressant sur Za lie des Eaux, par M. Félix Mornand, ils v liront que Fléchier, dans sa jeunesse, vint prendre les eaux à Vichy, ‘ qu’il chanta même dans des vers burles- ‘ques d'enthousiasme où ne se pressent guère le futur ‘“ orateur sacré.” Or, ce dithyrambe sur les eaux minérales de Vichy ne se trouve pas dans les œuvres complètes de Fléchier telles que publiées par Fabre de Narbonne. I1 l'aura sans doute regardé comme indigne des honneurs d’une réimpression dans une édition définitive. Ces vers, en effet, auraient plutôt nui qu’ajouté à la réputation littéraire de ce magnifique écrivain. Pour la même raison sans doute il aura supprimé notre bien-aimé cantique de Noël, lequel, il le faut reconnaître, est une poésie assez pâle et de valeur négligeable (1). Kléchier dut le com-
(1) Ainsi l'abbé Migne, dans son Æxcyrclopédie Théologique, s'est permis de corriger une faute très choquante d’euphonie qui se trouve au premier couplet, tel que publié par Garnier :
Non, les palais des rois N'ont rien de comparable, e/c.
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e certaine fîmes, fut ans doute héologique | question.
s Œuvres 1e, que j'ai a]. Toutedis nullus, La prodiet devrait Fabre de s poésies je fais ici far je suis idue comest défec- > pourront | Magasin rt intéresand, ils v rendre les ers burlese le futur aux minécomplètes
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Léologique, l'euphonie arnier :
poser dans sa jeunesse, au début de sa carrière d'homme de lettres. Et ce fut sur la musique facile, gracieuse, fraîche surtout, de la chanson populaire qu’il avait tant de fois entendue chanter dans son enfance, qu’il écrivit (très probablement à l’époque où il enseignait la rhétorique à Narbonne) ce noël demeuré pour nous, Canadiens-français, un chant national d’un effet sympathique irrésistible (1).
Vous l’avouerai-je, lecteurs, j'ai le fétichisme du nom, je subis le prestige de l'étiquette, le magnétisme de l’enseigne ; ses grosses lettres dorées m'en imposent. Comme bien d’autres, et ce n’est pas une excuse, j'ai la naïveté de croire aux grandes affiches et aux grands mots. Béranger, le spirituel chansonnier du second empire, s’est agréablement moqué de cette badauderie ineffable des prétendus connaisseurs quand il écrivit :
Et vous gens de l’art, Pour que je jouisse, Quand c'est du Mozart Que l’on m'avertisse !
Ce fin railleur a mille fois raison. Du moment qu’une mélodie est agréable, originale, charmante à écouter, que nous importe le nom de son auteur? Ainsi du noël qui 1ous préoccupe. Seulement, et vous jugerez par là de mon incurable manie, seulement si quelqu'un d’autorisé me convainquait que Dans cette étable n’est pas de Fléchier, celui-là me rendrait très malheureux. Oui, je serais assez sot pour détrôner mon idole. Mais il n’en sera rien, j'en ai la ferme conviction ; je ne sacrifie pas à un faux dieu en vouant un culte au vénérable cantique qui a réjoui ma jeunesse.
nl écrit avec beaucoup de raison :
Tous les palais des rois N'ont rien de comparable. ec.
(1) Le nom de Fléchier se recommande encore à notre souvenir par l’oraison funèbre de Madame la duchesse d’Aiguillon, fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Québec, qu'il prononça à Paris, chez les Carmélites, à leur couvent de la rue d’'Enfer, le 12 août
Regardez cette belle et élégante jeune fille qui passe sur votre chemin. Vous l’admirez, et vous faites bien, certes. Mais qu’un flâneur, rencontré au hasard de la promenade, vous souffle à l'oreille que la fascinante étrangère, l’éblouissante inconnue qui vous a captivé au premier regard est fille de roi. Du coup votre admiration devient enthousiasme, extase, que sais-je, moi, de vos nerfs ou de votre cerveau ? Ainsi du cantique de FKléchier, le Benjamin de cette grande famille que nous sommes convenus d'appeler NOELS ANCIENS DE LA NOUVELLE- FRANCE. Laissez-moi croire, avec cette belle confiance, cette ravissante sérénité d'âme particulière aux petits et aux grands enfants, que cette poésie centenaire est fille de roi, fille d’un prince de l’Église et de l’éloquence sacrée.
Et, toujours au propos d’un rêve à poursuivre, et d'un bonheur fragile à porter, souffrez que je vous raconte l’histoire d’un désenchantement cruel, d’une déception navrante. Elle se rattache, comme vous le soupçonnez bien, aux origines d’un noël canadien-français dont j'étais très fier, car, sur l’autorité de gens apparemment bien informés, j'en attribuais la musique au maître des maîtres, à Wolfgang-Amédée Mozart en personne. Chanter un cantique sur de la musique de Mozart n’est point banal, et l’'événemeut en mérite considération. Il s'agit du noël populaire :
Nouvelle agréable !
Un Sauveur enfant nous est né !
C'est dans une étable
Qu’Il nous est donné.
Dans cette nuit, le Christ est né, C'est pour nous qu'’Il s’est Incarné ; Venez, pasteurs, Offrir vos cœurs :
Aimez cet Enfant tout aimable,
qui passe aites bien, sard de la fascinante captivé au idmiration e vos nerfs léchier, le nimes con- OUVELLEconfiance, x petits et re est fille éloquence
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