ACTE L SCENE IV
ses larrnes dans les yeux. Alors, moi. sans rien le demander, sans l'interroger, j'ai couru à la maison, j'ai embrassé m'a vieille marraine, qu'est ma seule parente au monde... j'ai dil adieu à nol' gros chien (>ésar, qui esl mon seul ami au village... j'ai faii mon petit paquet, je suis venue le dire : me v'ià ! et une heure après nous étions en route...
Oh! tu n'as pas hésiié... Anelte , tu es une bonne fille...
ANETTE
Dame ! nous sommes orphelines foules les de»ix... et si je t'aime beaucoup, ça n'est pas élonnanV... je n'ai que toi à aimer.
NOÉNIE.
Et pendant toute la roule, tu ne m'as pas fait une seule question.
Non... et ça m'a gênée... parce que ne rien savoir et ne rien demander... c'est pas naturel... Mais maintenant que nous v'ià arrivées, tu vas me dire ce que nous venons faire ici, et ce que nous venons y trouver.
Peut-être le bonheur , l'accomplissement de nosplus beaux rêves.
ANETTE
Et ce bonheur ?...
Il est là, dans cette lettre, qui contient tout notre avenir, toute notre fortune.
ANETTE, retournant la lettre.
Toul ça dans une lettre?
2e NOÉMIE.
El ce destin, quel qu'il soit, je le partagerai avec toi.
ASETTE.
Alors, la lettre est à nous deux ?.. Puisque c'est à nous deux, j'ai le droit de savoir ce qu'il y a dedans...
Si c'étriil un mui ?
NOÉMlE.
Mieux que cela !
.Mieux que cela... Deux maris?
NOÉMlE.
Oh ! ne ris pas. ta joie me fait mal... Cette lettre a a été écrite par ma mère mourante, c'est son dernier
ad eu à la stnile atrcciion sur la terre... à mon père. ANFTTE. trisfemcnf.
Ton père,.. Tiens 1 t'as eu un père, loi... moi, pas.
NuÉMlE.
Écoule : le jour où ma pauvre mère se mourait, moi. j'étais à son chevet . brisée de douleur et de désespoir!... c Néomie, me dil-elle, ma fille bien-airaée, il fdut rassembler toutes les forces , tout ton courage , pour éciiiiter avec calme ce que j'ai à l'apprendre. » L'écouter nvec calme! est-ce que je le pouvais !... e Je le veux ! j me dit-elle ; et je dévorai mes larmes. Alors . elle me parla de mon père , dont je n'avais jamais entendu prononcer le nom !... Depuis dix-buit ans, elle vivait loin 'le lui , pauvre et abandonrée î... loin de lui . qui devait être riche , heureux et boDoré ! Il l'aimaii bien , cependant... mais une famille ambitieuse et tlère s'était placée entre eux , les avait séparés ! On le menaça, lui , de l'abandon , de la misèfe ,