ACTE I, SCENE II. tS
lies pupilles à les épouser... d'affreux tuteurs, enfin ; mais, mon oncle...
vALENTiNE, vivemcul.
Quelle différence !
JULES, l'observant.
Ah ! vous trouvez.
VALENTINE
D'abord, il n'a que trente-six ans...
ÉLÉONORE
C'est-à-dire, trente-neuf... trente-neuf.
VALENTINE
Il est si bon, si gai, si indulgent, que tout le monde
l'aime ici.
JULES, avec intention.
Tout le monde?
VALENTINE
Oui, monsieur, tout le monde !... Et puis , il lient compagnie à ma pauvre mère , qui , vous le savez , ne quitte presque plus son fauteuil... Ils .s'enferment pour causer ensemble .. Mais je sais de quoi il s'agit... c'est d'un mariage.
ÉLÉONORE, à part.
J'en étais sûr ! Je ne me trompe jamais !
JULES, à Valcnline.
Un mariage... pour vous?
VALENTINE
Mais je crois qu'oui.
ÉLÉONORE, à part.
Nous y voilà... {Haut.) Et connaissez- vous celui qu'on vous destine ?
VALENTINE, avcc UH pcu cV embarras.
Je crois que oui aussi.
14 NOEMIK.
ÉLÉONORE. à part.
Ah ! c'est plus avancé que je ne pensais .. {Haut.) El lout cela n'a pas l'air de trop vous fâcher,
VALENTINE
Moi? mais au comrsiive... {Baissant les yeux.) ïaiï peut être tort de dire cela.
ÉLÉONORE
Du lout, mademoiselle... {Se redressa7it.)\o^\s asez bon goùt... Il n'y a pas là de quoi rougir. JULES, bus d Eléonore.
Qu'est-ce que tu dis?.,.
ÉLÉONORE, de même.
Je dis que je comprends à présent l'empressement de mon oncle à me faire venir.
JDLES.
Air du Cliarlatanismc.
Quoi ! tu penses?...
ÉLÉONORE, le prenant à part.
Pour mettre fin A ma folle et joyeuse vie, Mon oncle veut, j'en suis certain, Qu'à ta cousine on me marie.
JULES
Que dis-tu?
ÉLÉONORE
Je dois lui céder.
A clor' dignement ma carrière Le mariage va m'aider.
En fait de folie il faut toujours garder La plus forte pour la dernière.
Alais, mon ami. permets... je crois...